Martin « chasseur »

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    Martin « chasseur »
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Larges vainqueurs de Pau grâce à une mêlée en feu, les Héraultais de Vincent Martin enchaînent un second succès (après Bordeaux) et décrochent leur premier bonus offensif. Le centre a, lui, marqué des points.

Le « gang » des crinières argentées a frappé ! « Nous avions fait le pari avec Benoît (Paillaugue) et Alex (Dumoulin) de nous teindre les cheveux si on gagnait à Bordeaux. Du coup, nous sommes passés chez le coiffeur… » Vincent Martin et ses deux acolytes ont respecté leur parole. Et sont même allés plus loin, par le biais d’une imitation humoristique d’un ex-international français aux cheveux poivre et sel : « Si on marquait des essais contre Pau, on s’était promis de faire une célébration à la Philippe Bernat-Salles (geste du V de la victoire, N.D.L.R.). Avec Benoît, nous lui avons donc adressé un petit clin d’œil. »

À l’origine du splendide essai de Paillaugue grâce à sa prise d’intervalle et auteur d’une réalisation (sa première avec le MHR), Vincent Martin a marqué de son empreinte sa première titularisation à l’Altrad Stadium : « Je n’avais pas commencé une rencontre depuis février dernier et j’ai donc eu des crampes assez tôt. Mais je suis plutôt content de moi. »

Les prémices de la renaissance d’un joueur révélé sur la Rade il y a quatre ans (2012-2013 ; 21 matchs disputés). Un talent précoce, qui, à 24 ans, repart presque de zéro (25 rencontres jouées lors des trois dernières saisons) : « L’année suivante, je n’ai plus joué à Toulon pour des raisons inconnues. Je suis parti à Lyon et j’ai enchaîné les blessures : une fracture de fatigue au pied et j’ai ensuite traîné une pubalgie durant dix-huit mois. Je me suis « pété » l’adducteur à « Oyo » l’an dernier. Je m’étais fait opérer et ça a encore lâché. Avant d’avoir une désinsertion totale du long adducteur qui m’a guéri. Depuis, je revis. »

Dans l’ombre, l’intéressé s’est reconstruit à Oyonnax, après avoir changé de poste sous les conseils d’Olivier Azam, qui l’a toujours emmené dans ses « bagages » depuis son départ du RCT. Arrière et ailier de formation, le trois-quarts polyvalent est installé au centre (13 matchs joués, un essai) : « J’adore ce poste car il y a plus d’activité en attaque comme en défense. J’ai accroché et j’ai préféré continuer là-dessus. » Une inspiration payante. Aligné en numéro treize aux côtés d’Alexandre Dumoulin samedi, les deux hommes ont démontré une belle complémentarité : « Je n’ai pas sa puissance mais il n’a pas ma vitesse. On se trouve bien dans tous les secteurs, même s’il reste des lacunes à combler (un en-avant, deux plaquages ratés et un coup de pied direct en touche de Martin, N.D.L.R.). » Une association (16 plaquages réalisés ; 16 ballons joués à la main, 54 mètres parcourus ballons en mains et trois offloads à eux deux samedi) qui offre une nouvelle option stratégique au MHR.

 

Proche de Wisemantel

La paire de centres choisie lors des trois premières journées, Dumoulin/Steyn, affichait des profils trop similaires. Face à Pau, la justesse technique, l’explosivité et l’art de l’évitement de Martin (1,85 m et 89 kg), ont permis à Dumoulin de faire parler sa puissance pour réaliser son meilleur match : « Ce soir (samedi, N.D.L.R.), on a réussi à attaquer en trouvant des espaces et à défendre collectivement. Surtout que moi je suis plus premier centre (son poste samedi) que second… » Tactiquement, le repositionnement de Steyn à l’ouverture offre plus de variations de jeu en attaque et celui de Fall à l’arrière, une audace nouvelle dans la relance. Même si les Héraultais devront trouver à l’avenir un équilibre dans leur choix de jeu, pour éviter de se mettre en danger à cause de sorties de camp déficientes : « Et avec Vincent, on devra être plus agressifs en défense en attendant moins les attaquants », ajoute-t-il.

Proches sur et en dehors du terrain, les deux hommes (accompagnés d’O’Connor et Fall), peuvent incarner la face dorée du recrutement français du MHR en cas de confirmation à Bayonne. Et Vincent Martin deviendrait alors plus qu’un JIFF de circonstance destiné au banc. Sa marge de progression en défense et dans les rucks est grande : « Je ne me suis pas posé cette question de statut JIFF. Je suis venu par l’intermédiaire de Scott Wisemantel que j’avais connu à Lyon. Il m’a fait progresser techniquement et il est important à mes yeux. » Intégré et considéré, l’intéressé a désormais toutes les cartes en mains pour faire de cette première réussie à l’Altrad Stadium, un nouveau départ : « Je l’espère. Je sors de deux années noires, durant lesquelles je me suis demandé pourquoi je continuais le rugby. Mais aujourd’hui, je garde la tête sur les épaules, car les choses peuvent vite tourner ! »

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