Les bons coups rochelais

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Publié le , mis à jour

Actuellement leader du top 14, le club maritime fait partie des surprises de ce début de championnat 2016-2017. Parmi ses forces, un groupe très solide, formé de stars et de talentueux anonymes. qui gagnent à être connus.

Ce n’est pas nouveau cependant. Souvenez-vous de l’anonymat dans lequel avait débarqué un certain Uini Atonio (en même temps que Collazo) en 2011-2012 : le technicien l’avait repéré lors d’un tournoi de rugby à 10, à Hong Kong, alors qu’il était encore au Racing. « Il m’a immédiatement tapé dans l’œil. Je n’ai pas mis une minute pour voir qu’il avait des prédispositions exceptionnelles et qu’il comprenait plus vite que les autres, nous avait-il confié.. Je me suis dit que si je devenais un jour entraîneur, j’irais le chercher… Cela n’a pas été simple : je ne connaissais ni son nom, ni son club. Mais je l’ai retrouvé grâce à mon réseau. » Depuis, le colosse néo-zélandais est devenu international tricolore, avec une Coupe du monde et 17 matchs sous le maillot de l’équipe de France à son actif. Loann Goujon (parti à Bordeaux-Bègles depuis) ou Kévin Gourdon, que Clermont a laissé partir sans lui donner sa chance, ont eux aussi franchi un cap sous le maillot rochelais pour se hisser au niveau international.

L’une des forces de ce recrutement efficace tient aussi dans la diversité des profils embauchés : s’ils ont enrôlé des colosses comme Botia ou Murimuriwalu, les Rochelais misent aussi sur des joueurs moins costauds et dont le rugby moderne tend à se passer depuis quelques années : les Vincent Rattez et autres Gabriel Lacroix, tous deux dénichés en Pro D2, ont une carte à jouer dans cet effectif, pas le plus riche du Top 14 mais qui s’affirme aussi complet que complémentaire.

 

« Muri », attraction arrière

Sacré champion de France Espoirs avec Clermont en 2010, Kini Murimurivalu n’a pas convaincu lors de ses deux années de joueur professionnel en Auvergne (17 matchs dont 15 titularisations). C’est pourquoi en juillet 2012, l’ASMCA ne s’oppose pas à un départ du Fidjien à La Rochelle alors que les deux clubs entretiennent d’excellentes relations de travail. Il découvre ainsi le Pro D2 et c’est la révélation : le joueur s’impose immédiatement dans le système rochelais. Remplaçant une seule fois en vingt-trois journées, il cumule ainsi plus de 1 700 minutes de jeu durant cette première saison. Lors de la montée en Top 14, il continue à prouver toute l’étendue de ses qualités qui font de lui l’un des arrières les plus dangereux du championnat aujourd’hui. à chaque essai de son équipe, le joueur de 27 ans a toujours un apport important. Sélectionné avec les Fidji pour la Coupe des Nations du Pacifique en juin dernier, il n’en reste pas moins très attaché à La Rochelle qu’il considère comme « sa maison ». Il a d’ailleurs prolongé son contrat avec le club maritime jusqu’en 2020.

 

 

Holmes, l'homme à tout faire

Il est arrivé comme un inconnu… Il s’est imposé comme l’une des révélations de la saison dernière ! Après avoir fini dernier de Super 15 avec son équipe de la Western Force, Zack Holmes a débarqué à La Rochelle en juillet 2015 dans l’anonymat le plus total. Il n’a pourtant pas tardé à s’imposer dans le XV de départ. Titularisé à vingt-trois reprises (majoritairement à l’ouverture), il a inscrit plus de 250 points sous le maillot maritime pour sa première saison en France. Mais avec l’arrivée de Brock James cette année, l’Australien de 26 ans a glissé au poste de centre. Fort de sa polyvalence, cette transition ne lui a fait aucun mal. Au contraire : « Il évolue maintenant à un poste qui lui convient mieux, assure le manager Patrice Collazo. Il est plus loin de la défense et prend de meilleures décisions. » Sa capacité à créer le danger grâce à sa vitesse fait de lui un joueur clé de la ligne des trois-quarts aujourd’hui. Bon distributeur, il organise également très bien le jeu autour de lui, qu’il évolue à l’ouverture ou au poste de premier centre (le fameux 5/8e des Sudistes). Zack Holmes, qui est passé par le rugby à VII, est également un buteur précieux : en témoigne son 100 % au pied encore réalisé le week-end dernier lors du déplacement à Castres. L’Australien n’a pas fini de faire parler de lui : en fin de contrat en juin prochain, il se dit que son profil est étudié par plusieurs clubs de rugby français.

 

Gourdon, c’est du miel

Il faisait partie des jeunes Clermontois débarqués à La Rochelle en 2012, avec Kini Murimurivalu ou Loann Goujon. Mais contrairement à ces derniers, Kévin Gourdon n’avait pas été prêté par l’ASCMA, qui l’avait laissé libre alors qu’il restait sur deux titres de champion de France glanés avec les Espoirs auvergnats. Quatre ans plus tard, le troisième ligne connaissait les joies de l’équipe de France, appelé pour préparer tous les matchs du dernier Tournoi des 6 Nations puis finalement aligné pour la première fois en Argentine, en juin dernier. Il figure dans la liste des trente joueurs élite donnée par Guy Novès cette saison et on devrait rapidement le revoir sous le maillot tricolore. Le témoignage de sa progression constante ces dernières années. Depuis son arrivée au Stade rochelais, Kévin Gourdon s’est imposé comme l’un des hommes de base du système de Patrice Collazo. Leader de jeu, il est aujourd’hui l’un des symboles de la montée en puissance de l’équipe maritime. Avec son profil particulier, l’Ardéchois d’origine est un troisième ligne complet : capable d’évoluer au poste d’avant-aile et de numéro 8, c’est un joueur mobile et agile balle en main, qui aime se proposer dans la ligne de trois-quarts. Malgré un gabarit pas exceptionnel (1,85m, 103 kg), c’est aussi un perforateur efficace, qui casse très bien les plaquages grâce à sa vitesse.

 

 

Botia tout en puissance

Une statistique pour illustrer l’importance de Levani Botia dans le groupe rochelais : arrivé comme joker médical en fin de saison 2013-2014, alors que le club évoluait encore en Pro D2, le centre fijdien n’a jamais été remplaçant sous le maillot jaune et noir. 23 titularisations pour 23 matchs en 2014-2015, puis 16 rencontres disputées et commencées l’an passé (il était absent en début de saison en raison du Mondial puis a été opéré des ligaments croisés d’un genou en avril dernier). S’il est encore en convalescence, le puissant trois-quarts centre (1,82 m, 103 kg) devrait faire à nouveau parler sa puissance dans les mois à venir. Casseur de plaquages détonant, Levani Botia n’est pas seulement un bulldozer en attaque. Il s’avère aussi très précieux dans le secteur défensif, sur les phases de contests notamment, où il est très efficace. Bref, un atout majeur. Et un pari gagnant pourtant risqué au début : Botia était semi-amateur et surveillant de prison aux Fidji quand le club est allé le chercher.

 

 

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