Les autres vents d’Ouest

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Les « modestes », Angoulême, Vannes et Dax déjouent les pronostics. Vont-ils brouiller le Pro D2 ?

Sincèrement, qui aurait pu parier là-dessus ? Un promu, Soyaux-Angoulême qui s’impose à Biarritz, un autre promu, Vannes, qui tient Agen en échec après avoir battu Montauban… Puis Dax, deux fois repêché en deux ans, qui s’impose à Perpignan. On doit ajouter Oyonnax, relégué du Top 14 et plus gros budget, qui perd à domicile contre Colomiers. Aucun des quatre plus gros budgets du championnat n’a gagné ce week-end.

On ne s’attendait pas à une compétition aussi ouverte après des années marquées par le principe de l’ascenseur à travers le yoyo des Aix-en-Provence, Massy, Bourg-en-Bresse, et Saint-Étienne. Ce début totalement ébouriffant nous offrira peut-être un Pro D2 vraiment indécis. Ce serait historique car depuis sa création ou presque, cette compétition a toujours été dominée par une grosse écurie, assurée de monter plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant la dernière journée de la phase régulière. Toulon, le Racing, Lyon (par deux fois), Agen et Grenoble, mais aussi Auch en son temps, ont ainsi connu ce genre de parcours de sénateurs. Cette saison, au bout de trois journées, personne n’a fait le plein de victoires.

On se prend à rêver d’un printemps au couteau où, à l’aube de la dernière journée, il faille sortir les calculettes pour spéculer sur celui qui arrachera le bâton de maréchal synonyme de Top 14.

Le Pro D2 a aussi toujours circonscrit la lutte pour le maintien à trois, parfois quatre, clubs pronostiqués à l’avance. Seuls quelques coups de théâtre venus de la DNACG pouvant apporter un peu d’imprévu dans cette lutte pour la survie en milieu hostile. Jamais dans son histoire, le Pro D2 n’a vu les deux promus de Fédérale 1 se maintenir ensemble. La seule exception à cette règle remonte à 2007, mais il y avait trois promus cette année-là (Gaillac, Grenoble et Limoges). La rétrogradation administrative de Gaillac (onzième) avait alors sauvé Limoges qui avait terminé quinzième, alors que Grenoble terminait quatorzième.

Évidemment, on nous rétorquera que trois journées, c’est bien peu pour tirer des plans sur la comète. C’est exact, les «gros bras» ont largement le temps de se refaire mais merci aux « petits » de nous avoir fait rêver que l’on soit partisan de la modernité et de l’ouverture aux régions du Nord (Merci Vannes) ou nostalgique des grands fiefs d’antan (merci Dax) ou d’une position intermédiaire (merci Angoulême, qui fut quand même demi-finaliste du Du-Manoir 1980, quart de finaliste du championnat en 1967. Un club qui abrita Claude Lacaze et le grand Maurice Colclough sous ses couleurs ne peut pas disparaître.

Jérôme Prévot
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