Bobo : « Jouer en souriant »

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    Bobo : « Jouer en souriant »
Publié le , mis à jour

Le championnat de Fédérale 1 a repris son cours avec une immense star dans l’équipe de Strasbourg. Sereli Bobo raconte sa venue et ses sensations du moment.

Votre arrivée à Strasbourg en Fédérale 1 est sans doute l’événement le plus retentissant que cette division ait jamais connu. Pourquoi être venu ici ?

Je crois que je suis arrivé à l’âge où tous les autres clubs m’ont trouvé trop vieux pour continuer à jouer au rugby. Mon agent ne m’a pas trouvé de contrat après la fin de saison avec Pau. Les Strasbourgeois sont venus me voir et m’ont proposé de signer pour trois ans. J’ai signé.

Vous aurez bientôt 40 ans. N’avez-vous pas eu envie de vous arrêter après la carrière formidable que vous avez connue ?

Non. Tant que mes vieilles jambes me porteront, tant que je me sentirai bien, tant que je pourrai aller vite, je continuerai à jouer. J’aime trop ça.

Si on prend en compte la création de la poule élite, à laquelle il faut maintenant participer pour jouer la montée en pro D2, vous évoluerez dans la quatrième division française. Cela ne vous a pas fait réfléchir, tout de même, vous qui avez toujours tutoyé les sommets ?

Vous savez, le rugby c’est le rugby. Vous pouvez jouer contre n’importe qui, n’importe où. Peu importe. La seule chose qui compte, c’est d’y prendre tout le plaisir du monde. Avoir le sourire sur le visage quand on joue, c’est tout ce qu’il faut et le transmettre à ses partenaires et au public. La quatrième division, cela ne veut rien dire. Le rugby est une fête, et j’ai encore envie de faire la fête, d’être fun, et d’en tirer toute la joie qu’il faut.

Vous connaissiez Strasbourg ?

Ceux que j’ai interrogés m’ont dit tout le bien qu’ils pensaient de la ville, du club et des coachs. J’ai signé les yeux fermés. Je ne suis pas déçu. Depuis mon arrivée, j’aime ma vie ici, et l’équipe me plaît. L’équipe est bonne. Les mecs sont bien.

Êtes-vous rentré au Fidji cet été ?

Oui, comme toujours. J’ai besoin de voir ma famille, ma mère.

Quelques-uns de vos compatriotes célèbres ont prolongé leur séjour plus longtemps que prévu avant de faire leur retour en France en top 14. On a beaucoup parlé du cas de Nagusa, comme à l’époque on parlait souvent du cas Caucaunibuca. N’avez-vous pas été tenté vous-même de rentrer plus tard que prévu avant de vous lancer dans une nouvelle aventure ?

Jamais. Je suis toujours revenu dans les délais qui avaient été convenus avec tous mes clubs. Je n’ai jamais fait défaut, il n’était pas question de rompre le contrat de confiance avec mes dirigeants. Et vous savez, je ne représente pas que ma personne. Nous qui jouons en France, c’est l’image de tous les joueurs fidjiens que nous véhiculons. Je mesure cette responsabilité. Il faut être sérieux avec ceux qui nous emploient, et ne pas trahir notre réputation.

Étiez-vous sur l’Ile lors du retour des JO de l’équipe nationale de rugby à 7 ?

Non. J’étais déjà revenu en France pour entamer la préparation.

Vous avez été l’une des grandes stars du rugby à 7. Votre style était inégalable, et vous jouiez encore à Pau en top 14 la saison dernière. Avez-vous imaginé pouvoir participer à ces JO ?

Oh oui, je l’ai imaginé. J’aurai adoré. Ce que les garçons ont fait est formidable. J’aurai aimé participer à cet événement historique. Mais je me suis blessé un peu en cours de saison, et comme je vous le disais, je suis arrivé au moment où visiblement, on pense que je suis devenu un peu trop vieux pour remporter des titres. Il n’y a que les Strasbourgeois et moi-même qui pensons le contraire.

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