Boudjellal : « Le Top 14 doit travailler pour la nation»

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    Boudjellal : « Le Top 14 doit travailler pour la nation»
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Mourad Boudjellal, en qualité de candidat à la présidence de la Ligue Nationale de Rugby, a donné une conférence de presse ce matin au stade d'entraînement de Toulon, pour présenter son programme. S'il a annoncé vingt-quatre mesures, voici ce qu'il fallait précisément retenir.

Jusqu'ici, il avait toujours foncé droit devant lui, sans jamais se retourner ni considérer les aléas du monde rugbystique. Ce mercredi matin, au lendemain de la réunion des présidents des clubs professionnels devant lesquels il a déroulé son programme pour la conquête de la LNR, Mourad Boudjellal a porté un regard inquiet sur l'avenir du rugby. D'emblée, il a ainsi dénoncé un modèle économique qui mène le rugby français droit à sa perte avant d'axer principalement ses propos sur l'économie et la formation. Par la suite, le candidat à la présidence de la Ligue a expliqué que « le Top 14 devait travailler pour la nation » afin de retrouver une équipe de France compétitive qui puisse « gagner la ou les prochaines Coupe du monde ».

La formation au centre du débat

S'il était élu à la Ligue Nationale de Rugby, Mourad Boudjellal supprimerait, dans un premier temps le modèle des JIFFS. Un quota « à l'origine de tous les problèmes du XV de France, qui a créé une origine bâtarde et rémunère des étrangers qui n'apportent rien au XV de France. » L'actuel président du RCT milite également pour la mise en place d'un modèle « joueurs sélectionnables » à savoir de joueurs d'origine française n'ayant pas encore terminé leur carrière internationale (visant ainsi les joueurs qui prennent le statut de JIFFS sans être candidats au XV de France pour des raisons d'âge). De plus le Président du RCT affirme qu'un joueur peut devenir international par le droit du sang ou le droit du sol, tant qu'il adhère à une nation, une histoire et un projet collectif.

Rémunérer les clubs à chaque sélection 

Mourad Boudjellal a également expliqué qu'il était important de valoriser la formation et les clubs formateurs. Ainsi un international rapporterait 75 000 euros à son club pour sa deuxième, sa quatrième, sa sixième et sa huitième sélection, alors que la dixième sélection, confirmant alors qu'il était taillé pour le niveau international, rapporterait 300 000 euros à son club formateur. Par la suite, chaque sélection apporterait 2 000 euros au club des joueurs sélectionnés. L'objectif selon le candidat à la présidence de la Ligue ? Valoriser la formation et revaloriser les salaires des gros joueurs français. Ainsi un jeune n'hésiterait pas à choisir le rugby plutôt que le foot, puisqu'il aurait l'impression « que le rugby peut changer sa vie ». Le rugby deviendrait ainsi un véritable ascenceur social selon Mourad Boudjellal. Dans le même état d'esprit, le président du RCT, souhaite « valoriser le passif des clubs » en obligeant un joueur formé dans un club à signer un contrat de deux ans avec son club formateur. En cas de transfert ? Le club qui désire le faire signer doit racheter les conditions de son contrat. Ainsi, la formation deviendrait un acteur économique de premier plan.

Création d'une Coupe de France

S'il est élu, Mourad Boudjellal souhaiterait également mettre en place une Coupe de France qui rassemblerait trente-deux équipes. Cette compétition interdirait la présence de joueurs étrangers et internationaux. Ainsi les équipes de Top14, ProD2 et deux de Fédérale 1 s'affronteraient et seraient obligées de faire jouer des « joueurs sélectionnables » à tous les postes.

Valoriser l'arbitrage

Mourad Boudjellal aimerait en sus retravailler au tour de l'arbitrage qui, selon lui, est trop souvent au centre des critiques, car trop peu valorisé. A cet effet, il souhaiterait débloquer un million d'euros afin de « valoriser la profession », ce qui monterait automatiquement le niveau d'exigence du corps arbitral. Le président du RCT voudrait également mettre en place un système d'équipe chez les arbitres, qui verraient un arbitre de champ travailler à chaque fois avec les mêmes arbitres de touches, pour favoriser les automatismes.

Salary cap, un modèle à revoir

S'il clame ne pas être complètement opposé au système des salaray cap, Mourad Boudjellal pense qu'il est le principal responsable de la hausse des salaires. Ainsi, le candidat à la présidence de la Ligue Nationale de Rugby souhaiterait contrôler les déficits d'exploitation et s'assurer de la transparence de chaque club. De plus, selon lui, les « joueurs sélectionnables » ne doivent pas être comptabilisés dans le salary cap, afin de faire la différence par la formation, ce qui redévelopperait l'audience et ferait revenir le public, tout en arrêtant de faire monter les salaires. Par Pierrick Ilic-Ruffinatti, envoyé spécial à Toulon

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