Peter Macnaughton : « Bernard Laporte méconnait les institutions locales »

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    Peter Macnaughton : « Bernard Laporte méconnait les institutions locales »
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Le président du comité de Paris a déposé une plainte pour diffamation contre Bernard Laporte.

Pourquoi avez-vous déposé une plainte pour diffamation à l’encontre de Bernard Laporte ?

D’abord, je veux rappeler que Stéphane Espa, le candidat de Bernard Laporte, m’a écrit par mail lundi dernier pour m’indiquer que suite aux élections du comité de Paris, il ne contestait pas les résultats du scrutin, et aussi pour remercier les scrutateurs, et pour me féliciter pour ma réélection.J’ai demandé à mon avocat d'engager des poursuites en diffamation contre Bernard Laporte, car je considère qu’il m'a mis gravement en cause, dans les interviews accordés au Figaro et à La Montagne, en ma qualité de président sortant et nouvellement élu, en affirmant qu'il y aurait eu de la «triche» et de la «fraude» dans les élections qui m'ont mené à la présidence du comité de Paris. Mais au-delà, je considère qu'il y a aussi une mise en cause inacceptable des bénévoles de notre Comité qui avaient assuré le dépouillement des scrutins et la surveillance des opérations électorales. Parmi eux : un gendarme réserviste, un comptable, un juriste. Bien qu’agissant en tant que bénévoles, ces gens-là apportaient leurs savoir-faire et leurs compétences professionnelles. Quand Bernard laporte parle, je cite, de « fraudes (…) aux élections du Comité de Paris », la probité  et l’honneur de ces personnes, qui intervenaient sous mon égide, sont à mes yeux directement mises en cause.

 

 

Etes-vous surpris qu’une élection départementale fasse autant de bruit ?

 

Il ne faut pas oublier que si le comité de Paris  est un département à taille moyenne en termes d’effectifs (ndlr, 4000 licenciés), Paris reste Paris, en tant que ville capitale et acteur majeur et historique du rugby français, avec un grand club pro et des clubs centenaires tels le SCUF, le PUC et l’ASPTT.  Le fait que « Paris tombe », pour citer votre grand titre de lundi dernier, était certainement hautement symbolique. Mais je ne suis pas certain que Bernard Laporte ait bien compris le rôle du comité départemental. Ses déclarations à notre égard nous donnent un rôle de super-coursier, dont la fonction serait d’apporter des sacs pleins de procurations 2 fois par an aux assemblées générales électives de la FFR. Il pense vraiment que le PUC ou le Stade Français vont nous laisser leur procuration ? Et s’ils le font, pense t-il que cela se fasse « en aveugle », sans nous donner des consignes de vote précises ? C’est une méconnaissance de sa part de l’institution locale. Le rôle principal d’un comité départemental est un rôle de proximité, notamment au niveau des jeunes, pour soutenir nos écoles de rugby et promouvoir le rugby auprès des jeunes Parisiennes et Parisiens. A Paris, ce rôle de proximité nous amène en particulier à œuvrer avec la Ville de Paris pour augmenter et améliorer les installations et les infrastructures. Nos clubs vivent un début de saison particulièrement difficile. Ce n’est pas simple, puisque où 2 ou 3 clubs se battent souvent pour avoir les mêmes créneaux horaires sur le même terrain. Il faut que les clubs se concertent entre eux, avec l’appui du Comité, pour faire « front commun ». Ce sont ces questions très locales qui agitent notre vie quotidienne.

 

 

Est-ce que cette élection va laisser un clivage au sein de votre comité ?

 

Il est vrai que cette élection a laissé quelques traces. J’ai perdu quelques très proches, qui n’ont pas été réélus en raison de cet épisode. Je pense à notre Secrétaire Général, et aussi à mon vice-président Michel Rumeau et à Laurent Laguerre, mon ancien coéquipier au SCUF. Ce sont deux de mes plus fidèles amis depuis très longtemps. Tous les deux sont des bénévoles hors pair avec des décennies d’engagement au nom du rugby parisien. Ils ne méritaient pas ça.  Le processus démocratique que nous avons vécu a été cruel. Mais alors que Bernard Laporte parle de dictature, je veux rappeler la citation de Churchill, qui disait que « la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l'exception de toutes les autres » . Ne lui en déplaise, nous avons organisé à Paris la vie démocratique à travers ce vote. Son candidat, Stéphane Espa, m’avait appelé 15 jours avant les élections pour m’annoncer qu’il se présentait contre moi. Sur la liste de 18 personnes qu’il avait envoyée aux clubs parisiens la veille de l’élection, il y avait 11 ou 12 noms qui figuraient également sur ma liste. C’était possible, puisqu’il s’agit d’un scrutin à vote uninominal. Vous voyez que sur le plan local, nous ne sommes pas loin les uns des autres. Nous allons maintenant travailler dans la continuité, en synergie, avec Stéphane et les autres présidents de club.

 

Propos recueillis Guillaume CYPRIEN

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