• Cabannes : « Je réclame juste du respect »
    Cabannes : « Je réclame juste du respect »
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Cabannes : « Je réclame juste du respect »

Cet été, il s’est senti trahi par Pau et avait décidé de prendre sa retraite, avant de rebondir en Corrèze. Dimanche, il fera son retour sur les terrains.

Cinq semaines après votre arrivée à Brive, où vous avez débarqué pour pallier la blessure de Benjamin Pètre, le retour à la compétition vous démange-t-il ?

ça démange toujours. Mais quand tu débarques en retard dans une équipe déjà préparée qui, de plus, se met dans une belle dynamique sportive, avec donc moins de roulement, il est logique de ne pas entrer tout de suite dans le groupe. En termes de points, Brive est dans ses objectifs hauts et, avant d’affronter deux poids lourds (Montpellier et Racing, N.D.L.R.), le staff a peut-être décidé d’effectuer davantage de turnover.

Comment avez-vous été accueilli dans ce groupe composé de nombreux revanchards, comme vous ?

Je ne suis pas quelqu’un qui se pose beaucoup de questions et, dès que j’ai choisi de rejoindre Brive, je savais que ça se passerait bien. J’avais envie d’être là et j’étais conscient que c’était un club atypique, avec un groupe solidaire. J’en ai la confirmation. Même si, au bout d’un mois, le fait de ne pas avoir encore joué laisse une dernière petite distance. Je dirais surtout que c’est un groupe qui est stable depuis des années mais les joueurs ne sont pas des seconds couteaux. Pour ma part, j’avais décidé d’arrêter derrière une saison difficile à Castres et surtout un été où tout s’est mal passé. C’était la goutte d’eau. J’étais content, j’ai apprécié cette nouvelle vie au début… Puis j’ai commencé à tourner en rond. Quand Nicolas Godignon m’a appelé, je n’ai pas réfléchi longtemps.

Dans nos colonnes cet été, on vous avait senti très remonté contre les dirigeants de Pau, que vous deviez rejoindre initialement, et frustré par le système…

J’en avais ras le bol. Ma mauvaise saison au CO, c’est la loi du sport mais j’avais beaucoup de contacts en Pro D2, un championnat que je voulais découvrir. Mont-de-Marsan et Biarritz sont venus me chercher avec des discours positifs puis Pau s’est positionné plus tard. C’est un club de Top 14 et ma femme en est originaire. Cette ville me plaît et nous comptions nous y installer dans le futur. C’était paradisiaque, le tableau parfait. Je ne vais pas cacher que cette option était plus intéressante financièrement, sportivement et pour le cadre de vie. On pouvait se projeter… Mais les choses ont commencé à traîner. J’ai senti que les dirigeants palois allaient me la faire à l’envers (sic) et, quand j’ai voulu me retourner, les budgets serrés des clubs de Pro D2 étaient déjà bouclés. Ils n’avaient plus la possibilité de me proposer un contrat pro. Je n’ai pas pu rebondir.

Vous semblez conservez une grande rancœur…

J’ai des atomes crochus avec Christophe Laussucq et le président à Mont-de-Marsan, avec Nicolas Brusque et David Darricarrère à Biarritz. à mes yeux, c’est comme si je les avais trahis car je les ai fait attendre et me suis retrouvé en porte-à-faux. J’ai tenu le mauvais rôle parce que je me suis fait tordre (sic) par Pau. Je vais être honnête : être joueur supplémentaire au salaire minimum, j’ai donné. Sans faire offense à qui que ce soit, jouer au rugby pour 1 500 € ne m’intéresse pas. Je préfère me lancer dans ma reconversion car me contenter de repousser l’échéance ne me ressemble pas. Je n’en veux à personne en particulier mais des gens se sont mal comportés et n’ont pas eu le courage de me le dire. Les Palois ne me devaient rien au départ mais ils ont su trouver mon numéro pour me faire venir sur place et me dire qu’ils me voulaient. Alors, j’aurais aimé qu’ils m’appellent aussi pour me prévenir qu’ils avaient changé d’avis. Je ne suis pas vexé mais je réclame juste un peu de correction et de respect. Je suis un garçon lucide. Si j’avais été performant l’an passé, j’aurais eu une proposition de prolongation à Castres et une autre concrète de Pau. Les joueurs professionnels sont des privilégiés mais ce sont aussi des hommes, avec des familles. Nos situations peuvent être précaires.

Pour revenir à votre état de forme actuel, l’enthousiasme est-il vite revenu à l’entraînement ?

L’enthousiasme, oui, mais il a tout de même fallu se faire violence. Cela paraît facile au bout de quinze ans puisque l’entraînement est devenu un rituel. Mais après avoir coupé pendant deux mois, tout est différent… Au terme de la première séance, j’avais mal au genou. Après la deuxième, aux ischios. Après la troisième, au dos. Des choses que je ne connaissais pas jusque-là. Quand, à chaque entraînement, tu ressens une douleur, tu te mets à douter un peu. J’ai donc repris le rythme et adopté un mode de vie plus sain. Depuis deux semaines, ça commence à aller vraiment bien.

Assez pour intégrer une formation qui s’en va défier Montpellier sans pression dimanche ?

ça n’existe pas. Il y a toujours un peu de pression. Quand tu vas à Montpellier, qui lâche les chevaux depuis des semaines et écrase tout sur son passage, le premier des objectifs est de ne pas passer pour des guignols et de ne pas en prendre quarante. Forcément, si tu perds là-bas, personne ne te dira que c’est une contre-performance. Le MHR est une équipe qui annonce clairement qu’elle veut aller loin et gagner des titres. Alors Brive s’y rend avec une obligation moindre en termes de résultat.

Jérémy Fadat
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