Vente du RCT : Faut-il croire Boudjellal ?

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    Vente du RCT : Faut-il croire Boudjellal ?
Publié le , mis à jour

Mourad Boudjellal est -il prêt à vendre le RC Toulonnais, son club ? Les raisons de le croire sont nombreuses même si un nouveau coup de "bluff" est permis. A vous de choisir… 

Malgré la victoire de son équipe, hier face à Clermont, Mourad Boudjellal a mis en scène sa lassitude après la rencontre en confiant qu'il pourrait vendre le club dans un avenir proche. Un aveu qui confirme les multiples pistes qui, depuis quelques mois déjà, menaient jusqu'à d'éventuels repreneurs. Comme le révèle Midi-Olympique ce lundi, plusieurs options s'offrent ainsi au président varois, l'homme qui a remis le RCT en pleine lumière. Les noms de Lucien Simon et de Bernard Laporte reviennent dans différents projets de reprise. Reste à savoir si Boudjellal ira au bout de ses intentions, en cédant un club dont il détient la majorité du capital (51%). En attendant, faut-il le croire ? Oui et non…

Oui, parce que

Il est aujourd’hui confronté à une concurrence plus forte que jamais

Mourad Boudjellal a-t-il les moyens de ses ambitions ?Il le clame et le répète à souhait : "Moi, je n'ai pas les mêmes moyens financiers que certains présidents du Top 14." Dans le viseur de Mourad Boudjellal, les boss du Racing 92, de Montpellier ou du Stade français que sont respectivement Jacky Lorenzetti, Mohed Altrad et Thomas Savare. Ajoutez également Clermont et le soutien de Michelin, dont le patron du RCT parle aussi très fréquemment. Voilà aussi la raison pour laquelle Boudjellal cite si souvent l'exmple toulousain ces dernières semaines, lequel serait celui qui se rapproche le plus du modèle économique qu'il a mis en place sur la Rade. A savoir qu'il ne repose pas sur la fortune d'un mécène. Certes, il y a une part d'exagération dans les propos du Varois, comme c'est souvent le cas, mais force est de lui reconnaître qu'il est aujourd'hui loin de posséder la fortune personnelle, donc les pouvoirs financiers, de ses principaux concurrents. Cela ne l'a pas empêché de piocher dans ses propres réserves durant ses premières années de présidence puis de miser un montage lui permettant d'attirer les meilleurs joueurs de la planète. Mais les récents résultats prouvent que la cadence devient plus dure à suivre puique Toulon n'a pas glané le moindre titre la saison passée, ce qui représente une première depuis 2012. Pour rester (ou revenir) sur le devant de la scène, l'ancien éditeur de bande dessinée doit ainsi se renouveler et se montrer plus inventif que jamais sur le strict plan de l'argent. Le nerf de la guerre pour être le meilleur en Top 14. Ou alors abdiquer… Ce qui pourrait, entre autres, expliquer la lassitude de Mourad Boudjellal.  

Il est marqué par les coups

Depuis plusieurs mois, Mourad Boudjellal est un peu las. Des innombrables querelles intestines qu’il a parfois créé tout seul avec les dirigeants français. Il est devenu le bouc émissaire du Salary Cap.  Celui par qui le mal est arrivé. Surveillé pour ne pas dire harcelé plus qu’un autre club, par la DNACG, qui n’a jamais trouvé à redire sur sa gestion, il a été cette année condamné à payer 100 000  euros pour dépassement de la masse salariale. Tous ses coups l’ont profondément marqué voire meurtri, car Boudjellal n’est pas un homme de conflit.

Il a été démarché pour vendre

Ce n’est pas son idée. Si ce lundi, Mourad Boudjellal envisage de vendre ses parts de la SASP du RC Toulon, c’est d’abord parce que cet été, il a été démarché par des investisseurs étrangers intéressés par la marque RCT. Des Américains avec qui, il discutait pour la création d’une franchise à Miami et qui lui ont demandé s’il n’était pas vendeur. Puis un groupe du moyen-orient, qui a même formulé une offre de plusieurs dizaine de millions d’euros. Refus poli à chaque fois du président toulonnais, mais en homme d’affaire averti il a laissé la porte entrouverte depuis. C’est ainsi que depuis plusieurs semaines il écoute avec attention le projet de Lucien Simon, pour un éventuel rachat. Dorénavant la chose n’est plus taboue chez lui.  

Une image ternie

Le président varois est un homme de communication qui a toujours fait attention à son image. S'il a toujours su profiter des conflits pour se tailler une solide réputation dans le milieu rugbystique et en dehors, il souffre aujourd'hui de voir son image en berne. Le RCT reste sur un échec l'an dernier en Coupe d'Europe après trois titres consécutifs et il a aussi laissé au Racing de Lorenzetti le leadership hexagonal. Un sacré coup pour Boudjellal qui, jusqu'ici, surfait sur la vague des succès et semblait irrésistible, parfait goldenboy d'ovalie. Laporte n'est plus là et sa succession a bien failli tourner au fiasco cet été. Enfin, le recrutement toulonnais ne fait plus référence : Carter a choisi le Racing, les frères Du Plessis ont rejoint Montpellier. Dernier élément pour confirmer sa lassitude, Mourad Boudjellal n'a toujours pas trouvé sa place dans la "grande famille" du rugby français. Si ses titres l'ont légitimé, il n'est toujours pas accepté. Sa candidature au comité directeur de la LNR et à sa présidence ne fait pas l'unanimité chez les présidents de club qui pourrait le laisser à la porte de l'institution. Certainement l'échec de trop, qui creuserait un fossé impossible à combler…

Non, parce que...

Il n’a pas besoin d’argent...

 À 52 ans, Mourad Boudjellal a réussi depuis longtemps sa vie professionnelle. D’ailleurs, il y a trois ans, il a même clôturé une page de celle-ci en revendant la totalité de ses parts des Editions Soleil à un concurrent. Le président Toulonnais est à l’abri du besoin, « avec une fortune raisonnable », comme il le dit lui-même. Il est venu au RCT par amour pour sa ville et non pour réaliser un coup économique.  S’il avoue lui-même avoir perdu de l’argent en tant que président ( il a mis au bas mot près de 7 millions d’euros de sa poche et s’est souvent porté caution personnelle), cela n’a pas entamé son patrimoine. Bref, ce n’est pas une affaire d’argent qui le fera vendre.

Il a déjà fait le coup...

Mourad Boudjellal est un homme qui aime les déclarations chocs, les rebondissements de situation. Il n'a jamais caché qu'une saison de Top 14 devait se construire comme une série télé, si possible américaine, chaque week-end étant un nouvel épisode qui doit maintenir le supporter en haleine. Ses déclarations dictent le scénario et la menace de quitter le club est un épisode qui revient souvent avec à chaque fois des raisons différentes. Après le doublé historique du RCT, Mourad Boudjellal avait déjà évoqué dans nos colonnes sa lassitude et ses interrogations sur sa capacité à suivre les nouvelles locomotives financières comme le Racing 92 et Montpellier. La passation de pouvoir lors de la finale de Top 14 n'a fait qu'accentuer ce sentiment. Néanmoins, les menaces de partir sont fréquentes. Qu'il évoque son propre départ ou alors carrément celui de son club puisqu'il avait menacé de partir avec son RCT sous le bras pour disputer le championnat anglais pour répondre aux nouvelles exigences de la Ligue nationale de rugby. Les menaces de quitter le RCT amusent aujourd'hui les supporters toulonnais.  

Il est attaché à son club et à sa ville

Ce n’est pas la première fois que le président toulonnais évoque son ras-le-bol et sa lassitude quant à son maintien à la tête de la présidence du club varois. Mais si une donnée doit bien être prise en compte c’est le côté affectif que représente le RCT pour Mourad Boudjellal. Enfant de la Rade, fils d’immigrés algériens, l’éditeur de BD connaît bien sa ville pour y avoir toujours vécu et en est tombé en pâmoison devant son club de rugby quand il l’a repris en 2006. Marqué par les années FN de la cité varoise (1995-2001), le président du RCT est viscéralement attaché à son club, son identité et tout ce qu’il représente dans l’imaginaire et l'esprit des Toulonnais. Autant le dire entre Toulon et Mourad Boudjellal, c’est une histoire de fusion et parfois d’effusion. Il a bien compris aussi le rôle que pouvait jouer le club de rugby, au point d’en faire la première vitrine à l’international. Le RCT est devenu l’image de marque du port du Levant et pour cela son président est fier. Fier d’avoir redonné des couleurs à une ville qui vibre pour son club de rugby, lui en premier. En août 2014, il affirmait son amour pour le club Rouge et Noir dans un entretien au Midi Olympique Magazine. Alors, Mourad Boudjellal est-il moins amoureux de son club et de sa ville ? Le doute est permis. Par la rédaction

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