Flood : « Je n’y arrivais pas »

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    Flood : « Je n’y arrivais pas »
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Frappé par des soucis d’ordre privé, l’anglais avait disparu de la rotation durant la deuxième partie de saison passée. Aujourd’hui de retour au premier plan, il s’avance comme le régulateur tant attendu par le Stade.

Il vient d’enchaîner deux titularisations. Toby Flood devrait encore être aligné d’entrée contre Grenoble. Une première depuis novembre 2015. Derrière cette entame pleine en position de premier centre, l’Anglais avait peu à peu disparu des écrans radars et traversé un désert personnel. Il se confie : « J’avais un souci privé et c’est devenu dur à gérer… Cela n’avait à rien à voir avec le rugby. Dans la vie, il y a des choses plus sérieuses. Cela m’est tombé dessus. » Lui n’a pas réussi à surmonter ses problèmes intimes, lesquels ont fini par rejaillir sur le terrain. Quand le joueur reste un homme. « Il fallait couper. Je savais que je devais être bon mais, franchement, je n’y arrivais pas… Peut-être que je me mettais trop de pression et que je ne parvenais pas à tout gérer. Ce n’était ni le club, ni les autres joueurs, ni le staff. C’était moi. » Alors Toulouse a avancé sans lui, jusqu’au barrage perdu au Racing.

 

Comprendre et analyser, son obsession

Depuis, l’été est passé. Les imprécisions de la ligne de trois-quarts stadiste en ce début d’exercice aussi. Les tourments de Flood digérés, il a logiquement été rappelé dans la rotation. Jusqu’à se muer en régulateur potentiellement providentiel. Les troupes d’Ugo Mola ayant parfois manqué d’alternance et d’efficacité, lui est capable de remettre de l’ordre dans la symphonie. Attendu dans ce rôle, l’ouvreur de formation en est conscient : « Quand vous jouez numéro 10, vous prenez de nombreuses décisions. Il faut savoir comment réagir face à chaque situation. Avant de recevoir le ballon, je me dis : « Comment vais-je gérer ? Est-ce que je dois écarter ou conserver ? Est-ce le bon moment pour l’équipe ? » Un régulateur a besoin de connaître les sensations de ses partenaires. C’est ce qui dictera son choix, qui est individuel mais reste le résultat des discussions avec les autres. Si les avants sentent qu’on ne doit pas lancer le jeu et plutôt insister sur un ballon porté, alors on le fait. Il faut s’adapter. » Flood est un garçon lucide, réfléchi et intelligent. Sensible aussi. Parfois trop, ce qui explique pourquoi il a besoin de se sentir apaisé pour être performant… « Je ne suis pas forcément émotif mais parfois trop sensible aux autres, avoue-t-il. Si les choses ne vont pas pour des gens autour de moi, ça me fait mal… En France, c’est dur car vous manquez de nuance pour évoquer vos sentiments dans une conversation. La phrase que vous prononcez ne reflète pas forcément ce que vous ressentez. En Angleterre, on dit qu’il existe une différence entre ce qu’on dit et la manière dont on le dit. C’est quelque chose que j’ai parfois eu des difficultés à percevoir ici. » Ceci alors que lui se plaît à analyser ce qui l’entoure, à appréhender son environnement sur et en dehors du terrain. Une obsession. « J’aime comprendre tout le monde. J’ai grandi ainsi et j’ai besoin de savoir si Flo (Fritz, N.D.L.R.) préfère recevoir une passe là ou si Gaël (Fickou) préfère l’avoir ici. Je me pose peut-être trop de questions mais je veux savoir pourquoi on fait ça plutôt que ça. Si on le fait juste pour le faire, je ne comprends pas. Si on m’explique la raison, pas de soucis. Je suis d’accord ou pas mais on le fait. » Simplement car l’Anglais est un perfectionniste. Souvent à l’excès.

 

Entre confiance et frustration

Du coup, s’il reprend ses marques et retrouve la confiance, comme l’a prouvé sa partition juste devant Paris, il veut aller plus loin : « J’ai mis un peu de temps pour renouer avec les habitudes mais, désormais, plus j’enchaîne et plus ça va être simple. J’ai envie de maîtriser tous les paramètres en défense et en attaque. J’ai commis des erreurs mais je me sens de mieux en mieux. C’est important pour nous car, en ce moment, on ne joue pas assez par moments et trop à d’autres. Il faut trouver le bon équilibre. En fait, je suis comme l’équipe : nous ne sommes pas loin mais le fait de se sentir proches donne de la frustration… » Demain, il aura l’occasion de l’évacuer. Soit en position d’ouvreur, soit associé à Doussain. Un duo encore en rodage. « Jean-Marc s’installe à l’ouverture plutôt qu’en 9 mais on a besoin de communiquer, note Flood. On peut interchanger, on le fait dans la semaine et on l’a reproduit une ou deux fois contre Paris mais ce n’était pas totalement fluide. Il nous faut encore des repères. On va s’améliorer. » Une partie de l’avenir toulousain en dépend.

Jérémy Fadat
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