La bataille de la Méditerranée

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Plus qu’un choc entre deux demi-finalistes du dernier Top 14, ce faux derby entre Toulon et Montpellier, à l’atmosphère électrique, pourrait redéfinir la suprématie du ballon ovale dans le sud-est. Rendez-vous aujourd’hui à 16 h 15 à l’Orange Vélodrome de Marseille.

Une affiche de rêve dans un « théâtre » somptueux. D’un côté, le triple champion d’Europe toulonnais, en perte de vitesse (pas de titre la saison passée, une première depuis 2012) et qui, malgré sa cinquième place, démarre le championnat de manière poussive. De l’autre, l’armada montpelliéraine (3e) qui vient d’enchaîner quatre succès consécutifs. Des dynamiques opposées mais un choc qui demeure entre deux des plus grosses écuries du Top 14. Dans le contexte festif de l’inauguration de « l’Orange Vélodrome » (rachat de la rencontre entre huit cents mille et un million d’euros à Toulon. Montpellier n’a pas encore accepté l’offre pour le match retour), les deux voisins se disputeront une nouvelle fois la suprématie du pourtour méditerranéen (même si le mot derby est à proscrire chez les joueurs !). « Quand tu vas au Vélodrome et qu’il est plein, tu le sens, raconte Juan Martin Fernandez Lobbe. Nous avons vécu des moments extraordinaires à Marseille et j’espère qu’on ne va pas oublier ça. Et s’il n’y a que 30 000 spectateurs ? Ce seront 30 000 Toulonnais et ça va faire du bruit ! » Les Héraultais gardent eux un souvenir mémorable de leur dernier passage en Provence, dixit Fulgence Ouedraogo: « Cette demi-finale de Top 14 remportée face au Racing (2011) est mon plus beau souvenir en club. Nous ne sommes plus que deux avec Benoît (Paillaugue) à l’avoir vécu, mais nous allons essayer de ne pas trop le gâcher dimanche. » Depuis plusieurs années, Toulon tenait la corde et s’imposait comme la capitale du rugby sur le bassin méditerranéen. Une hégémonie et une supériorité que semble vouloir bousculer Montpellier depuis deux saisons.

Hiérarchie bousculée ?

Si l’an passé le RCT, en se défaisant du MHR en demi-finale du Top 14, a rappelé qu’il restait souverain en ses terres, leur premier affrontement de la saison pourrait être l’occasion pour les Héraultais de redistribuer les cartes. Surtout que, contrairement aux années passées (moyenne de 38,6 points encaissés par match depuis six saisons), le MHR a troqué son costume de victime pour celui du chasseur. Les Montpelliérains, habitués à venir à Mayol avec une équipe bis, débarquent au Vélodrome armés comme jamais (retours de Ouedraogo, Willemse, Qera et Jac. Du Plessis). Comme si les Cistes avaient pris conscience de leur nouveau rang et des bienfaits du turnover : « Toulon n’a plus la même puissance qu’auparavant. Ça reste une grande équipe, qui est un peu moins performante. Je ne sais pas si on aura la force de finir devant eux, mais on a les moyens de les talonner et de se battre pour le Brennus. », explique Davit Kubriashvili. Côté Toulonnais on sait en tout cas à quoi s’attendre : « Ils sont très solides devants, mobiles derrières. Ils ont une troisième ligne qui court partout. Maintenant ils ont même un ailier costaud (Nadolo, N.D.L.R.) observe le troisième ligne du RCT. Montpellier, c’est une équipe très complète. Nous les avons battus en demi l’année dernière donc on va s’appuyer sur ce match, même si depuis ils se sont bien adaptés. » Place à la première bataille de la Méditerranée, entre deux voisins ambitieux, menés par les présidents les plus atypiques du championnat. Une guerre de pouvoir et d’égaux.

Par Pierrick Ilic-Ruffinatti (avec J.L)

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