La monotonie de l'excellence

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Pas de surprise à Buenos aires : les All Blacks ont encore produit leur récital sur la route du record historique.

Existe-t-il une équipe aussi brillamment lassante que les All Blacks sur la planète ? Dans quel autre sport, une sélection écrase-t-elle autant ses adversaires ? Les Néo-Zélandais ont poursuivi leur brillante série à Buenos Aires, en marquant cinq essais en… dix-septminutes et en jouant vingt minutes à quatorze. Non, n’en jetez plus ! Croisé rapidement après la rencontre, Beauden Barrett nous a soufflé quelques mots : « Nous sommes bien sûrs très heureux d’avoir gagné contre une équipe très coriace, vous pouvez me croire. Contre eux, ce sont toujours des matchs difficiles, plus que ne l’indique le tableau d’affichage. Je reconnais que nous avons vécu une période très positive entre les cinq dernières minutes de la première mi-temps et les cinq premières de la seconde. Ensuite, nos deux cartons nous ont permis de tester notre défense face à une équipe qui donnait tout ce qu’elle avait. » Tous les yeux sont désormais rivés sur le fameux record, la série de dix-sept ou dix-huit victoires qui ferait entrer cette équipe dans la légende. Avec dix-sept, ils égaleraient la performance des Springboks de Nick Mallett de 1997-1998 ; avec dix-huit, ils seraient seuls au monde, une fois de plus. Il leur faudra pour ça s’imposer à Durban la semaine prochaine face aux Sud-Africains. Mais pour s’y rendre, ils devront endurer vingt-troisheures de voyage en passant par le Chili et Johannesburg. Ce sera ainsi la difficulté majeure des hommes en noir. Steve Hansen a prévu de continuer sa politique de rotation. Il alignera sans doute Waisake Naholo, Aaron Smith, Charlie Faumuina et Jerome Kaino, laissés au repos contre les Pumas. Se passera-t-il d’Anton Lienert-Brown, si fort à Buenos Aires pour remettre Malakai Fekitoa ?

 

Lienert-Brown fait exploser tous les compteurs

Cette question résume à elle seule la phénoménale richesse des Néo-Zélandais. On a beau le savoir, on reste toujours béat face à la façon dont les jeunes All Blacks marchent sur l’eau dès qu’ils mettent un doigt de pied dans le circuit international. Par exemple, Lienert-Brown vivait sa deuxième sélection à Buenos Aires et il a non seulement marqué son premier essai international mais il a réalisé trois passes décisives, plus un plaquage en position de repli. Le joueur des Chiefs doit son appel en équipe nationale à la blessure de Sonny Bill Williams durant les jeux Olympiques à VII. Les spécialistes de ce jeu ont remarqué que « ABL » était capable de jouer aussi bien avec le numéro 12 qu’avec le 13, point capital pour une carrière. « Je sais que c’est un bon plan de pourvoir jouer indifféremment premier ou second centre. Ian Foster (entraîneur adjoint des All Blacks, après avoir travaillé avec les Chiefs, N.D.L.R.) m’a toujours dit que ce serait une bonne chose pour une carrière internationale. » Samedi, c’était vraiment son jour, on l’a même vu pousser en troisième ligne pour rendre service après le carton jaune de Squire : « J’ai fait beaucoup de bruit, pour faire croire que je servais à quelque chose. »

 

Par Jérôme Prêvot (avec Frankie Deges, correspondant) 

Jérôme Prévot
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