Charvet : « Le renouveau des Barbarians »

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    Charvet : « Le renouveau des Barbarians »
Publié le , mis à jour

Un match contre l’Australie, un nouveau site, un partenariat avec les Oscars Midol, un club des XV, les Barbarians font peau neuve et le font savoir.

On désespérait de voir les Barbarians repartir de l’avant. Il semble que la chose soit en passe de se réaliser ?

Effectivement, nous menons plusieurs combats de front et on commence à voir le bout du tunnel.

 

C’est une belle chose que de recevoir l’Australie à Bordeaux le 24 novembre.

Il nous semblait impératif pour l’aura des Barbarians de pouvoir affronter les grandes nations de ce jeu. On s’est battus avec Thomas (Lombard, N.D.L.R.) pour avoir ce match. C’est d’une complexité incroyable. Mais on est arrivé à sceller cette opposition la semaine dernière et nous en sommes fiers. C’est le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à Serge Kampf.

 

Le temps imparti n’est-il pas un peu court pour organiser une rencontre pareille ?

Arnaud Pouille et la Fédération vont nous aider, comme la mairie de Bordeaux, comme Laurent Marti, le président de l’UBB qui est Barbarian dans l’âme. Le public bordelais et plus largement celui de la Nouvelle Aquitaine doit se passionner pour ce match qui n’aura rien d’une rencontre de gala. Ce sera l’occasion pour plusieurs joueurs aux portes de l’équipe de France de démontrer leur valeur face à un adversaire de taille. Guy Novès, qui est lui aussi Barbarian, m’a assuré qu’il ferait tout pour nous aider. Le match sera certes retransmis sur L’Équipe 21, mais j’ose espérer que les gens sensibles à l’univers des Barbarians sauront répondre présents. On a besoin d’eux, on compte sur eux.

 

Vous avez une idée de l’équipe qui pourrait être mise sur pied ?

Il est encore trop tôt pour cela. Je sais seulement que Raphaël Ibanez entraînera cette équipe et nous en sommes très heureux. Je berce en sourdine le vœu de voir Dan Carter figurer dans cette équipe. Ce serait un merveilleux cadeau que nous feraient Jacky Lorenzetti et ses coachs. Je sais comme il est difficile pour les clubs de libérer les joueurs, mais ils ont toujours joué le jeu, j’espère qu’ils continueront et je les en remercie vivement. Il faut qu’ils sachent, et je parle en connaissance de cause, que cette équipe relance les enthousiasmes. Aucune prétention dans mes propos, mais je vous assure que c’est vrai. Les joueurs prennent leur pied avec nous.

 

D’autres noms ?

Je pense à Capo Ortega qui n’a jamais été Barbarians et qui pourtant le mériterait tant. Je pense encore à Rokocoko, à Heini Adams, qui est un homme merveilleux et qui pourrait finir là sa carrière internationale.

 

Autre nouveauté et non des moindres la création du site Barbarians (1) qui voit le jour aujourd’hui même…

C’est vrai. Tout cela est parti d’une réflexion commune : comment faire vivre les Barbarians autrement qu’à travers les matchs, les tournées, comment toucher le jeune public ? On a voulu créer ce site comme un acte communautaire. Les gens auront l’occasion là d’échanger, de jouer, de voter pour les joueurs de leur choix.

 

C’est aussi un devoir de mémoire. On y retrouve le passé des Barbarians, les matchs, les photos, les joueurs qui ont fait l’histoire de ce club…

Portraits à l’appui… On souhaite faire comprendre au plus grand nombre l’intérêt qu’il y a à soutenir cette équipe dans un monde qui perd un peu la boussole. Mais on tient aussi à récompenser les meilleures interventions. Ce site, dont nous sommes fiers, doit permettre de faire vivre notre institution à longueur d’années.

 

Et pour cela vous vous êtes aussi appuyés sur les Oscars Midi Olympique ?

L’idée et l’on remercie Midi Olympique et la famille Baylet de son aide, c’est de pouvoir, à l’occasion de chaque remise mensuelle des Oscars Midi Olympique, décerner un Oscar Barbarians, parallèlement à l’Oscar du Midol, récompensant le joueur dont l’attitude, l’élégance, l’état d’esprit se rapproche le plus de l’esprit Barbarians. Nous ne choisirons pas. Ce sont les joueurs, les dirigeants, les supporters eux-mêmes qui voteront pour le joueur de leur choix via notre site.

 

Mais il y aura aussi le prix Serge Kampf, lors des Oscars annuels de Midol à Paris.

Effectivement. On a voulu ça avec Jean-Pierre (Rives). Comment pouvions-nous rendre hommage à la mémoire de Serge qui a tant fait pour nous ? On a pensé à cette soirée des Oscars qui est la plus belle du rugby français. Capgemini s’associera à la remise de ce prix qui sera fait par Jean-Pierre en personne. Là encore il s’agira de récompenser le joueur, le dirigeant, l’arbitre peut-être qui, par son attitude, son fair-play, se rapprochera le plus de l’idée que l’on se fait du rugby.

 

Enfin, vous avez aussi décidé de lancer une gamme de produits Barbarians ?

Cela aussi vient d’une réflexion commune. J’ai toujours été frappé par le nombre de gens qui me demandaient comment pourrions-nous acheter un maillot des Barbarians ? Jusque-là, la chose était impossible. Désormais, grâce au partenariat que l’on a mis en place avec beRugbe, cher à Philippe Leveau, qui sera notre équipementier, nous serons en mesure de répondre à cette attente. La gamme Barbarians est appelée à se développer. Il y aura une boutique sur le site. Les maillots, tout en gardant leur configuration historique, vont évoluer. La question que l’on se pose aujourd’hui est de savoir si l’on doit adjoindre un partenaire sur le maillot sacré des Barbarians ?

 

C’est un appel d’offres ?

Je ne sais pas. On reste à l’écoute des gens que notre philosophie intéresse…

 

Vous allez aussi créer le club des 15 ?

Nous changeons d’ère en effet. C’est une forme de renouveau. Mais pour vivre, si l’on a besoin de l’aide de la FFR et de la Ligue qui jouent parfaitement le jeu, nous avons aussi besoin d’argent. D’où cette idée de lancer un appel à quinze partenaires, auxquels nous ne demanderons pas des sommes folles, qu’ils se rassurent (rires), pour nous aider à prolonger cette idée merveilleuse d’un club à part, d’un club atypique que l’on voudrait porteur des valeurs de ce sport.

 

Et vous allez retrouver le Rugby Club ?

En effet. On avait quitté le Rugby Club qui vient de déménager boulevard Haussmann à Paris et qui nous réserve désormais une salle « Serge Kampf ». Serge avait été l’initiateur du Rugby Club, c’est un juste retour à l’envoyeur.

 

Mercredi, aura lieu à Paris un premier repas entre chefs d’entreprise, membres du CAC 40 et vous, c’est cela ?

Oui. Comme nous serons demain, mardi, les invités d’Alain Marty. On tient à faire connaître par l’entremise d’Alain et du Rugby Club notre nouveau projet, notre renaissance en espérant accrocher les cœurs après nous...

 

(1) barbarianrugbyclub.com

Jacques Verdier
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