Guyot : « Je m’éclate en amateur »

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    Guyot : « Je m’éclate en amateur »
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Benoît Guyot a quitté le Top 14 pour la Fédérale 2. Un choix surprenant qu’il explique par un plaisir retrouvé.

Alors que le club de La Rochelle ne vous a pas conservé en fin de saison dernière, vous avez décidé de mettre un terme à votre carrière professionnelle. Vous jouez depuis le début de saison avec le club de Suresnes, en Fédérale 2. Un choix surprenant alors que vous faisiez partie des joueurs en vue à Biarritz avant votre expérience rochelaise, et que vous n’êtes âgé que de 27 ans. Pourquoi ce choix ?

J’ai eu la sensation qu’on n’avait plus envie de moi. J’ai activé tous mes réseaux pour retrouver quelque chose d’intéressant. J’ai imaginé partir à l’étranger, en Angleterre, au Japon ou aux États Unis. Je suis jeune et je n’ai pas d’enfant. Je suis libre. Mais je n’ai reçu que quelques offres de club de Pro D2 en tant que joueur supplémentaire. J’ai eu le sentiment d’avoir tout à recommencer, comme si je sortais à nouveau du centre de formation. Je ne voulais pas de ça, je n’étais pas prêt à repartir de zéro. Me connaissant, j’aurais tout fait pour retrouver un statut, et ceci, au péril de ma santé. J’ai préféré consacrer mes journées à mon travail universitaire. Tout le monde n’a pas forcément bien compris ce choix autour de moi. Mais la nécessité de maîtriser mon avenir s’est imposée.

 

Quel est ce travail universitaire ?

J’achève une thèse de gestion dans le cadre de mon doctorat. Ce travail porte sur l’intégration de la technologie dans la prise de décision dans le sport, et plus spécifiquement dans le rugby. Je l’ai débutée il y a quatre ans. Elle porte sur la question de la place occupée par la technologie dans la gestion d’un groupe et d’une équipe. J’ai réalisé une quarantaine d’entretiens avec tous les responsables des staffs du Top 14. Pourquoi serait-il intéressant de disposer de plus de moyens humains destinés aux traitements de données physiques, physiologiques ou rugbystiques ? Comment intégrer ces données à la gestion de l’équipe ? Est-ce que cela concerne exclusivement le staff, ou les joueurs doivent-ils être intégrés à la démarche ? Ces questions se posent actuellement.

 

Pourquoi ce sujet ?

C’est un choix assez opportuniste au départ. Je faisais partie des joueurs très curieux de ces outils, car ils défendaient un peu ma paroisse. Je n’ai jamais été un joueur « spectaculaire ». Calculer le nombre de mètres gagnés, les courses de replacement et tous les autres paramètres du travail de l’ombre pouvaient valoriser mon action sur le terrain aux yeux des entraîneurs. Ils sont un moyen d’objectiver un peu la performance de chacun. Trouver un équilibre entre les joueurs « spectaculaires » et les « besogneux » me semble important. Ma thèse porte sur le sujet un regard de gestionnaire, qui souhaite optimiser les résultats d’une structure en place.

 

Que pensez-vous de la Fédérale 2 ?

Je retrouve du plaisir à jouer, tout simplement. Beaucoup de mes amis évoluent à Suresnes et leur état d’esprit m’a séduit. On tente d’y jouer un rugby assez ouvert. Je suis sorti du monde professionnel sans avoir été trop gravement blessé. J’ai subi pas mal de K.-O. mais je n’ai pas subi de grosses opérations. Je me sens donc en pleine forme. Tout est très différent du monde professionnel et on s’amuse tous les dimanches. Je m’éclate !

 

C’est une drôle de situation pour vos adversaires, d’avoir à affronter un joueur si jeune estampillé « Top 14 ». Comment cela se passe-t-il ?

Je suis loin de traverser le terrain, si c’est ce que vous voulez dire ! J’ai été surpris par le niveau de la Fédérale 2. Les joueurs de rugby sont intelligents et s’adaptent vite. Je peux m’appuyer sur ma forme physique mais c’est loin de suffire. J’essaie simplement d’apporter mon expérience et mon enthousiasme retrouvés. Propos recueillis par Guillaume Cyprien 

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