Julien Rey, fidèle à la barre

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    Julien Rey, fidèle à la barre
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Le centre a joué tous les matchs de championnat cette saison. Comme il a prolongé son contrat jusqu’en 2019, on le sent bien parti pour titiller les recors de fidélité.

La sécheresse des chiffres parle pour lui. Julien Rey a repris la saison en décalage puisqu’il sortait de la dernière tournée du XV de France et qu’il fut soumis dans la foulée à une obligation de repos. Mais il a quand même joué les sept matchs de Top 14 de l’UBB, les six derniers comme titulaire. Il n’a ciré le banc que pour le match d’ouverture contre le Racing (il est entré à seize minutes de la fin). Ensuite il s’est « enquillé » 353 minutes sur 360possibles. Donc, s’il y a un homme de base à l’UBB, c’est bien lui, ce trois-quarts centre toujours si calme et plutôt économe de ses mots. A priori, les supporters de l’UBB n’ont pas fini de le voir briller puisqu’en juin dernier, il a prolongé son séjour jusqu’en 2019. Ce qui lui fera au moins neuf saisons sous le maillot bordeaux et blanc. « Je me sens bien dans cette ville, j’ai resigné avec plaisir. » Il compte à ce jour 128 matchs avec l’UBB (y compris en Pro D2) pour 17 essais. Et la semaine passée, Guy Novès l’a rappelé à Marcoussis pour le premier stage du XV de France. Il a pu réviser les shémas de jeu, les combinaisons et les schémas de circulation en attaque et en défense, alpha et oméga du jeu moderne.

 

Son rôle

Son rôle est devenu moins figé à mesure que les combinaisons et les plans de jeu de l’UBB se sont sophistiqués. « À l’origine je suis un premier centre. Mais les choses ont un peu changé cette saison. Je peux jouer deuxième centre dans certains cas. Déjà, ça dépend si nous sommes en attaque ou en défense. Et ça dépend aussi de l’identité de mon partenaire. Par exemple, je me retrouve second centre en attaque quand je joue avec Josaia Vakacegu. En défense, dans certains cas, je peux aussi me retrouver en position de second centre quand je suis Jayden Spence, Jean-Baptiste Dubié ou Romain Lonca. Ça peut dépendre de plusieurs facteurs, si nous avons décidé de lancer une attaque rapide, par exemple. » Sa reconversion Julien Rey vient de faire ses débuts internationaux, mais il ne se prend pas pour une vedette. Il travaille toujours dans l’ombre pour sa reconversion. « Je fais actuellement une formation à Mont-de-Marsan pour devenir coach sportif et pouvoir travailler, éventuellement dans une salle de sports. Je fais des cours d’anatomie, j’apprends aussi la musculation. »

 

Le chemin parcouru

« Quand je suis arrivé ici, je ne m’attendais pas à vivre tout ça, c’est le moins qu’on puisse dire. Nous étions en Pro D2. Je me souviens de la signature de mon contrat avec Laurent Marti, mais ça s’est fait à Toulouse. Je me souviens de ma première arrivée à Bègles, accueilli par Alphonse Mirallès. Le rugby professionnel m’est tombé dessus un peu par hasard à Colomiers. Quand j’ai commencé à jouer en équipe première, je ne pensais pas à tout ça. Je venais de m’inscrire en STAPS, comme ça sans plus. J’étais plutôt branleur à ce moment-là. »

 

Son physique

L’avènement de Julien Rey et son arrivée en équipe de France, c’est aussi l’histoire d’une transformation. Avec son mètre 90, il est toujours passé pour un centre plutôt physique. Mais à son arrivée à Bordeaux en 2010, il faisait 90 kilos. Il a travaillé pour franchir la barre des cent kilos. Il nous l’avait confié en juin dernier quand Guy Novès l’avait appelé : « J’ai compris qu’il fallait que je fasse évoluer mon jeu, que je gagne aussi bien du gras que du muscle pour peser davantage sur les défenses. »

 

Ses galères

À le voir comme ça depuis si longtemps au centre de la ligne de trois-quarts girondine, on pourrait croire que sa carrière fut un long fleuve tranquille. On oublie qu’il a vécu lui aussi des moments difficiles, qui nous rappellent que la vie d’un joueur professionnel consiste aussi à jouer avec ses douleurs, c’est un revers de la médaille que le grand public préfère ignorer.« J’ai connu une blessure qui a couru sur trois saisons, une pubalgie. Elle m’a valu deux opérations. » Il était revenu au printemps 2015 juste pour le fameux barrage européen face à Gloucester. Sans ces ennuis, il serait déjà sur les bases du record de Hugh Chalmers et ses 200 matchs bordelo-béglais. Parions qu’il le titillera un jour.

Jérôme Prévot
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