La fièvre Jaune et Noire

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Ce n’est plus une légende : à La Rochelle on vit rugby autour des Jaune et Noir. Cette semaine, pour la réception de Toulon, chaque supporter s’est préparé à sa manière avant de rejoindre Marcel-Deflandre. Nous sommes partis à la rencontre des « fadas » du Stade Rochelais, dont la passion n’a rien à envier à celle des Varois.

À La Rochelle, le club de rugby fait partie de la vie quotidienne. Il est partout. Présent aussi bien sur les voitures que sur les vitrines de magasins, l’écusson du club s’affiche en devanture, aux quatre coins de la ville. Avec la réception de Toulon qui se profile, les aficionados du Stade rochelais sont prêts à enflammer le stade, et la cité. Comme un défi avant de recevoir le RCT, ce cousin de la Méditerranée bouillant, bruyant et qui, par certains aspects, ressemble tant aux supporters maritimes. À l’image des Bagnards rochelais, les principaux supporters du club. Si la rencontre officielle est programmée samedi à 20 h 45, les fameux Bagnards ont décidé d’ouvrir les hostilités bien avant l’heure. Jack Coulon, qui est entré chez les Bagnards en famille avec ses parents, son frère et ses neveux il y a cinq ans déjà, vient de prendre la tête de l’association. Il campe le décor : « À notre grande surprise, les Fadas toulonnais viennent d’annuler leur venue à La Rochelle car ils n’étaient pas assez nombreux. » Autant dire que cette annulation, au dernier moment, touche le président : « C’est vraiment dommage car nous avions sollicité un sponsor pour qu’il prête des minibus aux Toulonnais. Ce sont des supporters avec qui l’entente est vraiment cordiale. Chaque année, nous allons les accueillir à la gare… Alors, cette année, la rencontre aura un goût différent. » Les Bagnards avaient même prévu, pour l’occasion, un pique-nique sur l’esplanade des parcs en compagnie des Fadas à partir de 13 heures agrémenté par la suite de chants aussi bien toulonnais que rochelais dans la ville. La communion avant le match, où chacun se recentre autour de ses couleurs. « Une fois dans le stade, c’est différent. On soutient chacun notre équipe », avoue le président. Malgré le forfait des Fadas, les Bagnards tiennent à maintenir cette escapade en ville avant la rencontre, estimée primordiale pour la cohésion des supporters mais aussi un moyen précieux d’arriver tous ensemble aux abords de Marcel-Deflandre à l’ouverture des portes.

Un menu spécial match

Et pour ceux, qui n’auront pas le courage de suivre les Bagnards dans les magnificences de LaRochelle avant la rencontre, ils pourront se rendre à la Corniche où tout commencera, dès 19 heures. Ce bar a pour habitude d’accueillir supporters, mais aussi membres du Stade rochelais de par sa proximité du stade Marcel-Deflandre. Ici, les soirs de match, David, le gérant du bar, a décidé d’instaurer un menu spécial « match » : « L’idée m’est venue quand, un soir de match, le restaurant était plein à craquer et que je n’avais plus que des glaces vanille à proposer en dessert à mes clients. » Aujourd’hui, le fameux menu unique propose deux choix, dont un lié à l’adversaire que reçoit le Stade rochelais. Samedi soir, à la carte de la Corniche, un duel avant l’heure sera donc proposé : le pavé de merlu (côté rochelais) affrontera le poulet aux olives (référence à la Méditerranée et au RCT). Pour les desserts, aucun duel à la clé, à part peut-être entre la mousse au chocolat et la crème brûlée pour choisir entre le noir et le jaune, les deux couleurs prédominantes du club maritime. Le tout sur fond musical avec la fanfare familiale, la « band’à la Corniche », qui a pour habitude de rythmer les avant-matchs. Autant dire que du côté de La Rochelle, tout est prêt pour accueillir les valeureux Toulonnais. Et chaque protagoniste le reconnaît. « Lorsque l’on reçoit une grosse équipe, on sent chez les supporters une ferveur différente », déclarait le président des Bagnards. Différente certes mais toujours aussi forte. Sans manquer de respect aux autres écuries, les Rochelais savent se préparer pour les grands évènements. C’est peut-être ça aussi qui fait la force des supporters maritimes et qui permet depuis maintenant douze fois d’affilée en Top 14 de remplir le stade Marcel Deflandre jusqu’à la dernière place. Entre les tambours des Bagnards, les « Ici, ici c’est La Rochelle », les « Ola » lancés depuis la tribune Atlantique, tous les ingrédients seront réunis encore samedi soir pour passer un moment de feu à Deflandre. Et n’en déplaise à la coutume, au coup de sifflet final, après le tour d’honneur des joueurs, les supporters pourront, pour leur plus grand plaisir, s’adonner aux fameux selfies d’après-match sur la pelouse avec leurs joueurs préférés. Et si les journaux ne volent pas à la fin du match dans ce stade, malgré tout samedi soir, les supporters toulonnais qui auront fait le déplacement, et les supporters rochelais ne feront sans aucun doute qu’un. Des similitudes dans leur ferveur et leurs attitudes, qui promet une affiche haut en couleur aussi bien sûr qu’en dehors du terrain.

 

Par Jessica Fiscal, envoyée spéciale à La Rochelle

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