Cros au révélateur

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    Cros au révélateur
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Désormais installé dans la rotation d’Ugo Mola, le jeune François Cros passera un test grandeur nature, ce dimanche.

C’était il y a déjà plus de deux ans. En juin 2014, François Cros était capitaine de l’équipe de France des moins de 20 ans et préparait ses soldats à la Coupe du monde de la catégorie, en Nouvelle-Zélande. Dans ses pas, Baptiste Serin, Arthur Iturria, Yacouba Camara ou Xavier Mignot. Rien que ça. Lovés au Mercure Sensoria de Saint-Lary-Soulan, les Bleuets nourrissaient leurs ambitions et Cros, au jeu de l’interview, acceptait déjà de se projeter. « Je suis bien au Stade toulousain et j’ai envie de m’y imposer chez les professionnels. mais je ne ferai pas comme tous ces jeunes Français qui voient défiler les saisons dans des grands clubs, sans jamais avoir leur chance. Je veux jouer et si ce n’est pas le cas dans les dix-huit mois à venir, je n’hésiterai pas à partir. En Pro D2 s’il le faut. Un jeune a besoin de temps de jeu. » À mi-chemin entre ses craintes et ses espoirs, le troisième ligne aura donc dû attendre deux longues années avant d’avoir véritablement sa chance. Celle-ci vient désormais.

Faut-il vraiment recruter ?

Pour se faire une place dans le vestiaire toulousain, pas facile. Cela fait pourtant quatre ans qu’il effectue la préparation d’avant-saison avec le groupe professionnel. Cros avait le talent, il lui a fallu apprendre la patience. La concurrence au Stade toulousain impose cela, une fracture à l’avant-bras gauche, en 2015, l’a renforcée. Il lui a aussi fallu accepter de changer de poste. Numéro 8 de formation, le Toulousain n’évolue, en professionnel, qu’à l’aile de la troisième ligne. Le physique a ses raisons que sa raison ignore et en 2016, un joueur de 1,90 mètres pour 99 kilos ne passe pas le « cut » au couloir.

Sorti du chapeau la saison dernière, Cros compte désormais pour un dans l’effectif toulousain et enchaîne enfin les rencontres. Ce sera le cas ce dimanche, à Clermont après sa prestation remarquée face à Grenoble. « Il va bien ce jeune, hein ! Je l’aime bien, lui. Il se déplace, il a de bonnes mains et il s’envoie en défense. Je l’ai trouvé excellent aujourd’hui », rendait hommage Jackman à l’issue de la rencontre. Sans lui faire injure, son paquet d’avants très (trop ?) léger avait facilité la tâche aux Toulousains. Ce dimanche, à Clermont, Cros passera un test grandeur nature, face à un adversaire calibré deux divisions au-dessus. Cros a tout pour réussir. Si c’est le cas, on commencera sérieusement à penser que le Stade toulousain, qui cherche à recruter le successeur à Thierry Dusautoir, a déjà tout ce qu’il faut en magasin.

Léo Faure
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