Segré , un ballon entre les murs

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    Segré , un ballon entre les murs
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La collaboration du club de Segré avec la maison d’arrêt d’Angers a produit une réussite de laquelle devrait naître un évènement exceptionnel.

Le milieu carcéral n’est pas a priori l’endroit où peuvent être spontanément organisées des actions de propagande autour du thème rugby. Il n’empêche que de temps à autres, des établissements pénitentiaires sont le théâtre de manifestations sportives invitant le rugby à faire la démonstration de ses valeurs éducatives. Le plus souvent, les détenus sont demandeurs. Ce fut le cas, il y a quelques années, lorsque l’Agenais Philipe Sella était intervenu à la prison de Mauzac, en Dordogne, où une équipe de rugby avait vu le jour à l’intérieur des hauts murs de grillages. Au pénitencier de l’île de Ré, des opérations ont intégré le ballon ovale. Plus récemment, à la maison d’arrêt de Gradignan, en banlieue bordelaise, les détenu(e)s des quartiers hommes, femmes et mineurs ont été convié(e)s à participer à un concours d’affiche. Le jury à forte connotation rugby (Joël Martin, Francis Coup, Guy Accoceberry, Yves Appriou et votre serviteur) a élu l’affiche qui a servi à illustrer la campagne de l’Association Française du Corps Arbitral Multisports (AFCAM) sur le thème du fair-play. Un autre exemple de ces collaborations à but humanitaire nous vient d’Angers, et il mérite une attention particulière. De fait, depuis le mois de septembre dernier, une convention a été signée entre la maison d’arrêt de la ville et le club de Segré dans le Maine-et-Loire. Chaque mercredi matin, Wilfrid Pasquier, responsable de l’école de rugby de Segré et surveillant pénitentiaire de profession, anime une séance rugby avec une quinzaine de détenus. « Au sein de la maison d’arrêt, raconte l’éducateur segréen, j’ai mis en place sur mes jours de repos, en partenariat avec le comité départemental du 49, une activité rugby à toucher puisque nous ne bénéficions pas de terrain en herbe. Le programme prévoyait cinq séances avec des personnes détenues volontaires. Il en est ressorti un groupe de 14personnes assidues auxquelles nous avons enseigné les règles et les valeurs de notre sport. »

 

Un vrai match à 7

La sixième et dernière séance a pris des allures d’évènement avec la participation, en dépit de l’éloignement, du troisième ligne du Stade Nantais Frédéric Barrais et du pilier briviste Damien Jourdain. Wilfrid Pasquier a été très sensible à cette amicale présence : « Damien et Frédéric ont pu faire profiter les personnes détenues de leur expérience et leurs connaissances. Ils ont pratiqué dans la bonne humeur. L’expérience est un vif succès puisque, à la demande des personnes détenues, un projet d’activité permanente rugby est à l’étude entre le club de Segré et la direction Interrégionale. » Emballé par la réussite de ce genre d’initiative, le chef d’établissement a donné son avis favorable au projet exceptionnel de Wilfrid Pasquier qui souhaite, à partir de janvier prochain, créer une équipe à 7 qui sortira une fois par mois s’entraîner sur un vrai terrain. La dernière séance serait consacrée à un vrai match contre une équipe locale. Le tout sous le parrainage du CD 49. La terminaison du périple angevin de Jourdain et Barrais a été douce. L’après-midi, ils ont animé les exercices d’une centaine d’enfants des écoles de rugby de Segré et Château-Gontier en se prêtant de bonne grâce aux demandes de photos et dédicaces. Et ce grand écart les aura enrichis.

 

Par Gérard Piffeteau

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