Duane Vermeulen « Le RCT doit entrer dans l'ère Dominguez » (2/2)

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    Duane Vermeulen « Le RCT doit entrer dans l'ère Dominguez » (2/2)
Publié le , mis à jour

Deuxième partie - Au cours d'un long entretien accordé à Midi Olympique, Duane Vermeulen s'est confié sur son retour à la compétition, son départ pour la sélection alors que Toulon disputait les phases finales du championnat, la crise qui touche le rugby sud-africain, son capitanat ou encore le match qui attend le RCT face aux Saracens.

Récemment, Juan Martin Fernandez Lobbe vous a décrit comme le meilleur numéro huit du monde et comme un coéquipier exemplaire. Qu'en diriez-vous ?

Vous savez, c'est un mec incroyable. Quand je suis arrivé à Toulon, c'est le premier qui m'a aidé : que faire, où rester, où aller manger, vraiment tout. Il a même emmené ma femme à l'hôpital, donc vous savez il m'a beaucoup aidé et je le respecte énormément, en dehors comme sur le terrain. C'est un excellent joueur, un leader. C'est vraiment bien d'évoluer à ses côtés, et c'est quelqu'un de spécial. J'apprends beaucoup de lui.

 

Diego Dominguez vous a désigné capitaine lorsqu'il a pris en charge l'équipe. C'était quelque chose d'important pour vous ? 

Honnêtement, je ne sais pas pourquoi c'est moi qui ait été désigné par Diego. Mais c'est une responsabilité énorme ! Être capitaine de Toulon, ça veut dire qu'il faut assumer le palmarès, les grands joueurs passés par le club et également les illustres capitaines qui ont mené le RCT. C'est un grand honneur pour moi d'avoir été désigné capitaine par Diego. A Toulon les précédents capitaines se nommaient Joe van Niekerk ou Jonny Wilkinson, alors je vais tout faire pour être à la hauteur de cet héritage.

 

Vous n'avez pas peur des responsabilité que ça incombe ? 

Vous savez je n'ai pas vraiment eu le choix. Diego m'a dit que j'étais capitaine, et j'ai accepté la responsabilité. Maintenant, je ne suis pas quelqu'un qui parle beaucoup mais sur le terrain j'aime bien montrer l'exemple. Donc je joue du mieux possible, et ainsi j'espère transcender mes coéquipiers. Vous savez il n'y a rien de mieux qu'un gros plaquage pour faire avancer l'équipe. Je pense être plus un leader de terrain que de vestiaire.

 

Il existe deux Duane Vermeulen : l'un très rude sur un terrain, l'autre très calme en dehors. Qui est le vrai Duane Vermeulen ? 

J'aborde la vie avec légèreté. En dehors du terrain, je suis quelqu'un de tranquille et d'accessible, je pense être assez drôle. Je ne m'enferme pas dans ma maison, j'aime le contact et je parle beaucoup avec les gens. En revanche c'est vrai que si quelqu'un tente de me rendre fou, je m'énerve facilement. Mais je suis quelqu'un d'heureux, j'aime sourire et être un bon gars.

 

En neuf saisons de Super Rugby (109 matchs), vous n'avez pris que trois cartons jaunes. Pensez vous que vous êtes disciplinés, ou simplement discret vis-à-vis des arbitres ?

(Rire) Les cartons ce n'est pas quelque chose d'habituel pour moi. Depuis le début de ma carrière, j'ai toujours joué avec la limite. Parfois c'est difficile, mais il faut savoir respecter l'arbitre. Lors de chaque match je le teste lors des premières minutes. Je me mets à la limite une fois, deux fois, jusqu'au moment où l'arbitre m'avertit. A ce moment je me dis "ok, ça c'est la limite" et j'essaye de ne pas la franchir.

 

Que pensez-vous du projet du RCT cette saison?

Beaucoup de mecs ici ont énormément de respect pour Bernard Laporte, mais moi je ne l'ai cotoyé qu'un an. Je ne le connais pas très bien et même s'il a fait énormément de très bonnes choses avec le club, il est parti et le RCT doit entrer dans l'ère Dominguez. Ce sont de nouveaux coachs qui ont pris la tête du club, l'équipe et les joueurs ont changé. C'est un nouveau départ pour Toulon.

 

Un nouveau départ, mais il y a déjà énormément d'attente...

C'est vrai qu'il y a beaucoup d'attente autour de l'équipe, mais nous devons avancer pas à pas. Avant de parler de performances, le groupe doit se forger un caractère. Je pense que pour nous c'est un beau challenge. Diego est un super coach, très agréable. Il est très impliqué, et j'apprécie sa façon de coacher. Et maintenant, avec l'arrivée de Mike Ford, il va apporter un nouveau style de rugby. Désormais, il va falloir trouver l'équilibre entre le rugby français et la pointe de rugby britanique apportée par Mike Ford. C'est très enrichissant.

 

Êtes-vous pressé de retrouver la Champions Cup ? 

C'est un gros défi, surtout que nous affrontons le champion en titre d'entrée de jeu. Au moins ça nous mettra directement dans le bain. C'est positif de commencer face aux Saracens, car ça nous permettra de nous jauger. Sont-ils meilleurs ? Ce sont les champions en titre et ils font des choses exceptionnelles, mais nous avons les armes pour les contrer. Nous sommes chanceux de jouer à Mayol et c'est très important pour nous de démarrer par une victoire.

 

Que représente pour vous la Champions Cup ? 

La Coupe d'Europe prouve chaque saison que le rugby français est au niveau du rugby anglais. Pour nous, c'est très important de bien figurer dans cette compétition. Ça permet de montrer que le rugby français se porte bien.

 

Samedi vous affronterez Billy Vunipola. Que pensez vous de ce joueur ? 

C'est un super joueur ! Il est costaud, puissant et à l'aise avec le ballon. Il permet toujours aux Saracens de franchir la ligne d'avantage. J'ai énormément de respect pour lui et je suis très content de l'affronter, ça me permettra de savoir où j'en suis. C'est toujours important d'affronter les meilleurs joueurs du monde.

 

C'est selon vous le meilleur numéro huit du monde en ce moment ? 

Le meilleur je ne sais pas. En tout cas il est dans le Top 5 !

 

Et vous ? 

Pour le moment je ne suis nul part. J'ai joué deux matchs cette saison. Je dois déjà revenir, et retrouver mon meilleur niveau, le plus rapidement possible. Si je fais un bon match face à Billy, ça me donnera de la confiance.

 

Les Saracens se sont inclinés à une seule reprise cette saison. Comment pouvez-vous les battre ? 

Vous savez ils ont une excellente attaque, mais ils ont surtout une superbe défense, avec un système très huilé. Pour nous le plus important sera de ne pas faire d'erreurs. Nous devons garder tous les ballons et imposer notre jeu. Plus nous leur imposeront de séquences, meilleurs nous serons. Et si nous arrivons à passer la ligne d'avantage, nous devons être capable de franchir la suivante. Pour nous, la chose la plus importante est de mettre la main sur le ballon. Ils n'ont perdu qu'une rencontre cette saison, ils pourraient bien en perdre une deuxième samedi.

 

Enfin, que peut-on vous souhaiter pour la suite de la saison ?

Après une saison blanche, l'objectif est de ramener des trophées sur l'étagère du club. Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti.

 

Retrouvez-ici la première partie de l'entretien.

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