Castres, euroconvaincu ou euroconvaincant ?

  • Castres, euroconvaincu ou euroconvaincant ?
    Castres, euroconvaincu ou euroconvaincant ?
Publié le

Historiquement décevant sur la scène européenne, le CO débute sa campagne à Dublin, où il ne s’est jamais imposé. Un vrai test, pour lequel il se prépare depuis de longs mois…

Posons-le d’emblée : si le Castres olympique a toujours, à l’exception de la saison calamiteuse 2014-2015, joué les premiers rôles en Top 14, il ne l’a jamais fait sur la scène européenne. Jamais, ou presque. Seule exception à cet encéphalogramme plat, la saison 2001-2002, au cours de laquelle le CO se hisse en demi-finale européenne, et affronte le Munster dans le prestigieux stade de la Méditerrannée après avoir vaincu Montferrand d’un petit point en quart. Cette année-là, un certain Ugo Mola avait inscrit sept essais dans la compétition, et Romain Teulet passé la bagatelle de 96 points, deux records qui tiennent encore dans l’histoire du club. Las, les Castrais n’avaient pas été capables de rééditer leur performance de la phase qualificative, quand ils avaient dominé les Munstermen à Pierre-Antoine 21-13. Les Irlandais s’étaient imposés 17 à 25 ? Et ensuite ? Ensuite, plus rien. Le CO ne s’est plus jamais qualifié. Pour un peu, une pareille feuille de route passerait pour du gâchis pour une formation sacrée championne de France il y a trois ans, et finaliste l’année suivante. Alors, cette disette va-t-elle se terminer un jour ? Au vrai, on l’ignore. Mais ce qui est sûr, c’est que, depuis l’année dernière, et l’arrivée du nouveau staff, le club tarnais a tout fait pour être au rendez-vous des échéances majeures et donc de la Coupe d’Europe.Avouez qu’il est toujours plus stimulant sportivement et lucratif financièrement d’accueillir le Leinster et Northampton que Newport et Trévise…

 

Ebersohn : « Pas là pour faire le nombre »

Pour se frotter aux cadors de l’Europe, le CO s’est renforcé. À plusieurs niveaux. Celui des joueurs, déjà, en ciblant des hommes disposant d’un sérieux vécu sur la scène continentale : Loïc Jacquet compte 28 rencontres européennes. Danie Kotze, 25. Horacio Agulla ? 21. Robert Ebersohn ? 16, si l’on additionne la Champions et la Challenge Cup dans laquelle il a affronté les Harlequins, Sale et Cardiff la saison passée. « À mes yeux, c’est la meilleure compétition de l’hémisphère Nord. Je suis très heureux de la jouer. Et je peux vous dire qu’ici, je ne suis pas le seul ! », pose le centre sud-africain. Le staff aussi, a été renforcé en ce sens, avec les arrivées de deux préparateurs physique disposant d’un riche vécu sur la scène continentale : Vincent Giacobbi, des Saracens, champions en titre, et Grégory Marquet, du Stade toulousain, quadruple vainqueur. Toutes les conditions étaient réunies. Il suffisait de prendre la décision : « Lors d’un stage de présaison, nous nous sommes tous réunis, joueurs et membres du staff, et nous avons fixé les objectifs. Notre réponse a été claire : on ne veut pas être là pour faire le nombre. Le Leinster est une équipe qui possède une plus grande expérience que nous en Coupe d’Europe, il n’y a photo là-dessus. Mais nous n’allons pas à Dublin avec une équipe remaniée. » Les propos de l’ancien centre des Cheetahs sont dénués de toute ambiguïté. Et même si ce dernier n’évolue pas sous les couleurs castraises depuis des lustres, il a parfaitement saisi l’ampleur de l’opportunité qui se présente à lui : « Castres ne s’est pas qualifié depuis longtemps. Si nous parvenions à le faire, nous écririons une page de l’histoire du club. » Le livre du CO est grand ouvert. Les joueurs n’ont plus qu’à prendre leur plus belle plume, pour prouver ainsi qu’ils ne sont pas simplement euroconvaincus, mais aussi euroconvaincants.

Simon Valzer
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?