Toulouse, rythme ou blues

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    Toulouse, rythme ou blues
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Incapables de se hisser physiquement au niveau d’exigence du gratin européen depuis deux saisons, les Haut-Garonnais espèrent voir de nouveau leur travail payer ses fruits cette année. À ce titre, le test offert par le Connacht en guise d’entrée en matière constituera un parfait révélateur.

Deux ans. Deux ans déjà que les Toulousains ne sont plus sortis des poules de la Coupe d’Europe, compétition dont leur dernière participation aux demi-finales remonte au 30 avril 2011 (défaite face au Leinster, 32-23). Deux ans de disette dont les Toulousains espèrent, cette année, avoir tiré les leçons. «C’est vrai que ces dernières années, ce n’est pas facile pour notre club, pour nos supporters et pour nous-mêmes d’ailleurs, parce que perdre ne fait pas forcément plaisir, assure le centre Gaël Fickou. Mais on sait ce qu’il nous a manqué l’année dernière pour passer le cap et on sait ce qu’il nous faut maintenant pour faire mieux cette année. » Et pour mieux faire, le premier objectif des Toulousains consistera à franchir un cap mental dans l’approche de des rendez-vous européens, abordés de manière presque trop « classique » la saison dernière. « Ce n’est pas qu’on n’en parlait pas sérieusement, mais, dans le discours, on sent une évolution, une volonté de ne pas banaliser ces matchs, pointe le vice-capitaine Florian Fritz. Cette saison, l’accent a vraiment été placé sur cette compétition. »

 

Différence d’approche mentale… et physique

Des propos confirmés par le manager Ugo Mola, qui avait d’ailleurs courageusement assumé l’échec toulousain la saison dernière. « Le constat, c’est que nous n’avons pas réussi l’an dernier à changer de disquette au moment voulu. Sur le plan du rythme, de l’arbitrage et du jeu, tous les paramètres ou presque sont différents du Top 14 en Coupe d’Europe, à un niveau entendu comme supérieur. C’est juste de tout ça dont il faut s’imprégner. Alors, sans se taper la tête contre les murs avant les entraînements, on demande aux joueurs d’élever leur niveau de concentration, d’application, un peu comme lors des semaines où les internationaux ne sont pas là. » Ce qui passe, nécessairement, par des entraînements différents des semaines ordinaires. « Sans entrer dans les détails de notre cuisine interne, nous avons procédé à de petits ajustements depuis la semaine dernière, souffle Mola. Nous avons pris ce parti de considérer ce bloc de trois matchs comme différents des autres, afin que la transition ne soit pas trop dure à négocier. » Reste que tout ne saurait — heureusement — se circonscrire aux entraînements. Car c’est bien sur le terrain que les matchs se gagnent et se perdent… Or, depuis quelques saisons, si Toulouse peine à franchir le cap entre Top 14 et Coupe d’Europe, c’est particulièrement au niveau du rythme, où le parti pris de la puissance enclenché depuis le Brennus 2012 ne suffit plus. Toulouse péchant, en gros, par une trop faible capacité de déplacement et de résistance sur les séquences longues, ainsi que ne le cache pas Mola. « On sait très bien qu’en Coupe d’Europe, le temps de jeu effectif peut osciller entre 37 et 40 minutes tandis qu’en Top 14, on atteint parfois péniblement les 34, mais on ne dépasse parfois pas la demi-heure. Du coup, nous nous sommes préparés en conséquence pour faire face à ce qui nous attend. »

 

Le lobbying de Pat Lam

Or justement, le Connacht constituera à ce titre la meilleure des mises en bouche… « Les Irlandais sont capables de tenir le ballon sur 3, 4 minutes, explique Fritz. Si on ne cède pas physiquement, nous pourrons les mettre à mal mais il s’agira d’abord d’encaisser de longues phases de jeu en défense, sans craquer comme cela a pu nous arriver ces dernières saisons. » Une donnée qui a incité le staff de Mola à une préparation physique qui semble, pour l’heure, payer, Toulouse présentant la meilleure défense du Top 14. Le saut dans l’inconnu consistant, tout simplement, à la transposer au niveau supérieur. « Le paradoxe, cette saison, c’est que nous encaissons pas mal d’essais à zéro passe alors que plus les actions durent, plus nous parvenons à nous montrer imperméables, souligne Mola. Les seules fois où cela est arrivé, contre Toulon ou le Stade français, c’était dans des contextes particuliers, sur des fins de matchs dont l’issue était entendue. Mais j’espère qu’au Connacht, nous trouverons les défenses pour relever ce défi du rythme. » Un rythme que les Irlandais ont bien l’intention d’emballer, la rumeur faisant état que le manager du Connacht Pat Lam s’est ému dans la semaine auprès des officiels de match de la tendance des Toulousains à prendre un peu trop leur temps pour se mettre en place en touche. Lobbying délateur ou pas, le match est bel et bien lancé…

Nicolas Zanardi
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