Coles, est-ce un extraterrestre ?

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    Coles, est-ce un extraterrestre ?
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Le numéro 2 des Blacks est devenu une attraction du rugby mondial. Il court comme une gazelle et fait des passes aussi bonnes que celles de Codorniou.

Puisque c’est là que tout se passe désormais, il faut se jeter sur la vidéo qui circule sur Facebook : « Coles, hooker or utility back ? » Elle propose un concentré de tous les exploits du talonneur des All Blacks et des Hurricanes. Des sprints, des passes, des courses jusqu’à plus soif. Évidemment, ce n’est pas le premier talonneur-coureur de l’histoire : il y a eu Jeremy Paul pour l’Australie, Shalk Brits pour l’Afrique du Sud et, bien sûr, Keith Wood (15 essais tout de même) pour l’Irlande évidemment, plus quelques autres. Mais Dane Coles a poussé le curseur à des sommets himalayens. Jamais on avait ressenti cette impression de vitesse chez un joueur de première ligne et pas seulement sur quelques actions ou sur quelques matchs. Il fait partie intégrante de l’arsenal offensif néo-zélandais.

Une explosion sur le tard

Après 45 sélections, il a déjà marqué 8 essais. Mais les statistiques disponibles ne comptent pas les passes décisives. De toute façon, ces chiffres ne donnent pas un aperçu correct de la palette de ce joueur au profil extraordinaire. Dane Coles a fait partie de ceux qui ont accédé au niveau international après le titre de 2011, en même temps que Sam Whitelock ou Julian Savea. Il avait déjà 26ans et seulement deux ans de Super Rugby derrière lui avec les Hurricanes, comme si l’accession au niveau professionnel avait été plus ardue que le fait de s’y maintenir en multipliant les exploits.

À 29 ans déjà, il donne une telle impression de légèreté quand le jeu s’emballe qu’on se demande comment il fait pour assumer les rôles basiques d’un talonneur et notamment en mêlée ?Ancien entraîneur adjoint des Highlanders, Marc DalMaso ne connaît pas particulièrement le joueur mais il nous aide à comprendre le phénomène. « Oui, c’est très étonnant et très difficile à comprendre. Mais les mêlées de l’hémisphère Nord et celles du Sud ne sont pas les mêmes. Les mêlées sudistes sont très collectives alors que les nôtres sont tournées vers le défi individuel.Leur rugby, en général, n’est pas non plus tout à fait le même. Je pense que son pouvoir d’accélération ballon en main peut se retrouver au moment de l’impact entre les deux premières lignes. »

Un lanceur exceptionnel

Ceci dit, les mensurations officielles du joueur l’annoncent à 109kg. C’est assez pour tenir la route dans l’affrontement direct, même s’il s’est étoffé depuis deux ou trois ans. En 2013, quand il fut opposé au Sud-Africain Bismarck Du Plessis et ses 114 kg, la différence de gabarit était flagrante à l’œil nu. Dane Coles a donc bossé dans les gymnases depuis, sans perdre son agilité et sa vélocité. Et puis, on allait oublier de le dire : la presse néo-zélandaise s’est extasiée cet été sur l’efficacité de sa touche, la propreté des conquêtes et l’efficacité routinière du lanceur. Ce ne fut pas toujours le cas par le passé (surtout en 2009, année noire). Dane Coles est donc également un lanceur exceptionnel… Il fait le vide autour de lui.

Jérôme Prévot
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