[TECHNIQUE] Défense : alterner pour récupérer

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    [TECHNIQUE] Défense : alterner pour récupérer
Publié le , mis à jour

Si les systèmes défensifs n’ont jamais été aussi élaborés qu’aujourd’hui, alternant en permanence entre montées glissées ou inversées, c’est tout bonnement dans le but d’exploiter des ballons de récupération, qui demeurent les meilleurs...

À force de parler d’alternance en matière de rugby, on en viendrait parfois à oublier pourquoi celle-ci s’avère essentielle. Voilà pourquoi il faut prendre pour argent comptant la déclaration faite la semaine dernière par Steve Hansen, sélectionneur des All Blacks, en passe de devenir définitivement la plus grande équipe de tous les temps. « Notre truc, c’est d’obliger l’adversaire à cogiter en permanence, pour gagner le ballon lorsqu’il le possède, afin que son jeu ne devienne plus instinctif, affirmait le boss des doubles champions du monde. Quand on doit réfléchir à ce que l’on fait, cela ralentit.. Et lorsqu’on parvient à imposer cette pression à l’adversaire, il commence à faire des erreurs. »

Situation du ballon et rapport de force

« Obliger l’adversaire à cogiter en permanence. » Cela passe, évidemment, par les phases de conquête, la première défense consistant d’abord à priver l’adversaire de ballon ou du moins de les lui pourrir. Mais surtout par la capacité de la défense à alterner les formes de montées, afin de perturber l’attaque jusqu’à la forcer à l’erreur. Comment ? Tout dépend, en réalité, d’une foule de paramètres. La situation du ballon sur le terrain, en premier lieu, puisque plus le ruck sera situé près de la touche (obligeant l’attaque à utiliser le côté ouvert), plus la défense pourra monter de manière agressive. Évidemment, la réciproque est vraie, qui veut que plus le ruck sera situé au milieu du terrain (permettant deux côtés d’attaque), plus la défense glissée sera privilégiée. Les autres paramètres ? Ils résident dans la vitesse de sortie de balle et le rapport de force entre attaque et défense. En clair, après un plaquage réalisé au-delà de la ligne d’avantage, les défenseurs pourront se permettre de se consommer dans le ruck pour gratter ou gagner la balle à la poussée. En revanche, en cas d’avancée de l’attaque, il sera surtout recommandé de reformer la ligne sans se consommer… Le type de montée étant, dès lors, dicté aussi bien par les surnombres que par la position sur le terrain. En clair, en cas de sous-nombre, on défendra d’autant plus en pointe que l’on se situera près de la ligne d’en-but. La consigne, lorsque l’espace derrière soi le permet, consistant prioritairement à glisser pour « rattraper les coups » et pousser l’attaque vers la touche.

Exigence dans la pression

Tout ça peut paraître très scolaire, bien sûr. Sauf que la force d’une grande défense, comme celle des Blacks ou des Saracens, réside dans la rapidité d’exécution et l’exigence de chaque joueur à remplir ses tâches. On parle ici de l’efficacité au plaquage, bien sûr, ou bien de la capacité à contester les ballons au sol. Sauf que toutes qualités individuelles ne sont rien à côté de la capacité d’une équipe à respecter précisément un système et surtout à faire preuve d’une terrible exigence dans la pression imposée à l’adversaire. Preuve en est que les Blacks ont perdu après la Coupe du monde leur milieu de terrain Carter-Nonu-Smith ainsi que Richie McCaw et demeurent toujours les plus solides du monde ! D’ailleurs, plus de la moitié de leurs essais inscrits dans le dernier Four-Nations proviennent de ballons récupérés ou contrés…

Nicolas Zanardi
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