Un tournoi pour Ryan Dupuis

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    Un tournoi pour Ryan Dupuis
Publié le , mis à jour

En juin prochain se déroulera la quatrième édition du tournoi de Rugby à vii « Ryan SeveN’Z » en l’honneur de Ryan Dupuis, ancien joueur de Lormont, disparu en 2013.

Une rencontre sur les bancs d’un collège, une amitié devenue indéfectible tissée au fil des années passées à arpenter les terrains sous les couleurs de Lormont en banlieue bordelaise. Ryan Dupuis et Paul Guerreschi ne se quittaient plus, jusqu’à ce que le sort en décide autrement. Le 17 mai 2013, Ryan est fauché à vélo par un camion à Bordeaux. Il y laissera la vie à seulement 21 ans. « La perte de ceux qu’on aime, c’est bien dur ! Mais l’oubli, c’est pire que tout ! ». Alors que la quatrième édition du tournoi Ryan SeveN’Z est en passe de naître, la célèbre citation de George Sand ne pouvait mieux refléter la pensée de Paul Guerreschi : rendre hommage à son ami par un tournoi annuel et perpétuer sa mémoire. « J’avais énormément d’estime pour lui et beaucoup d’admiration. Nous étions très proches, c’est quelqu’un qui n’a pas eu une vie facile mais qui gardait toujours le sourire. Aujourd’hui encore, c’est rageant, difficile pour moi d’évoquer cette triste date. Le lien intime qu’il y avait entre nous m’a poussé à créer cet événement pour qu’on ne l’oublie pas ».

Trois premières réussites

Paul a aujourd’hui 24 ans et poursuit ses études, en Master Staps développement territorial et gestion du sport. Il a continué le rugby et joue à Floirac, un petit club de la région bordelaise qui a accueilli, sur son terrain, les trois premières éditions du tournoi. « Nous avions besoin d’une association, donc d’un club de rugby pour le mettre en place. Les dirigeants de Floirac nous ont prêté leur terrain et généreusement mis à disposition des bénévoles pour que tout se déroule de la meilleure manière possible ». Le grand lancement fut une réussite. « Les gens qui connaissaient Ryan ou qui avaient joué avec lui ont monté des équipes, nous avons réussi à ramener un peu de monde. Les joueurs et spectateurs ont été réceptifs et ce fut un bel événement ». Ce qui lui permit, toujours avec l’aide de Floirac, d’en faire un tournoi récurrent, ouvert à toutes les équipes, avec pour seule obligation que les joueurs soient licenciés à la FFR. « Les recettes de la buvette allaient au club mais nous partagions celles des repas de midi. Grâce à cela, ainsi qu’à l’aide de partenaires, j’ai pu mettre de l’argent de côté et monter une deuxième édition ». Puis une troisième, le 18 juin dernier, où douze équipes se disputaient le titre. Il faut dire, qu’en trois ans d’existence, le tournoi a beaucoup évolué. Au point que Paul Guerreschi l’envisage ailleurs que dans le club qui lui a tant donné. « Il a connu une belle évolution, c’est vrai, mais il faudrait que le tournoi s’exporte pour accueillir davantage d’équipes. Un seul terrain, comme à Floirac, ce n’est plus suffisant. Il y a de plus en plus de demandes et j’ai peur de devoir dire non à des équipes. Ce serait perdre l’objectif premier de l’événement, à savoir rendre hommage à Ryan ».

Pérenniser les tournois

Comme un nouveau retour aux sources, la quatrième édition est en cours de préparation et pourrait se dérouler à Lormont, « là où tout a commencé », au mois de juin. Paul et les siens ont créé, en février dernier, Impala Seven, une association qui a pour but de disputer des compétitions à VII… Et d’en organiser. Ainsi, il n’aura plus à passer par une association, ni à lier le tournoi à un club, ce qui tôt ou tard aurait dû arriver. « J’ai rencontré le président mercredi dernier et je veux absolument que le tournoi reste indépendant. Il doit garder sa singularité et n’être dédié qu’à une seule personne… ». De nouveaux objectifs sont à prévoir : la réception de seize équipes séparées en quatre poules, qui disputeront leurs matchs sur les deux terrains du club. Preuve que le tournoi attire, les espoirs de l’UBB auraient déjà toqué à sa porte. Il prévoit de créer, encore, un ou deux matchs d’exhibition de rugby à VII féminin. « De même, j’aimerais ne pas avoir à faire cela mais il est possible qu’il y ait, à l’avenir, une sélection par niveaux. Afin d’éviter les scores fleuves et que tout le monde s’amuse : certaines équipes sont composées d’amis de Ryan, ce sont amateurs. Quand tu rencontres les espoirs d’un club professionnel cela peut-être très compliqué… (rires) ». Un projet qui demande à Paul Guerreschi beaucoup d’investissement. Et de nouveaux moyens : pour celui à venir, il table sur 5 000 euros de budget d’organisation. « La restauration et les buvettes seront à nos frais. Nous voulons aussi créer, pour la première fois, une soirée de clôture ». Pour ce faire, il peut compter sur le soutien de deux partenaires fidèles, des recettes des tournois précédents et s’est lancé, la semaine dernière, dans une campagne de financement participatif sur sponsorise. me, le leader européen de crowdfunding sportif.

Effet boule de neige ?

L’interface « Par Amour du Rugby », sur le site de la Société Générale, il y est tombé dessus presque par hasard : « J’avais déjà pour projet, il y a deux ans, de lancer une campagne de financement participatif. J’en avais entendu de bons échos, mais je n’avais pas été au bout des choses. L’idée m’est revenue et, alors que je cherchais comment faire sur internet, je suis tombé sur l’ensemble des projets rugby qu’ont déjà traités sponsorise. me et Société Générale ». Il s’est décidé, avec plus de sérieux, à tenter l’aventure. « Cela m’a demandé beaucoup de travail en amont, mais j’ai été très bien encadré. Nous avons fixé un objectif de 1 500 euros qui, je l’espère, devrait me permettre d’arriver à mes fins ».

Après quelques jours de lancement sur la plateforme, il avait déjà 250 euros de dons. « Plusieurs personnes, qui sont impliquées dans la vie du club de Floirac, ont donné. Je leur en suis particulièrement reconnaissant mais le but de cette campagne est d’intéresser des gens que je ne connais pas et qu’ils aient envie de nous aider parce qu’ils sont touchés par notre démarche… ». La communication sur les réseaux lancée, espérons pour lui que ce sera le cas. Et qu’il ait la chance d’observer « l’effet boule de neige » qui se produit quand une campagne de financement participatif est bien menée. « J’aimerais vraiment que ce tournoi perdure, cela me tient à cœur. Et j’en profite pour remercier, encore une fois, les joueurs qui ont participé à une des éditions ainsi que les bénévoles qui nous ont aidés à leur fonctionnement ». Et que, tous ensemble, portent à nouveau le tee-shirt floqué du 4, le numéro de Ryan Dupuis lorsqu’il était joueur…

Par Guillaume VERDIER

Si vous souhaitez faire un don pour le Ryan SeveN’Z,

rendez vous sur :

www.sponsorise.me

(rubrique rugby, projet Ryan SeveN’Z : tournoi de rugby à VII pour lui)

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