Du Plessis, le disque d'or

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    Du Plessis, le disque d'or
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Absent sur blessure en début de saison, le Sud-africain, qui faisait partie des révélations de l’an dernier, fait un retour au premier plan.

« J’ai toujours été grand mais j’étais tout maigre quand j’étais gamin.Je me suis étoffé pendant mes années de lycée. » C’est le moins qu’on puisse dire.Et si Jacques Du Plessis n’est toujours pas le plus impressionnant physiquement avec ses 119 kg pour 2,01 m), il fait partie des joueurs les plus durs du championnat. Un roc, qu’il fait rarement bon de rencontrer sur le pré.C’est l’une de ses principales forces : le Sud-Africain ne recule jamais.Pour être honnête, personne ne s’attendait à ça quand il a débarqué à Montpellier à l’été 2015, dans l’anonymat le plus total. Alors âgé de 22 ans, il était attendu comme l’une des nombreuses recrues de son compatriote de technicien, Jake White. Et il a, à l’instar de son coéquipier en deuxième ligne Paul Willemse, explosé la saison dernière. Blessé lors d’un match amical au mois d’août, il a été absent au début du championnat et disputera seulement sa quatrième rencontre de la saison dimanche contre le Leinster (il sera présent même s’il a été ménagé en début de semaine en raison d’une douleur au genou). Malgré le recrutement d’un certain Konstantin Mikautadze à l’intersaison, il fait toujours partie des plans du staff. Plus que jamais.Il faut dire qu’il est revenu en forme, comme il l’a encore confirmé en effectuant une prestation majuscule le week-end dernier à Northampton. Le colosse blond était, pour l’occasion, aligné en troisième ligne aile, son poste de formation.Sa préférence, aussi, même si ce n’est pas forcément celle de Jake White : « C’est difficile pour un coach de le faire jouer troisième ligne.Vous voulez savoir pourquoi ?Parce que compte tenu de son profil, tu as un quatrième flanker sur le terrain si tu le titularises dans la cage. »

 

Pas sélectionnable en équipe de France

Il est vrai que Jacques du Plessis possède, en plus de son impact physique sur le plan physique, une mobilité précieuse pour un joueur de son gabarit.Très utilisé sur les ballons lents pour redynamiser le jeu (aux côtés de Qera, Spies ou Willemse), il s’illustre aussi comme un infatigable soutien. Un athlète, au sens propre du terme. S’il joue au rugby depuis son plus jeune âge, ce fils de fermiers a aussi été un des plus prometteurs lanceurs de disque d’Afrique du Sud.Au point de participer aux Jeux du Commonwealth. « J’ai même été sacré champion olympique junior à Singapour.J’avais 17 ans. » C’est finalement la balle ovale qu’il a choisie quand il a intégré la province des Bulls, à 19 ans. Après trois saisons et une trentaine de matchs de Super Rugby, il a pris le parti de venir tenter un pari en France. Étonnant ? « Vous savez, il y a beaucoup de jeunes talentueux en Afrique du Sud et il n’y a pas de la place pour tout le monde là-bas alors ils partent, explique Jake White, qui l’avait repéré depuis un moment alors qu’il était encore lycéen. C’est déjà ce qu’il s’était passé avec Pieter De Villiers ou Brian Liebenberg. Si on prend l’exemple de Jacques, il est de la même génération que Lood De Jagr, Steph Du Toit ou Eben Etzebeth, qui compte déjà 50 sélections avec les Boks. Difficile de se faire une place, donc l’option de venir jouer en France était intéressante pour lui. » Pari payant. Au point de faire partie des tout meilleurs deuxième ligne du championnat. Comme Paul Willemse, à qui certains prévoient un avenir en équipe de France, Jacques Du Plessis pourrait-il devenir Bleu un jour, à l’instar des Spedding, Le Roux et autres Kockott ? La réponse est non. Contrairement à De Villiers ou Liebenberg, le Sud-Africain ne pourra jamais être sélectionné dans le XV tricolore .Il a en effet porté le maillot des moins de 20 ans sud-africains à cinq reprises en 2013. Or, la Saru a changé ses règlements à cette date justement : les joueurs retenus avec les Baby Boks ne peuvent désormais plus autorisés à défendre les couleurs d’un autre pays que l’Afrique du Sud.

Emilie Dudon
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