• Tulle, un Sporting en souffrance
    Tulle, un Sporting en souffrance
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La vie des clubs

Tulle, un Sporting en souffrance

Repêché administrativement à l’intersaison, le Sporting est à la recherche d’un premier succès. Malgré cette dernière place, les Corréziens n’ont nulle intention d’abdiquer.

Qu’évoque le Sporting Club tulliste ? Pour certains, c’est une photo sepia, une tunique bleu marine, des patronymes tels que Claude Merckx, Jean-Claude Bérejnoi, Michel Yachvili, Daniel Orluc, etc. qui ont façonné l’histoire du club de la Préfecture corrézienne à une époque où le rugby n’était pas professionnel. Les réceptions dans le légendaire stade d’Alexandre Cueille étaient tout sauf une sinécure pour les visiteurs dominicaux. L’époque dorée du rugby tulliste est désormais dans la mémoire des anciens comme ce mémorable quart de finale 1980 à Clermont-Ferrand face à Brive où le drop de l’ouvreur briviste, Jean-François Thiot dans les prolongations a écarté les Tullistes du dernier carré face au Stade toulousain.

Actuellement, le quotidien sportif du Sporting, c’est le premier échelon fédéral, celui de l’élite amateurs où après quatre journées, il pointe à la dernière place avec un passif de zéro succès dont deux échecs à domicile face à Valence-d’Agen et Rodez. Et sur le plan comptable, il ne compte qu’un point au classement. Déjà, la saison passée, les Corréziens avaient frisé la correctionnelle. Neuvièmes de poule du précédent championnat, ils étaient normalement conviés à évoluer en Fédérale 2. Or, au cœur de l’été, la mise en liquidation de Libourne a sauvé administrativement le Sporting de la relégation. Finalement, après quatre rencontres officielles, il est à se demander si cette indulgence fédérale n’a pas été un bien pour un mal ?

Un seul contrat professionnel

« La Fédération nous a repêchés administrativement. C’est le signe que, sur le plan financier, le club est sain et stable, confie l’entraîneur Vincent Dessemont en poste depuis six ans. En revanche, sur le plan sportif, nous sommes dans le dur, en souffrance. Ce n’est pas compliqué à expliquer. Nous avons appris assez tard notre repêchage. Au sein du groupe dirigeants et membres de l’encadrement, nous avons préparé un groupe pour évoluer en Fédérale 2 et non pas pour l’élite amateurs. Le temps nous a fait défaut pour bien mettre en place cette saison. Nous avons contacté des joueurs au profil intéressant, mais ils avaient déjà signé avec d’autres clubs. »

Le Sporting souffre. Mais, ce n’est pas pour autant qu’il songe à un avenir en Fédérale 2. « La saison est loin d’être terminé, ajoute Vincent Dessemont. Le groupe est peut-être fragilisé par cette spirale de défaite mais il n’a nulle intention de jeter l’éponge. Il va lutter pour obtenir le maintien. Nous avons la chance d’avoir un groupe uni, des joueurs solidaires. À chaque entraînement, les absents sont rares. Ceci dit, ce début de saison manqué nous interroge. Nous disposons d’un budget de 750 000 euros, un seul joueur est professionnel, le deuxième Mickael Passaportis. À la fin de saison, il va falloir se poser les bonnes questions. Avec notre budget, notre mode de fonctionnement, notre vraie place est-elle en Fédérale 1 ? » En attendant, le championnat continue. Le 29 octobre, les Tullistes accueilleront Saint-Sulpice-sur-Lèze, un concurrent direct pour le maintien. Ce jour-là, ils sont obligés de décrocher leur première victoire sous peine de vivre une suite de saison très compliquée.

Didier Navarre
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