[DOSSIER] Doucet : « Redonner les lettres de noblesse aux amateurs »

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Publié le , mis à jour

Les trois candidats à la présidence ont répondu chacun leur tour aux mêmes questions. Les réponses d’Alain Doucet.

Par-delà le Grand Stade qu’est-ce qui vous différencie de vos adversaires ?

Par rapport à Pierre Camou, j’ai une approche plus participative du fonctionnement de la FFR ; je veux aussi une réforme de certains de nos règlements. Je pense aussi que le monde professionnel n’est pas une continuité du monde amateur. Pour moi, les deux univers sont totalement différents. Par rapport à Bernard Laporte : j’ai une approche différente de la gouvernance de la FFR. Je compte m’appuyer sur les comités territoriaux. Je ne suis pas non plus d’accord avec la façon dont il conçoit les rapports FFR-LNR. Pour moi la Ligue doit être un partenaire de la Fédération, elle ne doit pas être sous sa tutelle.

Est-ce qu’il appartient au président de la FFR de limiter le nombre d’étrangers ? Si oui, que comptez-vous faire ?

Sur cette question des étrangers, d’autres fédérations se cassent les dents. Les clubs sont des sociétés commerciales. La loi ne permet pas de limiter le nombre de salariés étrangers. Après, la notion de Jiff est intéressante, si elle est bien appliquée. Mais pour le secteur professionnel, nous sommes dans le monde professionnel, pas dans le monde associatif. Pour le secteur amateur, c’est différent. Si, comme on me le demande, la FFR ne gère que des équipes qui fonctionnent sur le mode associatif et non via des SAOS ou des SASP, on pourra changer les règlements.

Notre formation est sujette à polémiques. Comment évoluer ? Que faut-il changer ?

L’idée maîtresse, c’est qu’il faut différencier les éducateurs des entraîneurs. L’éducateur est là pour s’occuper des jeunes de moins de 14 ans et leur apprendre les gestes techniques de base, pas pour s’occuper des équipes. Notre technique est en train de s’échapper car les jeunes pratiquent la « championnite », même avec l’équipe de poussins de la plus petite école de rugby. Chez les jeunes, nous privilégions l’équipe au détriment du joueur. C’est un point très important à revoir. Par ailleurs, il faut que la FFR se penche davantage sur les équipes adolescentes, cadettes et juniors et même les Crabos, car on ne sait pas trop ce qui s’y passe. Il faut aussi avoir une meilleure approche des rapports entre la formation de la FFR et celle des clubs professionnels. Ne pas opposer les pôles espoirs et les centres de formation par exemple. Je veux aussi mettre en place une équipe de France espoirs. Je veux réformer le pôle France de Marcoussis. Je ne veux plus une cohorte de trente gamins, mais une formation par postes.

Sur quoi vont se jouer les élections ?

Les élections vont se jouer sur la capacité des candidats à mobiliser les clubs. Tout le monde n’a pas les moyens de venir voter à Marcoussis. Nous revenons sur l’éternel problème du vote par procuration. Si les gens ne peuvent pas s’exprimer vraiment librement comme nous le voudrions, nous sommes moins sûrs de faire changer les choses.

Comment financez-vous votre programme ?

Déjà, nous espérons faire des économies sur le projet du Grand Stade. Nous allons l’arrêter et ça représente quand même cent millions d’euros même s’il y aura des dédits à payer. Pour l’instant, nous ne les connaissons pas exactement. Il n’y a que Pierre Camou et Paul De Klerk qui peuvent répondre à cette question. Nous répartirons la somme qui restera selon la loi des quatre quarts : fédération, clubs, comités, écoles de rugby. Nous ferons aussi des économies sur certaines dépenses inutiles. Nous sommes en train d’y réfléchir. Mais je ne suis pas dans l’impérieuse nécessité de vendre le maillot de l’équipe de France.

Votre mesure phare pour le rugby amateur ?

Je veux redonner ses règles de noblesse au rugby amateur. Il faut comprendre aux gens que participer à un championnat amateur, c’est formidable et que l’accession au professionnalisme n’est pas une nécessité absolue. Il faudra aussi diminuer les contraintes qui pèsent sur la vie des clubs : supprimer la règle du forfait général chez les jeunes, la réaffiliation, la question de timbres de membres honoraire, les obligations qui pèsent trop sur les équipes féminines.

Jérôme Prévot
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