Herjean, comme un symbole

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    Herjean, comme un symbole
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Par son envie et son courage, l’Audois symbolise le renouveau d’une formation qui recommence à enchaîner les victoires.

Janvier 2015. Reprise de l’entraînement. Le RCNM est bon dernier de Pro D2 avec seulement cinq succès en quinze matchs. Afin de provoquer un électrochoc, Justin Harrison, le manager de l’époque, décide de confier le brassard de capitaine à un jeune joueur de seulement 23 ans : Étienne Herjean. Formé à Toulon, le troisième ligne a débarqué dans l’Aude la saison précédente. Titulaire au poste de numéro 8 depuis le début de saison, Herjean est apprécié de son coach et de ses coéquipiers. Mais la responsabilité semble grande pour celui qui n’a qu’une saison et demie de Pro D2 à son actif. « Ce n’était pas évident, à 23ans d’être désigné capitaine parce que j’étais encore un jeune joueur », raconte Étienne Herjean. Mais l’assimilation du rôle vient naturellement au fil des matchs. « J’ai été très bien entouré par les cadres de l’équipe. J’avais l’habitude, avant les matchs, d’être dans ma bulle. Là, tout est devenu différent puisque tu ne t’occupes plus seulement de ton match. Tu dois être présent pour tes coéquipiers. Mais c’est venu naturellement. »

 

« Chaque année, il est en progrès »

Depuis, l’ancien Toulonnais n’a plus lâché le brassard. Que ce soit sous l’intérim de Chris Whitaker et, dernièrement, sous le management de Christian Labit. Et le rôle ne semble plus trop lourd à porter. « Il franchit sans cesse les étapes, détaille Christian Labit. Chaque année, il est en progrès. Il est important dans le vestiaire. Il est écouté et, surtout, il se distingue par son investissement sur le terrain. Avec son intelligence, il est capable de mobiliser tous les joueurs autour de lui. » Et Étienne Herjean a dû mobiliser en ce début de saison. Auteurs d’une entame de championnat très difficile avec notamment une série de quatre défaites consécutives, les Narbonnais se sont retrouvés dans la zone rouge. L’ancien entraîneur de Carcassonne a donc adapté le rôle de son numéro 8. « Émotionnellement, la situation lui pesait un peu. J’ai donc repris le dessus au niveau de la gestion des hommes. Ceci dans le but de le laisser s’exprimer pleinement sur le terrain. » Un changement approuvé par le joueur, auteur dans la foulée de son premier essai cette saison : « Le coach a libéré le groupe. Il prend plus la parole ce qui me facilite la tâche. Dans le vestiaire, je n’ai plus qu’à ajouter quelques mots. »

 

Intelligent sur le terrain et en dehors

Herjean, quelque peu libéré, a alors emmené dans son sillage tous ses coéquipiers. Résultat, trois victoires de rang et un bond en dehors de la zone rouge. Le capitaine narbonnais étant même désigné homme du match lors de la dernière victoire des siens face à Mont-de-Marsan (34-15). Malgré la série, ce grand gaillard d’un mètre quatre-vingt-dix-neuf ne s’enflamme pas. « Au vu de notre début de saison, on ne peut pas se permettre d’évoquer de la fin de saison. Il faut rester humble et d’abord s’éloigner de la zone de relégation. » Une humilité et une intelligence qui fait dire à Christian Labit : « J’aime le garçon. Sur le terrain, il fait parler sa vitesse et sa force. C’est un des grands numéro 8 du ProD2. Il va jouer rapidement en Top 14. En dehors du terrain, il est intelligent, ouvert et exemplaire. C’est le capitaine idéal. » Rien que ça.

 

Par Kevin Saccani

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