Etcheto : « On attend ce match référence ! »

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    Etcheto : « On attend ce match référence ! »
Publié le , mis à jour

Match charnière face au champion de France. Dans une position délicate, l’Aviron est encore confronté à une équipe de fort tonnage. Et la trêve du Top 14 ne l’a pas rassuré.

Ce début de saison ressemble à un calvaire avec la réception des six premiers de l’an passé…

C’est un début de saison aux occasions manquées. Plus ça avance, plus nos chances s’amenuisent. Les quatre prochains matchs seront déterminants. On a rencontré, certes, un Toulon pas prêt, un Montpellier pas au top. Et avec Castres, c’est contre ces trois équipes-là qu’on a produit nos meilleurs matchs. Est-on meilleur contre les formations de ce calibre-là ? À Pau, on fait vingt minutes intéressantes et on prend ce carton jaune qui fait tourner le match. Contre Lyon, on se tire une balle dans le pied et à Grenoble, on explose sur les fins de mi-temps. On s’est fragilisé. On n’a pas eu de chance non plus. On a perdu la confiance de l’an dernier.

 

Et vous ne l’avez pas récupérée avec la Challenge Cup…

Cette Coupe d’Europe n’est pas importante au niveau des résultats. Mais elle ne nous a pas rassurés. Je suis déçu. Certains joueurs auraient pu se relancer. On est parti avec 40 joueurs en début de saison. On s’aperçoit que l’on n’a pas un groupe de très haut niveau. Du niveau du Top 14. Le groupe n’est pas aussi complet qu’on l’aurait voulu. On a 27-28 joueurs qui sont au niveau. On n’a pas, c’est sûr, 35 joueurs comme les huit ou neuf premiers. L’erreur a été de faire tourner l’effectif. Tout le monde n’était pas prêt. La différence est grande entre le Top 14 et le Pro D2. Et pourtant, face à Toulon, on a joué avec un effectif issu du Pro D2. On traverse une période où l’on voit tout en négatif. Pour le moral, ce n’est pas génial. On se pose davantage de questions. A-t-on le niveau ?

 

Allez-vous resserrer le groupe ?

Non, je fais confiance aux joueurs. Certains ne sont pas au niveau parce qu’ils relèvent de blessure ou qu’ils ont encore des lacunes. Si l’on n’a que le but de tourner, on affaiblit le rendement. Pour évoluer en Top 14, il faut le mériter. On n’a plus le temps de mélanger l’effectif. Il faut faire le choix de la performance.

 

Ce match face au Racing, vous avez eu le temps de le préparer. Cela change-t-il quelque chose dans l’approche ?

L’échéance est quand même vite arrivée. On a préservé les cadres, on ne le cache pas, pour affronter le Racing. On travaille avec eux. On s’est posé de questions. On a échangé avec les entraîneurs. La vérité jaillira samedi. On attend ce match référence. On ne l’a pas eu contre Toulon. Jusqu’ici, on a pris trop d’essais, la conquête a été défaillante. On a aussi produit des séquences qui auraient dû nous amener plus d’essais. Tout n’est pas à jeter. Quand tous les morceaux du puzzle seront enfin réunis, on sortira la tête de l’eau. Mais on en doit s’en prendre qu’à nous-mêmes. On doit provoquer la réussite, être plus fiable en conquête et garder notre esprit d’entreprise.

 

Vous êtes-vous remis en question dans vos entraînements ?

On manque de constance dans l’intensité. Pour mettre en danger nos adversaires, on doit imprimer du rythme en tenant le ballon. Il faut arriver à le répéter. On s’attache à intervenir plus vite, à mettre les joueurs dans l’urgence, dans l’intensité.

 

Les joueurs ont-ils besoin de « réconfort » ou doivent-ils être mis devant leurs responsabilités ?

La vie est super à Bayonne. On sort d’une saison euphorique. Il faut alors sortir les joueurs d’un certain confort. J’entends aussi les critiques des gens. Il ne s’agit pas de passer du statut de rois à celui de pestiférés. Il faut rendre la fierté aux hommes, leur faire passer le refus de la défaite. À Grenoble, on a explosé sur deux erreurs. Le dernier match européen, on lâche 28 ballons. On ne peut pas accepter cela. On ne fait pas le boulot. Mais il y a un bon état d’esprit. Il faut qu’on garde notre bonne humeur. Il n’y a pas eu de huis clos. Si l’on a haussé le ton de temps en temps, les murs n’ont pas tremblé.

 

Vous sentez-vous menacé par votre hiérarchie ?

Non, mes présidents m’accordent leur confiance. Mais j’ai déjà été viré après avoir fait un travail correct… J’ai confiance en moi, en mon staff qui travaille énormément et avec lequel il y a beaucoup d’échanges. On se parle. Je ne m’inquiète pas. Je le répète, ma mission est de garder l’Aviron en Top14.

 

Que craignez-vous du champion de France ?

Tout. Ils ont, en plus, besoin de points. Ils ont des joueurs de classe. Deux équipes qu’ils peuvent aligner sans perdre de leur efficacité. Ils peuvent accélérer quand ils le veulent. Et il y a enfin Dan Carter, un joueur que j’adore. S’il joue tant mieux pour le public. S’il ne joue pas, tant mieux pour nous.

 

Par Edmond Lataillade

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