Clermont par la petite porte

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    Clermont par la petite porte
Publié le , mis à jour

Mis à mal par des Grenoblois entreprenants ainsi que par la faillite de leurs buteurs, les Clermontois peuvent s'estimer heureux de remporter une rencontre qu'ils ont bien moins maîtrisée que leurs hôtes.

LE MATCH

Les Grenoblois l'avaient annoncé avant la partie : annoncés largement perdants, ces derniers souhaitaient pénétrer sur la pelouse de Marcel-Michelin sans pression, avec la saine intention de donner de l'ampleur au jeu à la moindre occasion. Et ces derniers ont fait honneur à leur parole, profitant certes de Clermontois plus imprécis qu'à l'accoutumée sur leur point fort de la conservation du ballon. Le problème, c'est qu'à trop vouloir jouer, on finit souvent par jouer trop.. Le FCG ne manquera pas de le regretter, puni en première période sur deux ballons égarés dans son propre camp. Sur le premier égaré par De Klerk après un renvoi aux 22 mètres rapidement joué, c'est Parra lui-même qui rattrapa la pénalité qu'il venait tout juste de manquer. Et sur le deuxième oublié dans un ruck, la forte pression des Auvergnats leur permit de récupérer une touche à cinq mètres, fructifiée par Giorgadze juste avant la pause. La morale, aussi paradoxale soit-elle ? C'est que c'est bien le FCG qui, par ses erreurs, a offert la victoire à une ASM trop heureuse du cadeau, au vu du manque de réussite de ses buteurs. On en veut pour preuve cette faute sur le renvoi qui suivait la première prise du score par les Isérois (qui permit à fernandez de rendre l'avance aux siens), ce drop de la victoire manqué de peu par Wisniewski dans le silence de Marcel-Michelin (72e), et bien sûr ces deux dernières mêlées...

 

LE TOURNANT

On jouait la 79e minute et, pour la septième fois de la partie, l'alignement clermontois venait de perdre un ballon. Sauf que celui-ci avait été égaré à quinze mètres de leur en-but... une erreur qui conduisit M. Minery à ordonner une mêlée introduction grenobloise, autant dire une balle de match. Le hic ? C'est que les Isérois ne parvinrent pas à négocier cette manne providentielle, se hasardant après une double poussée infructueuse à explorer le côté fermé, plutôt que de servir Wisniewski dans l'axe pour le drop. Il y eut bien une deuxième chance quelques secondes plus tard. Las, le centre Nigel Hunt commettait un en-avant lors de son passage par le sol. Réduisant à néant l'ultime chance de victoire des Alpins...

 

L'ACTION

À tout seigneur tout honneur, on rendra à Gio Aplon ce qui lui appartient. Pour son sixième essai de la saison (en seulement cinq rencontres), le Sud-Africain (replacé à larrière au bout d'un quart d'heure de jeu après la sortie de Gengenbacher) fut à l'origine et à la conclusion d'une contre-attaque éclair menée de main de maître par Waqa, Wisniewski et Farrell, le bon travail des deux derniers nommés le long de l'aile droite (et notamment l'accélération de l'ouvreur, ornée d'une feinte de passe) envoyant leur « try scoring machine » à dame sans la moindre opposition .

 

LE JOUEUR

Pour sa première en Top 14, Otari Giorgadze (lequel préfère, on se demande bien pourquoi, être appelé Otar) a attiré toutes les attentions. Et pas seulement en raison de son prénom... Omniprésent en défense, le jeune flanker géorgien a réussi le petit exploit de placer sous l'éteignoir le numéro huit grenoblois Rory Grice. D'un engagement sans faille sur toutes ses interventions (le pauvre Fabien Gengenbacher, sonné par un plaquage au bout d'un quart d'heure, peut en témoigner), Giorgadze s'est en outre permis le luxe de s'offrir un essai. Une action qui ne doit d'ailleurs rien à personne, le Lelo ramassant seul le ballon derrière un ruck pour s'affaler dans l'en-but malgré les plaquages conjoints de Fabien Alexandre et Sisa Waqa.

Nicolas Zanardi
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