Lassalle : «Toulon restera un très gros échec »

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    Lassalle : «Toulon restera un très gros échec »
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Auteur d’un retour remarqué, Thibault Lassalle se livre en toute franchise : son début de saison perturbé, l’échec toulonnais, ainsi que sa renaissance à Castres... 

Avant celle de la semaine dernière, votre dernière titularisation remontait au 26 mars dernier… Cela vous a fait quoi de débuter une rencontre ?

Un bien fou… Depuis tout ce temps, j’accumulais beaucoup de frustration en moi. Cela allait mieux depuis mon arrivée à Castres, mais j’ai eu ce problème au mollet qui m’a gêné. Sur un plan personnel, j’ai aimé faire mon retour à Toulouse, car je n’y ai connu que des rencontres âpres et accrochées même si elles ont rarement tourné en la faveur de mon équipe.

 

Comment expliquez-vous cette blessure ?

C’est de ma faute, je l’avoue. Je ne suis pas sujet aux problèmes musculaires, mais avant le match contre Pau, j’ai ressenti une pointe dans le mollet. Mais comme il s’agissait du premier match de la saison, je ne l’ai pas vraiment dit au staff. Je voulais absolument jouer, comme n’importe quel joueur qui arrive dans un nouveau club et qui sort d’une saison dégueulasse. Résultat, je me suis déchiré le mollet.

 

Cela a ajouté de la frustration ?

Bien sûr, surtout par rapport à la saison précédente qui n’avait pas été une réussite. Je voulais tellement rebasculer rapidement, reprendre du plaisir… Mais à cause de mon erreur, j’ai loupé un mois et demi de compétition, et ça m’a fait ch…

 

Vous qualifiez votre saison toulonnaise de « dégueulasse ». Avec le recul, regrettez-vous de vous être engagé avec le RCT ?

Je n’ai pas de regret parce qu’il faut replacer ceci dans le contexte : au terme de six saisons à Agen, peu de personnes croyaient encore en moi à part Christophe (Urios, N.D.L.R.) . Après ces trois belles saisons à Oyonnax j’ai estimé qu’il fallait tenter l’aventure. Si je ne l’avais pas fait, je l’aurais regretté car je n’aurais jamais su. Après, je ne me suis peut-être pas suffisamment renseigné sur l’utilisation que l’on voulait faire de moi là-bas… Avec le recul, je me dis que Mourad Boudjellal me voulait davantage que le manager. C’est ainsi, j’assume totalement : je pensais que c’était le bon choix et le bon moment, mais non. Le premier fautif, c’est moi. Et cela restera un très gros échec.

 

Avez-vous le sentiment d’avoir fait tout votre possible ?

À mon arrivée, il y avait le Mondial et quelques blessés, donc j’ai rapidement joué. Je n’avais pas l’impression d’être mauvais, ou du moins pas le sentiment. La situation était très chaotique, il manquait beaucoup de joueurs. J’ai fait un mauvais match du côté de Grenoble et cela m’a coûté ma saison. Ma mise à l’écart était logique, j’ai donc fermé ma gueule et bossé. Par la suite, malgré un total de dix-huit feuilles de match, j’ai senti que je ne rentrais plus dans les plans. J’ai alors préféré prendre les devants, et aller voir le président. Mourad Boudjellal a été très compréhensif et a facilité les choses.

 

Nombre d’Oyomen ont eu du mal à tourner la page oyonnaxienne. On imagine que ce fut pire pour vous ?

Nous savions tous qu’il serait très difficile de tourner cette page, qui fut si riche humainement et sportivement. Cela n’a pas été facile, mais ce n’est pas pour cela que je n’ai pas réussi à Toulon.

 

La présence d’anciens partenaires a-t-elle pesé dans votre décision de rejoindre Castres ?

Forcément. Je souhaitais partir, mais je voulais retrouver ce staff-là et un environnement qui me convenait mieux.

 

Comment jugez-vous le début de saison de Castres ?

Sur le plan du contenu, nous montons en puissance mais nous avons laissé beaucoup de points en route et notre classement ne reflète pas le contenu. Nous manquons de réalisme dans les moments cruciaux. Il va falloir progresser rapidement sur ce point. Le match de Toulouse l’a encore montré : à la fin, les Toulousains se demandaient même comment ils l’avaient gagné au vu de notre domination.

 

On vous a vu en grande forme à Toulouse, comment vous sentez-vous ?

Je me sens bien, je commence à trouver ma place dans le collectif aussi et tout le monde travaille bien. Je retrouve des sensations et surtout du plaisir aux entraînements. C’est le jour et la nuit avec l’année dernière.

 

Quand on compare Brive et Castres, on se dit que les deux clubs ont plusieurs points communs… Partagez-vous ce sentiment ?

Brive a toujours été le poil à gratter du Top 14 et je peux vous assurer qu’il faut l’entendre au sens d’un compliment. Ils ont des valeurs morales exceptionnelles, et figurent parmi les équipes les mieux organisées du Top 14. Ils travaillent très bien, sans faire de bruit. Ils disposent d’une grosse conquête et dès qu’ils entrent dans votre camp, Gaëtan Germain enquille au pied. C’est donc une équipe redoutable. De notre côté, nous devrons réussir à concrétiser tout l’engagement que nous mettons dans nos matchs.

 

Sur un plan personnel, qu’est ce que ça fait d’avoir un père candidat à l’élection présidentielle ?

J’ai des rapports très forts avec mon père mais je préfère rester discret sur ce sujet. En fait, je n’ai pas envie que les gens aient l’impression que je veuille les influencer ! (rires) C’est difficile à dire, mais je suis très attaché au cocon familial et la perspective d’avoir un père président me fait un peu peur… Je préfère la discrétion moi ! Bien sûr, j’ai toujours eu l’habitude qu’il y ait de l’agitation autour de notre famille. Mais aller à l’Élysée n’est pas un truc qui me fait rêver ! Mon père a des convictions très profondes et il se bat depuis longtemps. Ça, c’est une vraie fierté.

 

Comment avez-vous vécu son engagement en tant qu’adolescent ?

Cela n’a pas toujours été simple, car les gens s’intéressent beaucoup à la politique dans nos chères campagnes ! Mon père ne laissait pas indifférent, il était soit adoré, soit détesté, mais j’ai toujours réussi à faire la part des choses et je ne m’étale pas là-dessus. Les gens sentent ma réserve mais cela n’enlève rien à toute l’estime que j’ai pour mon père. 

Simon Valzer
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