Ledevedec, promesse est dite

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    Ledevedec, promesse est dite
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En 2006, Julien Ledevedec célébrait un titre de champion du monde des moins de 21 ans et s’imposait comme le plus grand espoir du rugby français à son poste… Une décennie et une traversée des déserts plus tard, il va célébrer sa première sélection en son pays. Comme titulaire et capitaine de touche.

«Guy Novès m’a dit : « Si t’es sérieux, je te récompenserai. » » Était-ce une prémonition ? Julien Ledevedec racontait, dans un portrait que nous lui avions consacré en juillet 2014, comment l’ancien manager du Stade toulousain lui avait accordé sa confiance en lui offrant un contrat, en 2006, alors le grand espoir du club venait de se briser le genou… Voilà qu’une décennie plus tard, l’histoire se répète. Au sommet de l’étage rugbystique. Le deuxième ligne de Brive a attendu ses 30 ans pour enfiler la tunique de l’équipe de France, en juin dernier en Argentine, et enfin traduire toutes les attentes placées en lui. Champion du monde avec les moins de 21 ans en 2006, Ledevedec était le plus doué et le plus prometteur de sa génération. Mais pas le plus assidu… « Julien a toujours été un joueur extrêmement à l’aise techniquement, nous expliquait Yannick Bru il y a deux ans, lui qui a été son coéquipier puis son entraîneur à Toulouse. Il possède d’excellentes mains, sent le rugby. L’inconvénient, avec des garçons comme lui, est qu’ils ne sont généralement pas les plus travailleurs. On lui demandait de hisser son niveau d’engagement physique et son investissement personnel à l’entraînement à la hauteur de sa technicité mais il avait tendance à se laisser vivre. » Procès, certes mérité, qui l’a longtemps poursuivi. Jusqu’à l’obliger à quitter son cocon formateur pour se mettre en danger dans les affres du maintien et l’enfer du Pro D2 à Brive. Là où « Lede » s’est plié en quatre pour se muer en un deuxième ligne toujours aussi talentueux mais désormais rigoureux et combattant. « ça ne vient pas du jour au lendemain, reconnaît l’intéressé. Le physique, ce n’est pas ma passion. Je suis heureux sur un terrain mais qui dit terrain, dit joug et musculation. J’essaye de me faire violence même si ça ne me plaît pas. Je bosse et j’ai comblé mon retard. » Jusqu’à retrouver grâce aux yeux de Novès, lequel l’a encore récompensé. Cette fois, Ledevedec ne l’a pas déçu. Face aux Pumas, il a rayonné et inscrit son nom dans la liste Elite du XV de France.

 

« Investis-toi et il se passera des choses »

Alors l’histoire s’écrit peut-être avec dix ans de retard mais le natif de Saint-Foy-la-Grande a dorénavant le privilège d’en être l’acteur principal. Un protagoniste qui s’est découvert l’ambition suprême. « C’était si intense de porter le maillot de l’équipe de France, nous confiait-il à son retour de tournée début juillet. En entrant, j’ai repensé à tous les moments galères que j’ai traversés. Nous étions un peu loin de chez nous et j’aimerais connaître la sélection dans mon pays maintenant. Je me dis qui si ça doit suivre, ça suivra. » Il va ainsi découvrir les Bleus à domicile. à Toulouse, là où il a grandi et effleuré ses premiers jours de gloire. Samedi, il y sera titulaire, avec le coq frappé sur le cœur. Une évidence ? Une exigence en tout cas. Flanquart en retrait, Chouly forfait, Yannick Bru s’est vu contraint d’adapter la composition de son pack et de miser sur un capitaine de touche fiable et expert. Or, l’alignement, c’est son domaine de prédilection. à Brive, où il est revenu cet été après un détour de deux saisons par Bordeaux-Bègles, il s’est imposé maître des airs et partage, avec Petrus Hauman, toutes les responsabilités dans ce secteur. Preuve de la mutation du joueur autant que de la maturité de l’homme. Dans ce même portrait qui lui était dédié en 2014, Bru, déjà en charge des avants des Bleus, prédisait à son endroit : « Il évolue bien et on a décidé de l’introduire dans le suivi pour lui adresser un signal : investis-toi et il se passera des choses. » Aujourd’hui, l’heure de Ledevedec a sonné. 

Jérémy Fadat
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