[Dossier France - Australie ] Mowen : « Les Wallabies ont changé leur façon d’attaquer »

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    [Dossier France - Australie ] Mowen : « Les Wallabies ont changé leur façon d’attaquer »
Publié le , mis à jour

En observateur avisé, le flanker de la Section paloise nous livre les clés du renouveau australien et décrypte les forces en présence.

Même si les Australiens ne se sont imposés que d’un point le week-end dernier contre l’Ecosse, quelles impressions gardez-vous de leur large victoire (32-8) face aux Gallois il y a deux semaines ?

Ils ont signé un grand match. Bien sûr, il faut relativiser ce succès eu égard à l’absence de plusieurs joueurs clés gallois tels que Faletau ou Warburton. Mais les Australiens, et surtout les avants, ont largement dominé. Ils ont développé un jeu direct, frontal et ils ont systématiquement gagné la ligne d’avantage… En mettant les Gallois sur le reculoir, ils ont ouvert des espaces pour leurs trois-quarts. Je sais qu’ils étaient frustrés d’avoir gâché deux ou trois occasions mais ils peuvent être fiers de leur match. à mon sens, cette rencontre va changer le regard que portent un bon nombre d’équipes du Nord sur l’Australie.

L’ampleur de cette première victoire vous a-t-elle surpris ?

Pas tant que cela. Historiquement, les Wallabies ont toujours fait des grands matchs à Cardiff. Je savais qu’ils seraient prêts et je me doutais que les Gallois allaient souffrir des absences. Le dernier match contre les Blacks avait déjà montré de quoi les Australiens étaient capables. Le problème, c’est qu’ils n’avaient pas pu maintenir leur effort au-delà de l’heure de jeu.

Qu’est-ce qui a changé dans le jeu australien ?

Le plus grand changement se trouve dans leur façon d’attaquer. Depuis deux matchs, ils attaquent beaucoup plus à plat. Contre l’Angleterre, en juin, ils prenaient tellement de profondeur qu’ils leur arrivaient d’attaquer en reculant ! Contre la Nouvelle-Zélande et le pays de Galles, ils n’ont pensé qu’à une chose : gagner la ligne d’avantage. En attaquant davantage à plat avec des avants positionnés plus près de la ligne de défense mais aussi en plaçant Bernard Foley plus à plat, les Wallabies n’ont jamais laissé le temps à la défense galloise de se mettre en place. Ils ont également été très précis dans leurs attitudes au sol et ont donc bénéficié de libérations rapides.

Quels joueurs vous ont impressionné ?

Je citerais les deuxième ligne Rory Arnold et Adam Coleman. à chaque fois qu’ils portaient le ballon, ils ont causé des dégâts considérables. Ils sont jeunes mais immenses. Par exemple, Rory Arnold mesure 2,09 m, c’est le plus grand joueur de l’histoire du rugby australien. Ce sont leur première année au niveau international, ils ont besoin de temps de jeu. Mais à Cardiff, ils furent les deux piliers du pack.

Parlez-nous du nouveau numéro 8, Lopeti Timani…

Il est le petit frère de Sitaleki, qui joue à Clermont. Il est tonguien mais vit en Australie depuis longtemps et joue en Super Rugby avec les Rebels. Il est arrivé à Melbourne il y a deux ans. Un excellent joueur, vraiment dense et puissant. Il a aussi beaucoup bossé, notamment en touche pour être plus complet.

Quel autre Wallaby est à suivre ?

Michael Hooper. Je trouve que l’on ne parle pas suffisamment de lui mais le boulot qu’il abat sur le terrain est colossal. C’est un joueur extrêmement important et il est de retour à son meilleur niveau. L’an dernier, les joueurs australiens l’ont désigné « joueur de l’année ». Ce n’est pas pour rien…

Comment expliquez-vous la série de sept défaites consécutives concédées par l’Australie après la finale du Mondial ?

En juin dernier, ils sont tombés sur un os en affrontant une Angleterre plus revancharde que jamais. L’équipe anglaise était totalement différente de celle du Mondial. Peut-être que l’Australie n’était pas prête à affronter un tel adversaire. Le groupe n’avait pas été réuni très longtemps et Michael Cheika avait fait appel à quatorze nouveaux joueurs. Ils avaient besoin de temps pour acquérir des repères collectifs et s’endurcir au niveau international.

La presse néo-zélandaise a récemment publié une caricature de Michael Cheika représenté en clown haineux et ridicule. Pensez-vous qu’il va s’en servir pour galvaniser son groupe ?

La rivalité entre les Blacks et les Wallabies existe depuis longtemps. Mais voilà une dizaine d’années que les Néo-Zélandais nous sont supérieurs. Vous imaginez bien que ce genre de dessin ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu… Donc, oui, je pense qu’il va s’en servir.

Michael Cheika a pourtant dit cette semaine qu’il ne lirait plus les journaux…

Il veut une équipe à son image, avec un fort caractère. Il accorde aussi beaucoup d’importance à l’aspect émotionnel et mental d’un match. Alors, je ne doute pas qu’il va utiliser tout ce qui est à sa disposition pour remonter ses joueurs.

Vous vivez en France depuis longtemps. Qui supporterez-vous ?

L’Australie, naturellement, mais je dois avouer que j’ai toujours été un grand fan du rugby français et notamment d’Olivier Magne. J’aimerais revoir le rugby que les Bleus ont joué en juin dernier contre les Argentins, avec de belles inspirations offensives.

Un pronostic ?

Je pense que l’Australie l’emportera mais de peu. Je me dis que si les Wallabies pensent affronter la même équipe que celle qu’ils ont affrontée en novembre 2014, ils risquent d’être drôlement surpris… L’équipe de France a beaucoup changé depuis et ses joueurs se seront préparés à faire un grand match.

Simon Valzer
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