Tours, tel le phénix

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    Tours, tel le phénix
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Depuis le début de saison, les Tourangeaux survolent leur poule de Fédérale 3. Leur quatrième relégation administrative n’a pas eu raison du club.

Toujours invaincu avant le derby d’hier contre Blois et déjà des confrontations remportées contre deux de ses trois poursuivants directs : l’US Tours se porte comme un charme dans son championnat de Fédérale 3. La rétrogradation administrative prononcée la saison dernière contre les Tourangeaux - 300 000 € de trou financier - n’a pas eu raison de leur activité nationale, pas plus que leurs trois précédentes rétrogradations administratives ne les avaient incités à porter leurs déficits sur la scène des dépôts de bilan, comme à Saint-Nazaire, à Chalon-sur-Saône, et dans tant d’autres clubs rayés de la carte de France.

La dernière résurrection du phénix du rugby français, il la doit à un groupe d’anciens coéquipiers. Nous étions à la fin du mois d’avril. Les joueurs de Fédérale 2 ne percevaient pas leurs émoluments, menaçaient d’une grève et demandaient du changement dans les médias. Benoit Sébillet les a entendus. Le responsable du regroupement Touraine + décrochait son téléphone et lançait des SOS. Le lendemain, dix-sept de ses anciens camarades de jeu se réunissaient autour de lui pour élaborer des propositions. Voilà comment tout est parti, d’un ras-le-bol, d’une prise de conscience de l’environnement et d’une réactivité éclair. Les nouveaux formulaient leur souhait et se faisaient élire. L’ex-président Ali Kefif et quelques autres de l’ancienne direction acceptaient de se joindre à leur action. Leur synergie a renversé la crise en situation favorable.

Le coup de main de Dubarry

Le déficit de 300 000 € ? Le nouveau bureau directeur affirme une capacité rapide à le résorber. « Nous avons déjà rassemblé 30 % de plus de ressources de partenariats que la saison dernière », assure le vice-président, Xavier Frizolle. Dans dix jours, lors de l’assemblée générale financière, ils annonceront avoir déjà remboursé 20 % de la dette. C’est allé vite, très vite. Toutes les petites mains se sont activées et dans tous les domaines. Le vice-président, responsable des bénévoles, Patrick Brault, a rassemblé ses affaires de BTP et en trois semaines, le club-house du stade Tonnelé a été refait du sol au plafond. « L’ancienne équipe a permis que le club survive, rappelle le nouveau président Benoît Sébillet. Il ne faut pas l’oublier. La nouvelle gouvernance entend remettre du lien entre tous ses licenciés et réaffirmer des ambitions sportives dans le respect total des règlements fédéraux. »

Finis les recrutements onéreux et autre dépassement de masse salariale. Les trois joueurs tunisiens ont été laissés libres. Cinq historiques ont préféré quitter le navire. Ceux qui sont restés ont accepté une baisse de plus de 50 % de leurs émoluments. On a fait revenir des jeunes. On a trouvé un partenaire qui finance les repas de la réserve les jours de match. Et c’est l’entraîneur trentenaire Julien Darthevel qui a été promu. L’ancien joueur et responsable vidéo gère tout seul l’équipe première. Les dirigeants n’avaient pas assez d’argent pour financer le deuxième poste d’un candidat compétent. Et cela fonctionne puisque son équipe est invaincue. La réserve aussi, dirigée comme en première par des anciens joueurs, Guillaume Narbonne et Mathieu Coulon. Thibaut Dubarry, le joueur pro du Racing, formé à Tours, passe une fois par mois le mercredi donner un coup de main à ces joueurs avec lesquels il a évolué. « Nous dirigeons le club entre anciens coéquipiers et eux gèrent le terrain entre eux », synthétise Sébillet. Tant que cela reste dans les clous financiers…

Par Guillaume Cyprien

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