Marseille Huveaune, ce tampon peut faire mal

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    Marseille Huveaune, ce tampon peut faire mal
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Suspendu, le club phocéen est dans l’attente suite à l’enquête du comité autour du mystère des licences. Par ailleurs, son ancien médecin, Roland Fabre, a porté plainte pour faux et usage de faux.

Le club de Marseille Huveaune est dans la tourmente. Lundi dernier, il a été auditionné par le comité de Provence. Il y a deux semaines, nous nous étions fait l’écho d’un problème de licence. Les dirigeants avaient évoqué « un oubli de tampons médicaux sur les licences ». L’histoire semble plus complexe et plus grave qu’une simple maladresse. Suite à la mutation d’un joueur vétéran au Stade phocéen en début de saison, le comité provençal constate que le joueur est déjà licencié à Marseille Huveaune. Le problème est que le joueur est parti de son ancien club et qu’il n’a pas consulté le docteur Rolland Fabre, qui a validé sa licence, comme l’indiquait le tampon sur le papier administratif. En revanche, le docteur Roland Fabre (avec un seul « l ») est bien connu au Stade phocéen.

Usurpation d’activité

Depuis 2014, son fils Jean-Philippe, pilier, joue au club, d’où il est arrivé en provenance de Marseille Huveaune après y avoir joué de 2011 à 2014. Pendant cette période, le médecin était le référent médical du club et auscultait les joueurs en début de saison, tâche qu’il a poursuivi au Stade phocéen ces trois dernières saisons. « Il auscultait tous les joueurs de toutes les catégories à titre amical mais avec le plus grand sérieux évidemment et il tamponnait les licences », précise son fils, Jean-Philippe. Prévenu de cette homonymie suspecte, le médecin décide de déposer plainte le 30 septembre au commissariat d’Allauch, pour usurpation d’identité et de qualité de médecin et faux et usage de faux, des délits respectivement punis d’un an de prison et 15 000 € d’amende et trois ans de prison et 45 000 €. « Nous attendons de connaître l’ampleur de ce qui s’est passé, explique l’avocate du docteur Fabre, Géraldine Mejean. Le rapport de l’enquête interne du comité ne devrait pas tarder. L’objectif de mon client n’est pas de poursuivre pour poursuivre. »

Après avoir disputé son premier match le 25 septembre contre Vaison-la-Romaine, Marseille Huveaune n’a pas participé aux trois journées suivantes, le temps de régulariser sa situation. L’équipe a pu retrouver les terrains le 30 octobre et a vu ses matchs repoussés. Mais il reste à connaître le fin mot de l’histoire. Au total, il y aurait environ trois cents à quatre cents licences concernées par le coup de tampon illégal, sur trois saisons. « C’est un fait regrettable que j’ai reçu en plein visage lors de ma première séance, indique le président du comité de Provence, nouvellement élu, Alain Cadéac. Je m’efforce surtout de sauver le club et les jeunes. J’ai saisi la commission des règlements et discipline, une commission mixte en est ressortie. Je laisse les membres de cette commission prendre une décision idoine aux faits constatés et révélés. »

Il reste à espérer que l’ampleur de la faute soit moins grande que les suspicions actuelles, le rugby marseillais, dont tous les clubs (Stade phocéen, Smuc, Marseille Huveaune) évoluent en Séries n’a pas besoin de ça. « J’espère que nous ne souffrirons pas trop de cette histoire », souffle un dirigeant.

Par Sébastien Fiatte

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