Lapeyre, en reconquête

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    Lapeyre, en reconquête
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Arrivé en Corrèze pour renforcer le poste d’arrière où Gaëtan Germain reste le numéro un, Benjamin Lapeyre est devenu un atout convaincant à l’aile.

Il fallait être un peu fou, ou tout du moins légèrement inconscient. S’engager à Brive pour couvrir le poste d’arrière n’avait rien d’évident en sachant l’importance de Gaëtan Germain, meilleur réalisateur de l’exercice précédent, dans le dispositif corrézien. Un arrière-buteur indispensable au CABCL puisqu’il a disputé quarante-neuf matchs de Top 14 sur les cinquante-deux possibles lors des deux dernières saisons. Un pari que Benjamin Lapeyre a tenté, avec l’envie de relancer une carrière alors qu’il se trouvait dans une impasse du côté de La Rochelle. « Avant que Brive ne me contacte, je voulais arrêter car on m’avait dégoûté du rugby. Les entraîneurs du CABCL m’ont demandé ce que je voulais. J’ai répondu que je voulais m’épanouir et prendre du plaisir. Je ne sais pas s’il fallait être inconscient pour signer à Brive où Gaëtan est très bien implanté mais je pense avoir un jeu différent du sien et je savais que je pouvais compter sur ma polyvalence. Bien sûr, je préférerais avoir plus de temps de jeu à l’arrière qu’à l’aile mais je ne me plains pas. Je reprends du plaisir sur un terrain de rugby, c’est le plus important. »

Le meilleur franchisseur

Lui qui n’avait plus goûté à un match officiel depuis février dernier est arrivé à Brive sur la pointe des pieds et des doutes dans les crampons. Ils sont aujourd’hui levés même si Benjamin Lapeyre a dû prendre des repères à un poste d’ailier où il avait simplement dépanné depuis le début de sa carrière puisqu’il n’avait été titularisé que vingt et une fois à ce poste en huit saisons passées en Pro D2 ou Top 14. « Après avoir passé six mois sans jouer, je me suis forcément posé des questions au mois d’août. Je me suis dit : qu’est-ce que je vais valoir sur un terrain ? Pourtant, je n’ai que 30 ans et j’ai la sensation d’en avoir encore sous le capot. Reprendre des coups, marquer des essais, avoir de nouveau conscience d’être un joueur de rugby à part entière a été salvateur après tant de mois de frigo. »

Condamné aux tribunes à La Rochelle, Benjamin Lapeyre a retrouvé tous les aléas du quotidien d’un joueur de rugby professionnel, goûtant même à la première convocation de sa carrière devant la commission de discipline après la bagarre à Grenoble. Mais surtout, ses performances sont de plus en plus intéressantes. Les statistiques le confirment puisqu’il est le meilleur franchisseur de son équipe, à égalité avec Gaëtan Germain (6). « En arrivant à Brive, je me suis fixé un objectif un peu personnel : je veux être un des meilleurs marqueurs de l’équipe. à moi de finir les coups. » Avec 2 essais déjà au compteur en cinq titularisations (sept feuilles de matchs), Benjamin Lapeyre est actuellement à égalité avec Arnaud Mignardi et juste derrière Sisa Koyamaibole (3) et peut logiquement penser à battre son record personnel qui remonte à la saison 2009-2010 avec quatre essais marqués sous le maillot albigeois.

« J’aime l’idée de bâtir un projet »

Autant dire que l’ancien Toulonnais est aujourd’hui heureux de ne pas avoir écouté son spleen maritime, même si le CABCL ne joue pas dans la même cour que le RCT ou le Racing : « Je suis arrivé dans ces clubs quand ils étaient au début de leur ascension. J’aime l’idée de bâtir un projet, de construire quelque chose. Quand je suis arrivé à Toulon, le club disputé la H Cup pour la première fois. Que ce soit à La Rochelle, la saison dernière, où à Brive cette année, j’ai choisi des clubs qui veulent grandir. Nous avons peut-être moins de qualités rugbystiques ici qu’à Toulon ou au Racing à l’époque mais nous avons d’autres valeurs qui resserrent un groupe. Il a envie de construire quelque chose mais si on lui dit que c’est impossible. » Une construction qui passe par un succès face à Pau ce week-end « car même si nous avons réalisé un bon début de saison, nous pouvons aller encore plus loin. Et puis l’équipe n’a plus le droit au moindre faux pas à domicile ».

Nicolas Augot
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