Bonnaire : « Je suis toujours frustré »

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    Bonnaire : « Je suis toujours frustré »
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Au moment de retrouver Clermont, Julien Bonnaire revient sur ces années en Auvergne et sur la fin de son aventure, qui lui laisse encore des regrets.

Vous avez passé huit saisons à Clermont. Qu’est-ce qui vous avait incité à rejoindre l’ASM ?

Clermont était déjà un grand club à l’époque. Ce n’était pas très loin de ma famille. Et il est situé dans une belle région. J’aime bien la nature. Cela m’a tout de suite plu. De plus, le club est très bien structuré. Il bénéficie d’infrastructures de top niveau, d’une organisation carrée. Il y avait tout pour me permettre de progresser. Je n’ai jamais regretté mon choix. Cela a été dur au début. Les charges de travail étaient complètement différentes de celles que j’avais connues à Bourgoin. Mais je me suis très vite senti très bien physiquement et cela m’a permis d’être au top les saisons suivantes.

Qu’est-ce que vous retenez de vos années clermontoises ?

Il y a beaucoup de positif. Mais il y a un peu d’amertume liée au fait que nous aurions dû décrocher plus de titres. Clermont est un grand club mais il aurait pu être un très grand club. Nous sommes passés tout près de décrocher deux ou trois titres supplémentaires. Ils auraient été mérités. Mais il a toujours manqué le petit truc qui aurait pu faire basculer les choses en notre faveur.

Avec le recul, qu’est-ce qui a manqué ?

Un peu de maîtrise sur les gros matchs. Nous faisions des fautes pendant ces rencontres que nous ne faisions pas le reste de la saison. Cela nous a souvent pénalisé. Si nous étions capables d’arriver en finale, c’est parce que nous arrivions à sortir de grosses performances. Mais il manquait toujours le petit détail.

On parle souvent des défaites en finale. Pensez-vous qu’il y avait un blocage, un stress supplémentaire ?

Non, je ne pense pas. Par exemple, lors de la finale de Coupe d’Europe contre Toulon, nous dominions largement pendant soixante minutes. Et sur une erreur, nous prenons un essai, pardonnez-moi l’expression, à la con, qui nous prive de la victoire ! Pendant une heure, nous avions cadenassé le match… Nous n’avions pas été assez froids pour maîtriser les débats quatre-vingts minutes. Une nouvelle fois, la rencontre avait basculé sur un détail…

Votre aventure clermontoise s’est terminée en 2015, en queue de poisson. Quel regard portez-vous sur votre départ ?

Je suis toujours frustré parce que je n’avais pas eu d’explications. C’est ce qui m’avait foutu les boules. Après, je sentais que je pouvais encore apporter sur les deux derniers matchs. On a décidé de ne pas me faire confiance… C’est comme ça. Je l’accepte. Mais je l’aurais mieux accepté avec des explications franches. Cela n’avait pas été le cas. C’est la raison pour laquelle j’étais amer, et que je le suis encore. Je suis assez rancunier ! (sourire) J’ai du mal à tirer un trait dessus. C’est comme ça.

Avez-vous eu l’occasion d’en reparler avec votre ancien coach ?

Non. Et je n’en avais pas envie jusqu’à maintenant. Le fait de se déplacer samedi à Clermont sera peut-être l’occasion d’en parler. Après, il y a plus grave dans la vie. Mais ça me faisait ch… de finir comme ça après huit saisons. Je m’attendais à mieux.

À Lyon, vous êtes souvent remplaçant. Vous semblez bien le vivre. Les choses sont plus claires ? Mieux définies ?

L’effectif tourne régulièrement. Je sais aussi que je ne peux pas disputer tous les matchs. Mais parfois, j’aimerais enchaîner un peu plus. Le groupe travaille bien ensemble. Les choses sont claires et je ne me pose pas beaucoup de questions.

Êtes-vous revanchard au moment d’affronter Clermont ?

Non. Cela me fera surtout plaisir de retrouver ce stade, ce magnifique public. Je n’ai que de bons souvenirs de l’ambiance sur le terrain. Le stade est fabuleux. Toute la région vit pour l’ASM et j’irai là-bas avec grand plaisir.

Vous attendez-vous à un accueil spécial de la part du public ?

Je ne sais pas. Ils n’ont jamais oublié les anciens. Ils sauront être là mais ils vont surtout supporter les « Jaunards ». Les Clermontois sortent de deux matchs moyens. Cela va être compliqué pour nous. Mais nous nous déplaçons sans pression. Après ce match, nous serons en vacances. Il faut tout donner !

Jouer ce match dans une période de doublon peut être un avantage ?

Peut-être. Il leur manque une dizaine de joueurs. Cela paraît abordable que s’ils avaient toute l’armada. Mais il y a encore du beau monde. Bayonne a gagné mais évoluait à domicile. Nous sommes capables de faire de belles choses. Nous allons essayer de nous lâcher.

Par Sébastien Fiatte

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