Nyanga : « Juste une illusion »

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    Nyanga : « Juste une illusion »
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Avec la finesse qui est la sienne, le flanker du Racing, Yannick Nyanga, balaye les sujets d’actualité de son club . Entretien.

Quelle opinion avez-vous du FC Grenoble ?

Il faut voir le FCG comme une équipe n’ayant plus rien à voir avec celle du début de saison. Grenoble a récupéré ses forces vives et, à mes yeux, elle est avant tout l’équipe ayant failli s’imposer à Clermont voici quinze jours (21-20, N.D.L.R.).

Si vous deviez citer trois joueurs clés de Grenoble, quels seraient-ils ?

Je n’aime pas trop entrer dans ce jeu-là. Le rugby n’est pas le basket ou le foot. L’individu n’y est pas roi. Pour que Rory Grice, Gio Aplon ou Charles McLeod brillent, il faut bien que les autres bossent.

Le rugby international bat actuellement son plein. Trouvez-vous étrange de ne pas être à Marcoussis, en ce moment ?

Je ne raisonne pas comme ça. L’équipe de France n’est pas un dû et Guy (Novès) doit le leur rappeler tous les jours, à Marcoussis. Le défi de Grenoble est assez grand comme ça.

À 32 ans et quarante-six sélections, vous n’avez toujours pas annoncé la fin de votre carrière internationale. Pourquoi ?

Très peu de joueurs sont en droit de le faire. Que Richie McCaw, Fabien Pelous ou Dan Carter annoncent leur sortie de scène, je l’entends tout à fait. Moi, je n’ai pas leur carrière. Je ne me vois pas dans cette catégorie de joueurs là.

Dimitri Szarzewski, votre meilleur ami, a lui aussi annoncé la fin de sa carrière internationale…

Dimitri compte quatre-vingt-trois sélections en équipe de France et les rares fois où il n’a pas été en équipe de France, c’est parce qu’il était blessé… Quand Dimitri Szarzewski annonce la fin de sa carrière, ça a du sens.

Qu’avez-vous pensé du premier match des Bleus, face aux Samoa (52-8) ?

C’est bon, c’est frais, ça fait du bien. L’équipe commence à ressembler à ce qu’est Guy Novès et c’est une bonne chose. Mais lui ne sera satisfait qu’au jour où l’un des capitaines de l’équipe de France soulèvera le Trophée Webb-Ellis…

Combien de temps jouerez-vous encore au rugby ?

Je ne sais pas. Il y a des moments où je me dis : « C’est la fin, j’ai mal partout ! » et d’autres où je me sens en super forme, comme c’est le cas actuellement. Mon corps et ma tête dicteront la suite.

Que ferez-vous néanmoins, au premier jour de votre retraite ?

Je serais incapable de couper brutalement avec le rugby. Je pratique ce sport depuis l’âge de 5 ans et n’imagine pas m’en défaire du jour au lendemain. Entraîner ? Pourquoi pas. Je passe actuellement mes diplômes à Marcoussis. Mais je ne sais pas encore si ça me plaira, si je m’épanouirai dans ce rôle-là… En fait, je veux juste avoir plusieurs cordes à mon arc, histoire d’avoir le choix du roi lorsque mon heure viendra.

Vous avez passé dix saisons à Toulouse, une ville où les rugbymen du Stade toulousain sont des demi-dieux. Comment vivez-vous le relatif anonymat dans lequel vous êtes plongé dans les Hauts-de-Seine ?

Je le vis bien parce que j’ai toujours été convaincu que tout ça - les autographes, les photos, les gens qui t’arrêtent dans la rue - n’était qu’une illusion. Parce qu’on vient chercher ce que tu représentes, pas ce que tu es. Le jour où tu ne le représentes plus, tu disparais aussitôt, les gens t’oublient. Je le constate avec quelques potes ayant dernièrement arrêté leur carrière. Certains te disent que ça prend six mois, d’autres qu’il faut un an… Moi je crois qu’une fois l’été passé, personne ne sait plus qui tu es. Mis à part pour des mecs comme Zidane ou Carter, la reconnaissance est éphémère. C’est juste une illusion.

À quoi ressemble la vie de tous les jours, pour un joueur du Racing ?

Dans le quotidien du Racing, il faut être beaucoup plus dur, beaucoup plus exigeant envers soi-même. Parce que l’attente s’arrête ici à ton coach et ton président. À Toulouse, tout le monde est au courant de ton programme du week-end et on te fait gentiment comprendre que réussir ta mission est important pour la réputation de la ville, pour l’image de la communauté. La pression commence là.

Marc Duzan
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