Ecosse, c’est la folie Huw Jones

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    Ecosse, c’est la folie Huw Jones
Publié le , mis à jour

Depuis son doublé face aux Wallabies, on ne parle plus que de Huw Jones en Ecosse. Dire que cet anglo-saxon a porté le maillot national sans jamais avoir joué au pays.

Celui-ci, on ne l’avait pas vraiment vu venir. Pour sa première à Murrayfield, le centre écossais Huw Jones a marqué deux essais contre les Wallabies, deux essais qui n’étaient pas tout faits, loin de là, quand il a reçu le ballon. Il y a gagné le titre d’« homme du match » malgré la (très courte) défaite et le plaisir de se retrouver au centre de toutes les conversations. Va-t-il récidiver contre les Pumas qui, forcément, seront prévenus ? Déjà, sa sélection tient aux hasards de sa naissance. Il a bien vu le jour à Édimbourg en 1993, mais dans une famille anglaise. Son père était enseignant dans un établissement local. Il a grandi en Angleterre où il a fréquenté l’école de Millfield dans le Somerset, grosse « usine » à champions britanniques. Il y a croisé ou suivi, entre autres, Jonathan Joseph, Mako Vunipola ou Chris Robshaw. Mais personne n’aurait parié sur une carrière internationale pour Huw Jones.

C’était un bon joueur mais son talent n’avait pas attiré les sirènes des sélectionneurs des équipes de jeunes ou des responsables de centres de formation. À 18 ans, en 2012, ses études secondaires terminées, il mit le cap sur… Le Cap pour une année décontractée en Afrique du Sud. Il trouva quand même sa place dans l’équipe de l’université locale à qui il offrit la Varsity Cup sud-africaine en 2014 en marquant l’essai victorieux. Il reçut, dans la foulée, une proposition des moins de 21 ans de la Western Province et sa vie bascula.

Toujours sous contrat avec la Western province

Ce que personne n’avait vu en Angleterre sauta eux yeux de tout le monde en Afrique du Sud. Huw Jones se retrouva vite en équipe une de la Western Province pour jouer la Currie Cup et même dans le groupe des Stormers en lice en Super Rugby à partir de 2015. Son pedigree a fini par alerter la Fédération écossaise, toute heureuse de pouvoir mettre la main sur un tel talent dont, apparemment, aucune sélection ne voulait. Vern Cotter l’a appelé pour la tournée au Japon en juin dernier, un choix de dernière minute, provoqué par la blessure Finn Russell, l’ouvreur de Glasgow.

Cinq mois plus tard, Cotter se félicite de lui avoir offert une cape à Tokyo pour vingt-deux minutes car, depuis, la cote de Jones n’en finit pas de monter en flèche. En juillet, il marqua quatre essais en un seul match de Super 18 des Stormers contre les Kings puis il a terminé la saison de Currie Cup dans la peau du meilleur marqueur de son équipe (7 réalisations).

Huw Jones fut donc sélectionné uniquement sur son lieu de naissance, sans le moindre lien avec une franchise ou un club écossais. Et rien ne dit que ça va changer car Jones est toujours sous contrat avec la province du Cap qui coiffe aussi les Stormers. Son lien court jusqu’en octobre 2017. La Fédération écossaise s’est renseignée car, historiquement, tous les joueurs sudistes recrutés pour jouer sous le maillot du Chardon ont toujours signé immédiatement pour Édimbourg ou Glasgow. De plus, la Western Province est aux prises avec de gros troubles financiers. Elle a mis en liquidation sa branche commerciale, ce qui a fait planer la menace du démantèlement des Stormers. La SRU a cru pouvoir récupérer Huw Jones gratuitement. Mais les patrons de la franchise du Cap ont mis les choses au point : les deux équipes professionnelles continueront leur existence, quoi qu’il arrive.

Des rumeurs de transfert proposé par la SRU ont tout de suite couru. Huw Jones n’a rien dit mais son agent a indiqué que son poulain se sentait très bien en Afrique du Sud. Si rien ne change et si Jones est convoqué pour le Tournoi des 6 Nations, les Stormers pourraient être obligés de libérer Huw Jones en plein Super Rugby au nom du fameux article 9. Du jamais vu.

Jérôme Prévot
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