Irlande - Nouvelle-Zélande, sanglante revanche

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    Irlande - Nouvelle-Zélande, sanglante revanche
Publié le , mis à jour

Battus à Chicago voici quinze jours (40-29), les All Blacks se sont promis une revanche face à l’Irlande. Ce deuxième acte s’annonce épique.

«Nous avons pincé l’ours. Je m’attends désormais à ce qu’il morde… » Joe Schmidt, l’homme ayant offert au rugby irlandais une victoire historique face aux All Blacks le 5 novembre dernier (40-29, à Chicago) est conscient que le match retour s’annonce mille fois plus difficile que le premier acte, disputé en terre yankee. Invaincus depuis dix-huit rencontres jusqu’à ce qu’ils ne croisent la route des Diables verts, les champions du monde ont particulièrement mal vécu la claque américaine et, à peine le match terminé, le boucher des Blues, Jerome Kaino, twittait ceci : « Bravo, l’Irlande. On se retrouve le 19 novembre, à Dublin. » Tout un programme…

Né dans la province du Waikato, néo-zélandais pur jus, Joe Schmidt sait à quel point chaque défaite des Tout Noir peut ébranler ce micro-pays de quatre millions d’âmes. Il poursuit : « à Chicago, j’ai longtemps parlé avec Kieran Reid, le numéro 8 des All Blacks. J’ai toujours eu beaucoup de respect pour lui. Il m’a fait comprendre à quel point il était douloureux d’être le capitaine d’une équipe néo-zélandaise vaincue. Au coup de sifflet final, il préparait déjà la revanche. » Bizarrement, les Irlandais semblent particulièrement confiants avant de recroiser la route des hommes de Steve Hansen. Après avoir brisé le signe indien, après avoir mis un terme à cent onze années de défaites contre la Nouvelle-Zélande, les Diables verts jouent désormais libérés. « Cette génération fait partie de l’histoire », explique Neil Francis, ancien international, aujourd’hui chroniqueur pour l’Irish Times. « Grâce à eux, le rugby irlandais a tué son plus gros chat noir ! » Et deux fois, serait-on tenté de dire, puisqu’une poignée de temps après le triomphe de Chicago, le Munster écrasait à son tour la sélection maorie à Thomond Park (27-14).

Devin Toner : « on a dissipé le mythe All Blacks »

Pour Joe Schmidt, la mission est simple. Elle a consisté, cette semaine, à crever le nuage sur lequel s’était installé le rugby irlandais depuis quelques jours. « Pour m’aider dans cette tâche, sourit l’ancien adjoint de Vern Cotter à Clermont, je peux compter sur les images montrant Waisake Naholo (ailier des Highlanders, N.D.L.R.) transpercer notre défense. Regardez-le, il force à peine. On dirait qu’il fait un jogging. Et il frappe pourtant comme la foudre. Les All Blacks, ce sont quinze joueurs comme lui. »

Le week-end dernier, le coach irlandais a aussi profité d’un match de gala face aux Canadiens, dans un Aviva Stadium plein jusqu’à la gueule (52-21), pour mettre au repos son XV majeur, lequel devrait être aligné dans son intégralité pour la sanglante revanche de samedi soir. Alan Quinlan, ancien flanker du Munster et de l’équipe nationale, écrit dans le Times : « Je ne suis pas inquiet. Les Diables verts savent qu’ils pourront une nouvelle fois s’appuyer sur une troisième ligne magnifique. En entourant Jamie Heaslip de Josh van der Flier (Leinster) et CJ Stander (Munster), Joe Schmidt et Simon Easterby (l’entraîneur des avants) se sont dotés d’une arme fatale. Ils ont opté pour trois joueurs rapides et endurants dans un rugby international où la vitesse et la résilience sont devenues bien plus importantes que la puissance et le poids. »

Lors de leur dernière sortie, les « Irish Boks » (van der Flier et Stander sont nés en Afrique du Sud) ont fait si forte impression que rien n’assure aujourd’hui Peter O’Mahony et Sean O’Brien, de retour de blessure, de retrouver une place dans le groupe. « Peu importe notre équipe de départ, sourit le géant Devin Toner. Nous avons dissipé le mythe All Blacks. Aujourd’hui, tout est ouvert. Pour tout le monde… »

Marc Duzan
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