Sinzelle : « Je suis très indécis »

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    Sinzelle : « Je suis très indécis »
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Arrivé de Toulon en 2012, Jérémy Sinzelle s’est révélé sous les couleurs du Stade français. champion de France en 2015, il sera en fin de contrat en juin et s’interroge sur son avenir. Avec des mots bien choisis et beaucoup de franchise, il expose sa réflexion. Décision imminente.

Comment expliquez-vous les résultats décevants des dernières semaines ?

Entre les blessés et les joueurs retenus en sélection, il nous manque quand même pas mal d’éléments. Maintenant, depuis plusieurs saisons, c’est toujours la même rengaine quand arrivent les doublons avec les matchs internationaux. Ce serait bien qu’on anticipe cette problématique, qu’on prévoit peut-être un effectif un peu plus large. Ces périodes-là, c’est le bordel pour beaucoup d’équipes, mais surtout pour nous. Pour être compétitif, on ne peut pas rester sans se renforcer.

Le flou qui a régné ces derniers temps autour de l’avenir du club a-t-il pesé sur les performances de l’équipe ?

Ce n’est pas facile d’apprendre les nouvelles dans la presse. Le président Thomas Savare nous a réunis pour clarifier la situation du club. Il a exprimé son sentiment, a expliqué son projet pour l’avenir. Je l’ai trouvé assez convaincant. Maintenant, depuis quelques mois, on voit surtout des joueurs partir. Rabah (Slimani) à Clermont, Raphaël (Lakafia) à Toulon et Geoffrey (Doumayrou) à La Rochelle, ce sont de lourdes pertes pour notre effectif. En début de semaine, plusieurs joueurs ont resigné (Burban, Arias et Bosman). Ce sont des mecs importants. C’est bien pour la cohésion, pour la vie de groupe. J’espère que ça va nous libérer.

À titre personnel, vous êtes aussi en fin de contrat en juin prochain et vous avez été sollicité par d’autres clubs. Où en êtes-vous ?

Je vais être très transparent : je suis en contact avec La Rochelle et j’ai rencontré Mourad Boudjellal pour un retour à la « maison » puisque je suis originaire du Var. J’ai aussi entre les mains une proposition du Stade français. Aujourd’hui, je suis toujours très indécis. Pour moi, la priorité, c’est d’évoluer dans un club ambitieux. Actuellement, c’est compliqué à Paris. J’aimerais tellement que nos dirigeants nous envoient un signal positif, qu’on nous montre qu’on va pouvoir jouer le haut du tableau. Même si le président a été convaincant lorsqu’il nous a réunis, ce serait bien de recruter de nouveaux joueurs. Et plutôt des bons, tant qu’à faire.

Quand pensez-vous prendre votre décision ?

Très vite, pour être fixé avant de partir en vacances. Après le match de Montpellier, nous avons une semaine de congé. J’ai envie de partir l’esprit tranquille.

Qu’est-ce qui peut faire pencher la balance ?

Il y a plusieurs facteurs. D’abord, je suis très attaché au club. J’ai connu grâce au Stade français de très belles joies, notamment avec un titre de champion de France en 2015. Il y a un super groupe de mecs. Je suis très attaché humainement à ce club. Mais, je n’ai que 26 ans et j’ai encore envie de gagner des titres. Forcément, je m’interroge : est-ce que c’est au Stade français que je vais pouvoir le faire ? J’aimerais que les dirigeants nous montrent qu’ils ont aussi envie de gagner des titres en construisant un groupe compétitif. Et ne pas attendre le Tournoi des 6 Nations ou les tournées de novembre pour se rendre compte que nous sommes trop justes. Parce que pour l’instant, ça manque d’anticipation.

Le départ de Geoffrey Doumayrou pour La Rochelle dont vous êtes très proche peut-il jouer en faveur d’un départ ?

Geoffrey est mon ami. Je vais perdre ma moitié. Maintenant, je comprends et je respecte son choix. On en a longuement parlé ensemble. Le Stade français a attendu qu’il signe à La Rochelle pour lui proposer quelque chose de cohérent. C’est regrettable. Personnellement, son départ me touche et m’affecte. Mais bon, la vie est comme ça.

Le Stade français a-t-il tout de même les ressources pour éviter de revivre une saison comme l’an passé ?

Nous avons les ressources mentales pour éviter ça. Le problème, c’est que nous avons une très belle équipe lorsque tout le monde est là. Seulement, il manque toujours des joueurs. Pour affronter Montpellier, il va nous manquer un pilier gauche. À droite, notre pilier géorgien Mekilidze est blessé, Rabah est avec l’équipe de France et Alo-Emile a été opéré du dos. C’est gonflant.

Les deux prochaines échéances à domicile contre Montpellier et Bayonne peuvent-elles vous permettre de redresser la barre ?

Ce sont deux matchs pour revenir dans le haut du classement. Malheureusement, si on en perd un, on s’installera en bas de classement jusqu’à la fin de saison. On n’a pas le droit de se louper. Mais, le plus important va être de gagner à l’extérieur. On ne peut pas prétendre jouer le top 6 si on ne gagne pas à l’extérieur. Pour l’instant, on en a été incapables. L’année où nous sommes champions de France, on fait un match nul à La Rochelle et on gagne quatre fois à l’extérieur. Il n’y a pas de secret.

Arnaud Beurdeley
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