Bernard Godet : « Ils ne me tueront pas »

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    Bernard Godet : « Ils ne me tueront pas »
Publié le , mis à jour

Mis en cause par Médiapart dans l’affaire des billets détournés de la FFR et revendus par « Impact sport», Bernard Godet, le vice-président de la FFR, crie au coup monté politique.

Vous êtes accusé d’avoir perçu de l’argent sur la vente de billets de match du XV de France…

(Il coupe) Je démens formellement tout ce qui a été écrit, à l’exception d’une chose : par amitié pour Gérald Martinez, j’ai accepté, en 2008, de prendre deux parts de sa société (Impact club, N.D.L.R.) sur quatre-vingt six, soit 2,3 % du capital. Je n’ai jamais été dirigeant, ni rémunéré, ni perçu de notes de frais. En huit ans, j’ai touché 831 € de dividendes déclarés aux impôts entre 2010 et 2011. Cet article est insultant. J’ai été touché dans mon honneur et ma probité.

Les places vendues à l’Amicale des anciens internationaux ont-elles été revendues par la société Impact sports ?

On ne peut pas sourcer les places. On connaît simplement le nombre de place vendu à l’Amicale. On sait que des gens font du trafic en achetant des places aux comités, ou à droite et à gauche. On ne peut pas nier le marché noir, au même titre que tous les grands événements culturels et sportifs. Quand je suis arrivé en 2008, il y avait 17 agences agréées qui travaillaient avec la FFR. J’ai réduit ce chiffre à trois, dont on connaît la probité et le professionnalisme. Quel aurait été mon intérêt d’alimenter le marché noir alors que je l’ai combattu ?

Mais vous avez des invitations au titre de membre du comité directeur ?

Je ne les utilise pas toutes. Pour France-Australie, je n’ai acheté aucune place. Pour les All Blacks, dix-sept à destination d’amis corréziens. Les listings de la billetterie témoignent.

Quel est votre lien avec la société Impact Sports ?

Je n’ai rien à voir avec la société de Stéphane Jourdan (Impact Sport). Je l’ai simplement connu au Racing, il y a longtemps. En 2008, lorsque j’ai pris en charge le marketing à la FFR, cette société était dans le viseur de mon prédécesseur Guy Piera. J’ai souhaité que l’on accentue nos efforts contre la fraude. On a mené une soixantaine d’actions en justice pour de la vente illicite de billets. À l’époque, Monsieur Jourdan n’a pas souhaité rentrer dans le rang, bien qu’il ait signé un protocole de transaction. Il a fait du trafic en douce. Comment a-t-il eu ses places ? Je ne sais pas mais ce n’est pas par mon intermédiaire. Il y a trois semaines, il a encore été condamné à 48 000 € d’indemnités. Et bizarrement, Mediapart sort cet article me mettant en accusation. Vous ne trouvez pas ça étrange ? Surtout quand on sait que Claude Atcher (soutien de Bernard Laporte) est associé avec Stéphane Jourdan dans une autre société (Oncloudsport, société crée en 2012). Je me pose donc la question de savoir si ce monsieur, bien connu pour la transparence de ses actions, n’a pas usé de ses relations pour qu’un tel article paraisse. Je n’ai pas de preuve, je ne suis probablement qu’une mauvaise langue (rires).

Mais la société de Gérald Martinez, Impact Club, dans laquelle vous êtes actionnaire, était sollicitée par la FFR pour l’impression d’affiches ou de programmes. C’est un mélange des genres…

Il y a une part de négligence, je le reconnais. J’aurais dû vendre mes parts. J’avoue n’y avoir pas pensé tant je ne m’occupais pas de cette société. Mais ils sont prêts à nous tuer car ils sont au bout de leurs arguments. Moi, ils ne me tueront pas. Je m’inquiète pour l’image du rugby. Ces mecs-là, qu’ils soient avec Laporte ou Doucet, n’ont aucun respect. Ils sont en train de tuer le rugby.

Quelle suite allez-vous donner ?

Jusque-là, nos adversaires disaient que les dirigeants actuels se pissaient dessus, montaient à Paris pour voir leurs maîtresses et ne branlaient rien. Aujourd’hui, on est attaqué sur notre probité. C’est trop. Je vais probablement porter plainte demain (ce lundi) ou mardi contre Mediapart pour diffamation. Et j’ai démissionné samedi soir de mes fonctions à la FFR.

Pourquoi ?

Pour que Pierre Camou soit libre durant cette fin de campagne. Je ne supporterai pas qu’il y ait de l’ombre sur cet homme d’une immense probité. Il y a un an, je lui avais annoncé que je ne me réengagerai pas dans une nouvelle mandature pour un manque de temps. Maintenant, je veux être libre de démontrer l’absence de vérité. Ce ne sont pas ces voyous, populistes et ambitieux, qui me feront reculer.

Arnaud Beurdeley
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