[ Dossier France - Nouvelle-Zélande ] Enfin libres

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Publié le , mis à jour

Plus entreprenant qu’auparavant, le XV de France doit encore gagner en efficacité et en réalisme. Mais son jeu a radicalement changé en un an.

Si, sur un strict plan comptable ou sportif, on peut trouver nombre de similitudes entre ce XV de France et celui de l’année passée, il faut admettre aussi que la réalité du terrain est toute autre. Pour aller à l’essentiel, le jeu de l’équipe de France a radicalement changé depuis la prise de pouvoir de Guy Novès, et notamment au niveau de son jeu de ligne. Digne représentant de l’école toulousaine, le sélectionneur Guy Novès a toujours clamé haut et fort sa volonté de privilégier le jeu debout, plutôt que le passage systématique au sol. Et ce n’est pas son adjoint Jeff Dubois, autre représentant de cette même école où il a étudié de 2004-2007, qui dira le contraire. Autrefois étriqué, le jeu des Bleus est aujourd’hui expansif, vif, pétillant et riches de passes, notamment après contact. Après avoir vu les premiers signes de l’influence du nouveau staff lors du dernier Tournoi, les Bleus ont confirmé leur nouvelle orientation de jeu. Si l’on s’autorisait à simplifier à l’extrême, celui-ci se résumerait à un verbe : tenter, encore et toujours. Tenter des passes après contact, tenter de jouer des touches rapides, tenter de déplacer le ballon et la défense.

Le défi de l’efficacité

La semaine dernière, face à de bien faibles Samoans, les Tricolores avaient effectué 19 passes après contact. Au vu du niveau de l’adversaire, on imaginait que cette statistique chuterait sensiblement contre les Wallabies. En réalité, ce fut tout le contraire. Les Bleus en ont réalisé presque le double, 34 exactement, contre seulement 8 pour les Australiens, pourtant familiers du geste puisqu’ils sont la plus grande nation du monde à XIII. Loin de vouloir sacrifier au phénomène de mode qui règne autour de ses fameuses passes, les Bleus développent aujourd’hui un jeu dans lequel la passe, aussi simple soit-elle, est reine. En dépit d’une possession parfaitement équilibrée, les Bleus se sont fait bien plus de passes que leurs rivaux australiens : 209 contre 162, pour être précis et franchissent toujours autant les défenses : 15 franchissements contre les Samoa, 18 contre les Wallabies.

Derrière ces chiffres, on trouve donc un discours : celui du staff qui réclame à ses joueurs des initiatives offensives. À la mi-temps du match, Guy Novès regrettait ne pas voir ses joueurs «libérés». Et à l’issue de la rencontre, il regrettait d’avoir senti ses joueurs « frigorifiés par ce que représentaient les Australiens, notamment en première période. » Aussi le message à la mi-temps fut celui-ci : « Lâchez-vous, vous n’avez rien à perdre, il faut jouer. Je leur ai dit qu’ils avaient la chance de porter ce maillot, que jouer deux coups ce n’est pas suffisant. » Les Bleus ont écouté les directives de Novès, et corrigé le tir. Plus entreprenants, ils ont plus souvent déstabilisé la défense australienne mais ont péché en manquant de lucidité sur certaines situations de surnombres.

Reste une question : face à la meilleure équipe du monde, les Bleus changeront-ils leur fusil d’épaule ? C’est très peu probable, à en croire le sélectionneur : « Les Néo-Zélandais sont au-dessus […], mais on va essayer de leur donner mal à la tête. Si on les regarde jouer, on va passer une sale soirée. Si on essaie de rivaliser, de les affronter, peut-être que de temps en temps on fera plaisir à notre public. » Et si les Bleus parviennent à gagner en efficacité, ils pourront même prétendre à vaincre la meilleure équipe du monde.

Simon Valzer
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