Villefranche-de-Lauragais, cerise amère

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    Villefranche-de-Lauragais, cerise amère
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Face à Céret, ce devait être le sommet de la poule 5. Une mêlée relevée a mis la pelouse à feu et à sang. Bilan : Deux nez cassés d’un côté, cinq blessés de l’autre.

C’est une vidéo qui a été postée sur les réseaux sociaux par un spectateur de 15 ans. Elle nous renvoie à un rugby d’ailleurs que l’on pensait révolu. Elle a pour cadre le stade Fondecave de Céret où, dimanche dernier, le club local a accueilli Villefranche-de-Lauragais dans le cadre de la 7e journée du championnat de France de Fédérale 2. Une opposition entre le leader et son premier dauphin de la poule 5. Après vingt minutes de jeu, une mêlée s’est subitement embrassée et a viré au pugilat. Pendant trente secondes, le public assiste à un véritable combat de rue. Un moment d’une rare violence qui a fait le délice des accros du Net. Dans ce moment de déchaînement, les Catalans s’en sortent avec deux nez cassés. Dans les rangs haut-garonnais, le staff médical déplore cinq blessés.

Au final, Céret s’est imposé devant le leader (23-8). Mais ce succès avait un goût bien amer pour le coprésident Lionel Arnaudies : « Cette vidéo est l’œuvre d’un inconscient et d’un imbécile. Pendant trente secondes, on voit des joueurs se battre, c’est vrai. Seulement, sur ce match, il y a eu trente secondes de bagarre et soixante-dix-neuf minutes, trente secondes de rugby. Villefranche a eu des blessés, ce qui est bien regrettable. Il se dit que nous entretenons un contentieux avec ce club qui remonte à l’an dernier. Nous les aurions accusés d’avoir arrangé leur dernier match avec Saint-Sulpice pour qu’ils se qualifient, ce qui est totalement faux. Au sein du club, nous combattons le jeu dur surtout au niveau des équipes de jeunes. Cette vidéo est une contre-publicité à l’encontre du Céret sportif. »

« C’était laid »

Une version que les dirigeants haut-garonnais et le coentraîneur Stéphane Mellies ne cautionnent pas forcément. « C’était vraiment laid, soutient le technicien du Lauragais. Pendant vingt minutes, il ne s’est rien passé car nous avions la main sur le ballon. C’est nous qui faisions le jeu. Cette mêlée relevée devant la tribune principale, je me demande si elle n’a pas été préméditée. D’ailleurs, des clubs nous avaient dit que nous étions attendus à Céret. Nous savions que ce match allait être dur mais nous ne pensions pas tomber dans un tel traquenard. En début de saison, Pamiers a disputé un match amical, il a été arrêté. Le résultat est pour nous secondaire. Sur ce match, repartir avec cinq blessés nous interpelle davantage. »

En effet, Antony Pradalier et Fabrice Hoarau souffrent d’une fracture de la cloison nasale, Nicolas Brendel d’un enfoncement du plancher orbitaire, Jérémie Durrieux et Mathieu Julien ont été K.-O. Pendant la semaine, la préparation et la mise en place de la réception de Castelnaudary ont été totalement occultées. « Les joueurs avaient besoin de parler, de se libérer. Il faut panser les plaies physiques, morales et psychiques », ajoute Stéphane Mellies. En attendant, il y aura un match retour le 12 mars prochain. Il est du ressort des instances fédérales pour que cette seconde manche soit une véritable confrontation entre un leader et un poursuivant direct.

Didier Navarre
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