Pierre-Olivier Valaize : « J’attends une confirmation face à Bourgoin »

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    Pierre-Olivier Valaize : « J’attends une confirmation face à Bourgoin »
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Retrouvée à Colomiers où elle a décroché le bonus défensif, l’ASBH (14e) voit une lueur d’espoir dans l’obscurité d’une série noire de six défaites. Un triste record partagé avec leurs adversaires du soir, les Berjaliens, lanterne rouge de ProD2 (à trois points derrière Béziers). Un match de la peur entre deux formations en perdition. La deuxième étape de la mission rédemption biterroise. 

Mercredi, la venue du pilier droit Jamie Hagan comme joker médical de Karim Kouider, a été officialisée par l’ASBH. Pourquoi ce choix et un deuxième renfort (joker de Barrère) va-t-il être bientôt annoncé ? 

Nous voulons en effet augmenter quantitativement et qualitativement notre effectif. La venue de Hagan,  pilier irlandais expérimenté passé notamment par le Leinster, respecte cette volonté. Désormais notre objectif est de signer rapidement un deuxième ligne. Nous avons plusieurs pistes (dont la plus sérieuse mène au Palois, Cameron Pierce, aperçu à Colomiers, NDLR), mais on n’a pas encore tranché. 

 

Béziers flirte avec la zone de relégation (un point d’avance) et pourtant, aucune décision choc n’a encore été prise.  Là où l’Usap, Narbonne et Bourgoin, se sont tous séparés d’au moins un coach dans pareille situation...  Pourquoi avez-vous (avec Cédric Bistué, l’autre président) opté pour une stratégie opposée ? 

On a décidé de se resserrer et d’essayer de ne pas jeter tout ce qui avait été fait l’an passé. C’était une très belle saison. En plus, on réalise deux beaux premiers matchs cette année en battant Agen puis Oyonnax, et nous ne pensons pas que c’était  le fruit du hasard. Mais après ces deux succès, on s’est malheureusement un peu tous emballés et la mauvaise passe est arrivée. Il fallait donc qu’on se pose les bonnes questions pour vite remobiliser tout le monde et réagir pour remonter au classement. C’est une très mauvaise passe mais pas une crise. 

 

Avez-vous tout-de-même fixé un ultimatum à vos entraîneurs (Manny Edmonds et Romain Carmignani) ?

Il n’y a pas eu d’ultimatum fixé. Mais tout  le monde a compris que les cinq prochains matchs jusqu’à la trêve de Noël étaient primordiaux. Je pense qu’il y a eu une prise de conscience et j’espère que les moyens mis en œuvre seront suffisants.  

 

Pas d’ultimatum donc, mais que se passera-t-il si l’ASBH est encore dans cette position à Noël ? 

Cela serait extrêmement préjudiciable, mais on n’y pense pas (même si en réalité, Carmignani pourrait être écarté si cette éventualité se réalisait). Les choses vont très vite dans un sens comme dans l’autre. On sait qu’une victoire peut en amener d’autres. Et vis-versa. On doit donc absolument briser notre série négative dès vendredi face à Bourgoin.  

 

Quelles sont selon-vous les raisons de ces six défaites consécutives ? 

Elles sont multiples. Nous avons tout de même eu pour commencer, énormément de blessés par rapport au dernier exercice. Ça a été une hécatombe (jusqu’à quatorze potentiels titulaires absents, NDLR) ! Après on sait aujourd’hui que nos deux premières victoires étaient un peu trompeuses. Agen et Oyonnax se lançaient à peine et nous en les battants, on a peut-être pensés que nous étions déjà arrivés. Le groupe n’a pas mis par la suite les ingrédients nécessaires pour préparer une longue saison.  C’est certain, on a fait une erreur à ce niveau. Il y aussi eu des circonstances malheureuses durant les derbys (cartons rouges injustifiés selon le co-président, NDLR), qui nous ont empêchées d’avancer. Mais l’ensemble du club s’est peut-être aussi caché derrière ces excuses, sans se remettre en cause. Là, il y a eu une remise en question de tout le monde. 

 

Au-delà des explications avancées ici, ne pensez-vous pas aussi, que la faiblesse du recrutement devant soit une des raisons de vos difficultés actuelles ? 

Oui, il y a certainement des joueurs qui ont besoin cette année d’un temps d’adaptation plus long. Mais l’an passé, nous n’étions pas sûrs non plus de notre recrutement et personne n’aurait par exemple parié au départ sur Félix Lambey (retourné à Lyon)… A mon sens, c’est également la blessure en amical (rupture des ligaments croisés) de Jean-Baptiste Barrère qui nous a fait mal. Il manque au groupe en tant que joueur et leader d’hommes. 

 

Alors pourquoi n’avez-vous pas cherché immédiatement à remplacer votre flanker ?  

Le club cherche des jokers médicaux depuis qu’il y a eu de nombreux blessés devant. Mais la période est délicate. Les clubs de Top14 gardent leurs effectifs et on doit donc se tourner vers l’étranger, où c’est toujours plus aléatoire de recruter sans se tromper. Et comme nous voulons apporter une plus-value au groupe, on a essayé plusieurs joueurs qui sont repartis Après, je tenais à souligner que durant cette mauvaise passe, on a pu essayer beaucoup de jeunes qui ne devaient pas être utilisés aussi vite. Et nous avons découvert de très bons éléments au sein de notre équipe espoirs et du centre de formation. Certes ça ne suffit pas encore pour gagner des matchs mais c’est positif pour l’avenir. A l’image du bonus défensif ramené de Colomiers le week-end dernier, où les joueurs ont enfin affiché une volonté et un engagement supérieurs. 

 

Vous attendez désormais une confirmation contre Bourgoin…

Exactement ! J’attendais une réaction à Colomiers plus qu’une victoire face au leader du championnat. Un souhait réalisé de belle manière puisqu’on avait aligné au coup d’envoi trois joueurs qui n’avaient jamais évolué en pro… Maintenant, il faut retrouver la victoire. 

 

La conquête sera-t-elle encore une fois la clé du succès pour Béziers ? 

C’est le problème principal qui explique la perte de notre jeu. Nous sommes très faibles en conquête depuis le début de saison et sans ballon, vous ne pouvez pas marquer d’essai et plus globalement, de points. J’attends donc aussi une réaction d’orgueil de notre pack qui a retrouvé plusieurs de ses cadres longtemps blessés (Bourdeau, Battye et Fernandes). Une troisième défaite à domicile est inimaginable ! Renouons donc ce soir avec la victoire, enchaînons derrière et après, tout sera possible.                        

 

Propos recueillis par Julien LOUIS

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