Irlande - Australie : la bataille de Dublin

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    Irlande - Australie : la bataille de Dublin
Publié le , mis à jour

Entre l’enjeu comptable du classement de World Rugby déterminant pour le tirage au sort du Mondial 2019 et les perspectives toujours intactes de grand chelem européen pour les Wallabies, ce choc à Dublin ne manquera pas de sel...

C’est un choc qui comporte, en premier lieu, un véritable enjeu sur fond de Coupe du monde. Grâce à leur succès à Paris, les Australiens ont réussi à demeurer sur la troisième marche du classement de World Rugby, l’Irlande stagnant à la quatrième place. Or, sachant que le tirage au sort du Mondial 2019 sera effectué après le Tournoi, au mois de mai, et que les Wallabies ne disputeront d’ici là plus qu’une seule rencontre après ce choc face à l’Irlande, la rencontre de samedi s’annonce ainsi non seulement déterminante pour la désignation des têtes de série, ainsi que pour la troisième place… « Je suppose qu’en effet, tous ces enjeux trotteront dans les esprits, avouait l’entraîneur des avants irlandais Simon Easterby. Tout le monde veut être dans le top 4 et nous savons qu’avec le Tournoi qui nous reste à disputer, tout peut arriver… Ce serait donc très important pour nous de l’emporter dans cette optique mais ce serait aussi une erreur de se focaliser sur cet enjeu. La seule chose à laquelle il faut penser, c’est ce match et comment le gagner. Et pour cela, se concentrer sur notre jeu et sur notre adversaire, ce qui ne sera pas chose facile. »

Et même une chose doublement difficile. D’abord parce que les Australiens, qui sortent d’une impasse victorieuse au Stade de France, ont à la fois fait le plein de confiance et pu reposer leurs cadres. Mais surtout parce qu’après les deux tests-matchs disputés face à la Nouvelle-Zélande et ornés de leur première victoire face aux Blacks en cent onze ans, les Irlandais courent le risque d’une baisse de régime mentale. « Jouer les Blacks, c’est le top du top en termes d’émotion, confiait dans la semaine le numéro 8, Jamie Heaslip. Les Wallabies sont une grande équipe mais, symboliquement, ne représentent pas tout à fait la même chose… Et pourtant, ils forment une équipe redoutable ! Il suffit de regarder leurs derniers matchs pour comprendre qu’ils montent en régime. C’est pourquoi nous sommes prévenus qu’il ne faudra surtout pas baisser d’intensité, même si on sait très bien que cela sera difficile… »

Cheika de retour à Dublin

Une donnée mentale qui n’a, évidemment, pas échappé à Michael Cheika, de retour en terrain connu à Dublin pour y avoir entraîné le Leinster pendant cinq saisons, à la grande époque de la province irlandaise. Et, bien évidemment, ce dernier ne s’est pas gêné pour tresser des lauriers à son adversaire, comme pour mieux endormir la bête… « Ce match en Irlande sera le test le plus difficile de notre tournée», prévenait Cheika, oubliant au passage que son équipe se rendra la semaine prochaine défier l’Angleterre à Twickenham. «L’Irlande a battu l’équipe que plus personne ne battait depuis un an et demi, ils ont gagné en Afrique du Sud cet été sans Jonny Sexton… Pendant le Tournoi aussi, ils se sont avérés remarquablement constants au plus haut niveau, ce qui est d’ailleurs la marque de leur coach Joe Schmidt. Les Irlandais savent quel jeu ils doivent pratiquer en fonction de leurs joueurs et de leurs adversaires, c’est leur grande force. Croyez-moi, j’ai parfaitement conscience des difficultés qui nous attendent à Lansdowne Road. »

Un stade où Cheika a déjà perdu en 2014, alors qu’il venait tout juste de prendre ses fonctions à la tête de la sélection australienne. Autant dire que l’ex-gourou du Leinster a mis toutes les chances de son côté pour ne pas connaître un nouvel échec, après avoir placé ses cadres au repos contre la France… « C’était dur de regarder les mecs depuis les tribunes à Paris mais nous étions très fiers d’eux, confirmait le flanker Michael Hooper. Désormais, nous n’avons qu’une envie : rendre aux copains ce qu’ils nous ont donné, à savoir la possibilité de nous reposer tout en continuant à viser le grand chelem en Europe. » Aux Wallabies, toujours en course pour un exploit jamais réalisé depuis 1984, de se montrer dignes de leurs ambitions.

Nicolas Zanardi
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