[FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Lamerat : « Arrêter de les bader ! »

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    [FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Lamerat : « Arrêter de les bader ! »
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Le centre du XV de France, Rémi Lamerat, se projette sur la rencontre contre la Nouvelle-Zélande ce samedi soir (21h).

Vous affrontez la Nouvelle-Zélande pour la première fois. Quel est votre sentiment ?

Il y a un peu d’appréhension car c’est la meilleure équipe du monde. Un peu d’admiration aussi. Mais depuis le début de semaine, je suis dans la préparation de la rencontre. Sans leur manquer de respect, il faut arrêter de les « bader ». Je suis surtout excité par cette rencontre. Je n’ai pas envie de rentrer sur le terrain en me disant : « ça y est, j’ai joué les Blacks. » Je veux surtout faire partie d’une équipe qui a réussi à… (il hésite) à les embêter, à se rapprocher d’eux.

Vous n’osez pas dire que vous avez envie de les battre ?

Il ne faut pas que je le dise.

Par superstition ?

Oui.

Êtes-vous prêts pour affronter le haka ?

Le haka, c’est ce qui symbolise le mieux ce rugby néo-zélandais. C’est une osmose entre vingt-trois mecs prêts à combattre. Tout le monde voit ces joueurs comme les meilleurs techniciens mais ce sont avant tout des combattants.

Craignez-vous de vous laisser emporter par l’émotion ?

Non, c’est quelque chose qu’on peut mettre facilement de côté. En revanche, après le match, je pourrai me dire que j’ai vu ça de près.

À titre personnel, avez-vous le sentiment d’avoir marqué des points durant cette tournée ?

Je ne saurais pas dire si j’ai marqué des points ou pas. Enchaîner trois titularisations, ça fait plaisir mais ce n’est pas une fin en soi. Cette marque de confiance me permet peut-être de me lâcher un peu plus, mais Gaël (Fickou) est là, prêt à nous pousser dehors Wesley et moi (Sourire). Maxime Mermoz aussi, d’ailleurs. Ce sont des joueurs très talentueux.

Ce jeu porté sur le mouvement prôné par Guy Novès n’est-il pas trop risqué pour défier les Blacks ?

Pour jouer après contact, il faut gagner tous les duels. Contre les Samoa, ça s’est bien passé car nous avions pris le dessus. En revanche, c’est forcément plus difficile contre les deux ou trois meilleures nations mondiales… On travaille techniquement pour être le plus précis possible, mais c’est avant tout pour moi une affaire d’état d’esprit. D’abord, gagner le duel physique. Ensuite, jouer derrière la défense pour rester dans le projet de jeu. Il ne faut surtout pas tomber dans le « hourra rugby ».

Camille Lopez semblait terriblement déçu après le drop raté contre l’Australie, comment a-t-il rebondi en début de semaine ?

Camille, il ne lui en faut pas beaucoup pour se sentir coupable. C’est un perfectionniste. On en a beaucoup discuté. Pour moi, c’est un fait de jeu qui peut nous faire gagner mais ce n’est pas celui qui nous fait perdre. On l’a donc rassuré. Et il est apparu très libéré durant la semaine à l’entraînement. C’est de bon augure.

Craignez-vous le « cut » de l’heure de jeu où les Blacks font souvent la différence ?

La dimension physique de ces joueurs est énorme. Mais on a pu voir que nous avions mieux fini que les Australiens samedi dernier. Nos séquences en fin de match sont quand même encourageantes même si on a finalement perdu. L’idéal, c’est d’être devant au score avant l’heure de jeu. Mais il faut voir au-delà de cette 60e minute si on veut gagner.

La dernière rencontre contre les All Blacks est-elle encore présente dans les esprits de ceux qui l’ont jouée ?

Très sincèrement, à l’exception de vos questions, je n’ai pas entendu parler une seule fois de ce match durant la semaine… Forcément, cette date restera gravée. Mais c’est loin derrière nous, désormais. Guy n’a pas parlé de revanche. Au contraire. Certains sont peut-être habités par ce sentiment, ce n’est pas mon cas.

Arnaud Beurdeley
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