[FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Dominer n’est pas gagner

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    [FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Dominer n’est pas gagner
Publié le , mis à jour

Bien que battus au Stade de France par la meilleure équipe du monde, les Tricolores se sont montré particulièrement séduisants. Vivement demain !

L’analyse

Au fil de la dernière manche de la tournée d’automne, les All Blacks restent les maîtres du monde. En deux coups de génie du meilleur joueur de la planète (Beauden Barrett), auteur d’une passe décisive et d’une interception meurtrière, les champions du monde en titre ont ainsi réduit le magnifique match du XV de France en une performance séduisante, encourageante et prometteuse. Que restera-t-il de cette défaite sur le fil, sinon ces magnifiques mouvements tricolores échoués à trois, quatre, cinq mètres de l’en-but des invincibles Tout Noir ? Que retiendra-t-on de cette défaite aguicheuse dans un, deux ou trois mois ? Peut-être qu’elle fut la pierre angulaire des fondations de ce nouveau XV de France estampillé Novès. Battus deux fois en trois matchs, les Tricolores terminent cette tournée d’automne avec un bilan comptable certes insuffisant. Mais en quelques semaines, ils ont réussi à réconcilier le peuple français avec son rugby. 

 

Le fait

Quelle autre équipe au monde a-t-elle franchi autant de fois le rideau néo-zélandais, cette saison ? Quel autre adversaire a-t-il à ce point marqué les All Blacks que cette équipe de France, ces douze derniers mois ? L’Irlande à Chicago ? Oui, peut-être. Encore qu’on ne se souvienne pas de Diables Verts aussi incisifs que ces Bleus de France, au soir de leur rêve américain (40-29). De fait, les hommes de Guy Novès, via des lancements de jeu incisifs, des mauls pénétrants plus traditionnels ou du jeu « main-main » de circonstance face à une défense très organisée sur les largeurs, ont fait tourner la tête aux 80 000 spectateurs de Saint-Denis. Las, dominer n’est pas gagner et, dans les cinq mètres adverses, le XV de France connut toutes les peines du monde à concrétiser ses temps forts. Que manque-t-il à cette équipe pour passer du statut de séduisant outsider à celui de puissance émergeante ? Un instinct de tueur, pardi !

 

Le tournant

Il faut être habité d’une immense confiance en soi pour tenter ce geste. Il faut être doté d’un flair incroyable pour se risquer à une interception à ce moment là du match, les pieds sur sa ligne d’en-but et à l’instant même où la domination tricore est la plus forte. Depuis une minute, les coéquipiers de Guilhem Guirado faisaient donc le siège du camp d’en-face. Sébastien Vahaamahina, Kevin Gourdon, Uini Atonio et Wesley Fofana avaient tour à tour mis la défense néo-zélandaise au supplice. L’essai était imminent. Le Stade de France, chauffé à blanc, le sentait poindre. Au terme d’un énimèe ruck et à quatre mètres à peine de l’en-but des champions du monde en titre, Camille Lopez allongeait sa passe sur l’extérieur. Surgi de nulle part, Beauden Barrett interceptait la balle et, après une course de quatre-vingt quinze mètres, marquait un essai comme un coup de couteau dans le dos (45e minute)… 

Marc Duzan
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