Bonneval, le jour où…

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    Bonneval, le jour où…
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Formé à Paris, Hugo Bonneval quittera son club de toujours à l’issue de la présente saison pour rejoindre Toulon. Avant cela, il revient sur quelques épisodes marquants de sa carrière et explique les raisons de son départ.

...j’ai signé ma première licence

« Je venais de rentrer en 4e, j’avais 13 ans. Le Stade français a été mon premier club. J’étais passé par les sélections et j’ai eu la chance d’être retenu. à l’époque, je jouais avec Baptiste, le fils de Bernard Laporte, et Lucas Rubio (aujourd’hui demi de mêlée de Narbonne, N.D.L.R.). Je garde un super souvenir de cette première année en minimes. On s’entraînait à Vaucresson dans la boue, on faisait plus d’une heure en bus au départ de Jean-Bouin mais ce n’était que du bonheur. à cette époque-là, je n’imaginais pas un jour devenir professionnel. Ce n’était même pas un rêve ou un objectif. Pour le moi, le Stade français, c’était juste mon club où j’avais mes potes avec qui je passais du bon temps. »

...j’ai joué mon premier match professionnel

« C’était à Brive, lors de la saison 2009-2010. Il n’y avait plus personne au club en raison du Tournoi des 6 Nations. Je m’entraînais depuis peu avec les pros. J’avais participé à un stage en Corse pendant les vacances d’hiver mais je n’étais pas encore au centre de formation. Je n’avais même pas un contrat espoir. Je n’étais rien. Et quelques jours avant le match, Didier Faugeron m’avait dit que je partais avec le groupe à Brive. Sans en dire plus. La place de titulaire se jouait entre Ignacio Mieres et moi. Le matin du match, Jacques (Delmas, N.D.L.R.) et Didier (Faugeron) viennent me voir. J’avais dormi dans la chambre avec Rabah (Slimani). Et Jacques me demande : « Est-ce qu’il t’a protégé cette nuit ? Parce que tu vas commencer le match. » C’était Jacques, avec sa verve habituelle. Je me souviens que j’avais appelé ma mère pour lui annoncer. J’étais fier, heureux, excité. Mais bon, comme toujours à Brive, on avait perdu le match. D’ailleurs, je n’ai jamais gagné là-bas. »

...j’ai été champion de France

« J’ai vécu l’enfer cette année-là. Vraiment. Ça jouait bien, ça gagnait. Voilà.Tout ce qui peut faire mal, je l’ai vécu en une seule année. Je n’ai pas joué un match, je m‘étais blessé avec l’équipe de France en Australie durant la tournée d’été. Je n’ai même pas voulu toucher le Bouclier, ce n’était pas le mien. Ce titre de champion de France, j’en étais heureux pour mes potes, pour mon club. Je n’avais servi à rien. Le soir de la finale, mes coéquipiers m’ont obligé à monter pour recevoir le Bouclier avec eux mais je ne voulais pas y aller. Pouvoir vivre toutes ces émotions, j’attendais cela de puis tellement longtemps que ma frustration était immense. Franchement, je ne souhaite à personne de vivre une telle situation. Même pas à mes pires ennemis (rires). »

...j’ai décidé de quitter mon club

« C’est la première fois que je vais partir de chez moi. Je vais quitter une partie de ma famille. C’est grâce à ce club que j’ai connu le rugby pro, que j’ai goûté à l’équipe de France. J’ai tout vécu avec certains mecs. La décision n’a donc pas été facile. Mais durant ma réflexion, j’ai senti que j’avais besoin de sortir de mon cocon, de me mettre en danger. Et puis, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai joué qu’une seule fois la grande Coupe d’Europe, je n’ai jamais fait de phase finale de Top 14. J’en ai ras-le-bol de regarder France 2 le dimanche après-midi pour voir la Champions Cup, j’ai envie de disputer ces matchs-là. Je rêve de retourner en équipe de France, j’ai envie de jouer une Coupe du monde. J’ai envie de gagner des matchs, des titres. J’ai donc signé mon contrat avec Toulon le mardi soir (15 novembre, N.D.L.R.) précédant notre rencontre face à Montpellier. J’avais demandé à Mourad Boudjellal de ne rien dire avant la rencontre car elle était importante pour le club. Je ne voulais pas que ça vienne perturber le groupe. J’avais tout de même prévenu Gonzalo (Quesada), par correction dès le lendemain de ma signature. Et je l’ai annoncé à mes partenaires dans le vestiaire après notre victoire sur Montpellier. »

...je jouerai mon dernier match avec le Stade français

(Il souffle longuement) « Oh ! put… c’est relou, cette question. Je préfère ne pas y penser. J’espère que ce sera le plus tard possible dans la saison, ce sera plutôt bon signe, et cela me permettra de jouer pour la première fois un match de phase finale de Top 14 avec mon club de toujours. Parce que, le Stade, c’est douze ans de ma vie. Je suis arrivé ici, j’étais un enfant. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, je suis père de famille. J’ai été international. Je dois beaucoup à ce club. »

Arnaud Beurdeley
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