Rouen, un stade sinon rien !

  • Rouen, un stade sinon rien !
    Rouen, un stade sinon rien !
  • Richard Hill et Marc-Antoine Troletti (photo DR) Richard Hill et Marc-Antoine Troletti (photo DR)
    Richard Hill et Marc-Antoine Troletti (photo DR)
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Les dirigeants rouennais attendent des décisions de leur environnement politique. Et Richard Hill attend des décisions de ses dirigeants...

L’Anglais Richard Hill sera-t-il toujours le manager de Rouen la saison prochaine, et dans quelle division cette équipe pourra-t-elle évoluer ? Les réponses à ces deux questions seront données dans deux mois. L’ancien demi de mêlée international (29 sélections entre 1984 et 1991) a posé un ultimatum. Il a montré son impatience. Rouen, il adore — « Je veux y rester » — mais la pilule qu’il avait dû avaler au mois de juillet est restée coincée dans sa gorge. Alors qu’il pensait pouvoir évoluer dans la poule élite, le dossier rouennais avait été écarté mécaniquement sans aucun examen, puisque le centre de formation n’est pas labellisé. Richard Hill avait recruté onze joueurs pour aller défier Massy, Nevers et consorts. Et que pouvait-il dire au troisième ligne auscitain Jorick Dastugue, recruté sur la base de cette promesse, et relégué une « division » en dessous de celle de son club de provenance ? Qu’il a fait le voyage en Normandie pour rien, mais que ceci n’est pas grave, car dans la poule élite, on y sera l’an prochain. C’est peu ou prou le discours tenu par Hill à sa troupe pour la remettre en ordre de bataille après son début de saison manqué. Les joueurs ont mordu.

Mermoz ou Diochon ?

À la fin de la phase aller, les Rouennais sont leaders de leur poule, et premiers du classement national de la Fédérale 1 des « petits ». Ils se trouvent en bonne disposition de défendre leur chance dans la course au titre, et prétendre sportivement à la poule d’accession. Le président Marc-Antoine Troletti affirme aujourd’hui que les inspecteurs fédéraux, quand ils viendront en décembre observer le travail réalisé depuis quelques mois, donneront son label sans sourciller au centre de formation. Il n’y aurait donc plus d’obstacle. Mais Richard Hill demande encore d’autres garanties. « Mes entraîneurs passent 80 % de leur temps devant un ordinateur à faire de l’administratif », se plaint-il. Le manager veut entendre la ruche bourdonner, voir se dessiner une meilleure politique de marketing et de communication, croire en un projet d’expansion crédible, conduit par des gens salariés spécialisés. « Il a raison, le cajole son président. Nous devons passer un cap. Il nous faut davantage de rentrées financières pour y parvenir. Nous avons fait tout le nécessaire pour arriver à ce niveau. Nous sommes parvenus à fédérer 300 entreprises qui nous soutiennent, dont le taux de fidélité est de 90 %. Il faut maintenant qu’on nous donne un sérieux coup de main, sinon on n’ira pas plus loin. Et pour cela, il nous faut un stade. »

En appuyant l’analyse de son manager, en tirant de concert avec lui la sonnette d’alarme, Marc-Antoine Troletti, qui a complètement restructuré le rugby local depuis huit ans, a lancé un ultimatum à ses responsables politiques. S’agissant de Mermoz, le stade vétuste de 700 places assises, sur lequel les Rouennais évoluent actuellement, un dossier de mise aux normes du Pro D2 a été déposé sur le bureau de la municipalité. Elle dira bientôt si cette rénovation est réalisable techniquement, et combien elle coûterait.

Troletti pousse aussi vers la solution d’une cohabitation avec les footballeurs, sur le stade Robert-Diochon. Les Rouennais y ont déjà fait venir 5 000 spectateurs à trois reprises pour des événements ponctuels. « On a prouvé quelque chose », dit le président à l’adresse de Frédéric Sanchez, le président de Rouen Métropole. Ce dernier a déjà écarté une première fois l’hypothèse de cette cohabitation dans la presse. Mais il faudra bien trouver une solution, à Mermoz ou à Diochon, ou bien Richard Hill s’éclipsera, et le départ de celui qui construit cette équipe depuis 2013, serait un premier coup d’arrêt assez brutal à ce projet de grand club normand.

Par Guillaume Cyprien

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