Angers, la conquête des quartiers

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    Angers, la conquête des quartiers
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Pour renforcer leur position, les Angevins ont lancé une opération innovante et moderne, « Un essai transformé pour l’emploi ».

Il faut posséder une âme de pionnier pour porter la parole du rugby dans nos contrés du Nord-Ouest. Des hommes de bonne volonté, passionnés, consacrent à cette croisade une part de leur énergie. Depuis six mois, Jean-Benoît Portier est aux commandes du SCO RC Angers qui mène son combat en Fédérale 3 avec des arguments non négligeables, inhérents à une agglomération de 300 000 habitants et une ville universitaire de quelque 35 000 étudiants. Dans cette région de faible densité rugbystique, il ne fait aucun doute que l’environnement économique existe, la volonté politique aussi, mais avec ses 220 000 € de budget, le club, fort de ses 500 licenciés, touche ses limites. Ce qui ne signifie pas que les Angevins abandonnent toutes velléités de développement. C’est même une volonté contraire que Jean-Benoît Portier exprime : « Nous avançons sur les bases de projets forts. Nous ambitionnons la Fédérale 2 à l’horizon 2020. Il faut monter en puissance en s’accordant du temps. Monter d’un cran veut dire bien former nos joueurs et accepter d’accueillir des éléments qui possèdent plus de maturité. »

60 CV ont été étudiés

Chacun en convient, autour de l’équipe managée par Christophe Pommier, entraînée par Fred Uthurry et conduite par le capitaine Florian Blondy, il règne une « vraie bonne atmosphère » dont l’ensemble du club ressent les bienfaits. Cependant, le SCO Angers se heurtait jusque-là à un frein que le président Portier définit ainsi : « Les valeurs du rugby c’est la diversité ; or, nous manquons de garçons costauds. Nous devons aller les voir dans nos quartiers et s’en occuper pour les attirer dans notre structure. » De ce constat lucide est née une opération imaginée et conçue par le vice-président Patrice Le Ber. Nom de code : « Un essai transformé pour l’emploi ». Le plan consiste à s’adresser aux jeunes de 18 à 30 ans, filles et garçons, en relation avec les associations et les maisons de quartier. « Le rugby a des vertus qui cadrent avec les besoins de ces jeunes » relève Jean-Benoît Portier.

Conscientes de l’intérêt public d’une telle opération, l’agglomération et la région Pays-de-la-Loire ont suivi. Une convention a été signée avec la CGPME, le Medef et la chambre de commerce. Et comme il est nécessaire de doubler à terme le budget, des partenariats sont conclus avec des entreprises. Le lancement de cette démarche innovante a déjà eu lieu et Jean-Benoît Portier en précise les contours : « Nous sommes actuellement sur la sélection de jeunes à partir de tests. Soixante CV ont été déjà étudiés et nous allons constituer deux groupes de douze candidats qui vont aller à la rencontre des entreprises. La formation rémunérée va commencer le 19 décembre en trois volets distincts : une partie sportive (120 heures), une remise à niveau scolaire et comportementale (210 heures) et un stage en entreprises (70 heures). Ce cursus doit déboucher autour du mois d’avril sur un emploi puisque les entreprises se sont engagées. »

Ne vous méprenez pas, il n’entre absolument pas dans les intentions des dirigeants angevins de se muer en centre social. En revanche, ils souhaitent ainsi faire parler de leur rugby et inciter de nouveaux joueurs à adhérer à leur belle aventure… pour mieux se projeter à l’horizon 2020.

Par Gérard Piffeteau

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